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Quelles caractéristiques doit avoir une politique de transformation visant à lutter contre les inégalités entre les sexes ?

En dépit des nombreux engagements internationaux, l’inégalité du genre demeure l’une des causes fondamentales d’exclusion dans le monde. Les données les plus récentes attestent que les inégalités entre les genres entrainent une multitude de carences de Santé Sexuelle et Reproductive (SSR). La lutte contre les inégalités entre les genres est en effet un prérequis à la protection, au respect, et à la réalisation du droit à la santé sexuelle et reproductive.

Les inégalités entre les genres, les normes néfastes basées sur les différences entre les sexes et la stigmatisation restent monnaie courante. Les disparités sont omniprésentes et les jeunes filles, les femmes et les transgenres continuent d’être victimes de discrimination de manière disproportionnée dans l’ensemble de leur vie économique, sociale et politique. Il s’agit donc là d’un obstacle au développement durable tel qu’il a été mis en évidence par l’inclusion d’un objectif autonome de développement durable qui vise à parvenir à l’égalité entre les sexes et autonomiser toutes les jeunes et les femmes. Depuis des années, des organisations internationales entreprennent des actions pionnières pour transformer les normes fondées sur le genre et instaurer l’égalité entre les sexes dans le but d’améliorer la situation  en matière de santé sexuelle et reproductive. L’égalité entre les sexes est un droit humain fondamental. Garantir donc l’accès universel à ce droit
pour tous est essentiel à la réalisation de l’égalité des genres. Cependant, pour transformer les relations entre les sexes, il va falloir changer leurs bases structurelles. Les femmes, les jeunes filles et les transgenres devraient pouvoir mener une vie dépourvue de toute violence et de toutes discriminations. Ils devraient avoir l’opportunité de développer leur potentiel et d’avoir accès à un large éventail de ressources, au même titre que leurs homologues de sexes opposés. Pour faire progresser l’égalité entre les sexes et parvenir à l’autonomisation des jeunes filles et des femmes, il faut impérativement que les gouvernements puissent installer des services de qualité, une éducation et des conditions sociales qui permettent aux femmes de se maintenir d’abord en bonne santé sur le plan sexuel et reproductif, et de faire valoir leurs compétences partout où besoin se sent en toute quiétude.

ENJEUX TRANSVERSAUX DE L’ÉGALITÉ ENTRE LES SEXES 


Nous nous attaquerons ici aux questions de l’égalité des genres dans un ensemble de quatre résultats et volets prioritaires. Nous nous y attellerons par le renforcement du leadership des jeunes filles et des femmes et par la promotion de politiques et de lois visant à éliminer définitivement les inégalités entre les genres. Nous chercherons à participer de manière constructive pour lutter contre les normes et les pratiques fondées sur les normes aux effets néfastes. Nous inscrirons une approche sensible à la dimension du genre et nous veillerons à ce que la lutte contre les violences basées sur le sexe et le genre constitue un élément important de programmes intégrés et complets. L’égalité des genres, ce concept selon lequel tous les individus doivent être traités d’une manière égale garantissant l’égalité des chances et des résultats, est un droit humain. Seule l’égalité du genre permet de réaliser le meilleur état de santé sexuelle et reproductive, constat qui a été reconnu au niveau des politiques publiques internationales. Par exemple, les Objectifs de développement durable (ODD) reconnaissent le rôle indispensable de l’égalité des genres dans la réalisation du développement durable.

IMPACT DE LA COVID-19 SUR L’EGALITE DES SEXES DANS LA EN AFRIQUE

Alors que les pays en Africaine ne s’y attendaient pas, l’avènement de la pandémie de la Covid-19 tel un véritablement élément perturbateur a déstabilisé voire réduit au silence l’économie de ceux-ci. Alors que l’impact de Covid-19 n’a épargné aucun secteur, il est important d’identifier et de reconnaître les différentes façons dont la crise a touché les hommes et les femmes, et de mettre en évidence les mécanismes spécifiques par lesquels l’épidémie a touché les femmes et les filles, et en particulier celles qui étaient déjà à risque. Ce développement permettra donc aux organisations en Afrique, les partenaires au développement et les gouvernements à identifier les principaux impacts de la crise sur les femmes et les filles afin de prendre en compte lors des évaluations de l’impact socio-économique relative à la pandémie dans l’ultime but d’élaborer des actions politiques  pour atténuer ces impacts et jeter les bases d’un effort de correction qui prenne en compte les besoins des jeunes filles et des  femmes. Ainsi, pour mieux cerner ces impacts sur les différents groupes de populations et de genre, nous allons fait des analyses prospectives sur différents secteurs notamment le secteur d’eau et assainissement et de l’hygiène, du secteur des activités de soins non rémunérées et dire pourquoi c’est si important.

La pandémie de la Covid-19, loin d’être une simple pandémie a un impact différent sur les hommes et les femmes en raison de la différenciation observée au niveau des rôles socioéconomiques et des inégalités existantes entre les sexes. Les mesures générales dites barrières de distanciation sociale et le ralentissement économique résultant de la crise ont touché le plus durement les femmes occupant des emplois vulnérables. Les syntagmes de femmes à risque qui sont particulièrement vulnérables à la crise sont les travailleuses du secteur informel, les travailleuses domestiques et les travailleuses journaliers, les filles vivant dans des ménages en situation d’insécurité alimentaire, les femmes et les filles réfugiées, les victimes de la violence basée sur le genre, les travailleuses du secteur santé et les femmes âgées.

LES FEMMES DANS LE SECTEUR INFORMEL ET CELLES Occupant des Emplois Vulnérables.

Les mesures barrières surtout de distanciation sociale ont été plus susceptibles d’affecter les femmes travaillant dans le secteur informel de même que les travailleuses à salaire journalier. Certaines ont perdu leur emploi ou ont vu leurs revenus considérablement réduits comme c’est le cas par exemple des travailleuses domestiques. D’autres par contre du fait des restrictions de mobilité, la fermeture des frontières ou la fermeture de certains lieux de grands rassemblements ont vu leurs revenus et leurs moyens de subsistance réduire considérablement. 87 pour cent de femmes travaillant dans le secteur informel, 70 pour cent de femmes dans l’agriculture.

En avril 2020, on pouvait estimer qu’un mois de confinement avec installation du cordon sanitaire, a engendré plusieurs milliers de cas de violences conjugales contre les femmes qui concernait déjà chaque année une femme sur trois dans le monde. Durant sa première année, la pandémie de la Covid-19 a perturbé l’accès de plusieurs milliers de femmes à leurs méthodes de contraceptions entrainant des milliers de grossesses non désirées.

AUGMENTATION DE LA CHARGE DES ACTIVITES NON RÉMUNÉRÉES.

La charge de soins non rémunérés au sein des ménages s’est vu augmenter en raison de la crise du coronavirus, car les restrictions de mobilité ont limité la disponibilité du travail domestique et des autres services d’aide aux ménages. Les femmes font 4 fois plus de travail que les hommes et ce schéma s’est largement accru pendant la crise. Il est alors probable que les femmes assument la lourde charge du travail de soins non rémunéré pendant cette période sanitaire difficile pour la plupart des pays du monde. En dépit de l’expansion de la pandémie à l’échelle mondiale, les conséquences liées aux violences basées sur le genre ont augmenté exponentiellement et la crise y a contribué de plusieurs manières. Primo, les mesures de distanciation sociale, et en particulier l’installation du cordon sanitaire au Bénin par exemple, a aggravé la situation des victimes de violences domestiques qui se sont vues enfermées avec leurs agresseurs dans des conditions de stress accru. Le confinement a accru également l’utilisation d’internet, notamment par les jeunes, et pourrait accroître l’exposition des jeunes filles à la cybercriminalité de même qu’à la violence sexiste. Secundo, l’érosion des moyens de subsistance des ménages peut entraîner une augmentation des pratiques néfastes à l’égard des femmes et des jeunes filles comme par exemple la traite, les mariages précoces a poussé les femmes à adopter des stratégies d’adaptation impliquant des relations sexuelles transactionnelles.

Les services de signalement et de soutien immédiat ont été également plus difficiles d’accès en raison des restrictions de mobilité, et les services essentiels, notamment les soins vitaux tels que la santé mentale, la gestion clinique du viol, le soutien psychosocial, peuvent être perturbés lorsque les prestataires de services sociaux et de santé sont surchargés et se concentrent sur la gestion de la pandémie.


Caractéristiques doit avoir une politique de transformation visant à lutter contre les inégalités entre les sexes 

Pour éliminer les inégalités entre les genres, les gouvernements doivent mettre en place des politiques qui obéissent à plusieurs règles à savoir :

Règle 1 : Les gouvernements doivent adopter des politiques transformatrices qui prônent le respect et la protection de l’égalité des genres et l’autonomisation des femmes à faire valoir partout leurs compétences.

En effet, l’égalité entre les sexes ne deviendra une réalité que sous réserve d’une volonté politique en faveur de l’égalité entre les sexes et de la protection des droits humains de tous les citoyens surtout ceux des jeunes filles et des femmes dans toute leur diversité. Une simple déclaration des gouvernements ou pouvoirs publiques relative à la nécessité de transformer les pratiques néfastes et les normes ne suffiront donc pas. Une étape nécessaire qui va en revanche dans ce sens est l’étude et l’adoption des lois visant à lutter contre les inégalités entre les genres et d’élaborer aussi des mesures qui garantissent l’application. Pour cela, l’existence des législatives non discriminatoires concernant l’égalité des sexes est obligatoire. Elle doit être exhaustive incluant tous les individus dans toute leur diversité.

Règle 2 : Elaborer des politiques qui prévoient l’affectation de moyens suffisants aux programmes relatifs au genre et définissent des lignes budgétaires au plan macroéconomique.

L’engagement des gouvernants à travers la politique nationale envers l’égalité des genres est attesté ici par les allocations budgétaires au niveau national destinées à la mise en œuvre de stratégies pertinentes transformatives en matière de genre et par le respect et la crainte des lois concernées.

Règle3 : Pour cela, dans tous les ministères, les programmes publics de promotion du respect des droits de l’homme et de mise en œuvre adopteront une perspective de genre publiées, dans la mesure du possible.

Ces renseignements sont importants pour évaluer les progrès réalisés et comprendre les interventions appropriées. Présence de mécanismes favorisant la participation significative des OSC à la défense et à l’avancement de l’égalité genre. La société civile devrait y voir là  des occasions pour soutenir et d’évaluer de façon objective les budgets, les projets, et les stratégies pour s’assurer de leur potentiel transformateur de genre et d’inclure une représentation communautaire, surtout des femmes et des jeunes dans toute
leur diversité.

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