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Les causes des violences faites aux femmes

AUTEUR : CELLULE DE COMMUNICATION DU RFLD

  • Le poids de la tradition et de ses stéréotypes

La société Africaine est fondamentalement ancrée dans la tradition et la culture. Selon les mentalités traditionnelles, la femme a ses attributions et ses rôles qui sont préétablis et dont elle doit se contenter. Elle n’a donc pas le droit de s’immiscer dans les prérogatives dévolues à l’homme. C’est pour cela que l’application de l’égalité du genre apparait comme une violation des normes préconçues héritées de la tradition. Certains hommes n’acceptent pas encore l’idée qu’une femme puisse jouer certains rôles dans la société, puisqu’ils considèrent celles-ci comme l’apanage des hommes. Cela conduit parfois à des violences de certains hommes à l’égard de ces femmes qui tentent d’exercer leurs droits à l’égalité des sexes. Aujourd’hui encore, il existe des hommes qui n’acceptent pas de voir leurs femmes sortir pour aller chercher un boulot. Pour eux, le rôle de la femme doit se limiter à la gestion du ménage et à la procréation. Ils estiment que le fait pour la femme de se contenter du rôle de ménage lui évite les risques d’infidélité et de débauche.

  • Manque d’instruction ou faible niveau d’instruction des femmes

Dans les zones rurales, les femmes, dans la majorité, sont analphabètes. Cette réalité explique en partie la situation de vulnérabilité dans laquelle elles se retrouvent la plupart du temps. Beaucoup de femmes du fait qu’elles ne sont pas instruites ne connaissent rien de leur santé sexuelle et reproductive encore moins de leurs droits. Elles vivent dans une ignorance totale entretenue parfois par leurs conjoints pour mieux exercer leur domination sur elles. L’absence d’instruction des femmes notamment en zone rurale constitue l’une des sources des discriminations qu’elles subissent de la part de la gent masculine.

  • Ignorance des textes juridiques par les femmes

Une pléthore de textes de loi à l’échelle nationale et internationale existe en matière de droits de femme et des violences faites aux femmes. Mais il ne suffit pas juste d’adopter des lois. Il faut aussi que ces mesures juridiques soient domestiquées connues des principaux bénéficiaires que sont les femmes. La méconnaissance de ces lois contribue au maintien des femmes dans leur situation de vulnérabilité aux violences qu’elles peuvent recevoir de la part des hommes.

  • Non application des textes de lois aux cas de violences

La peur des représailles des agresseurs entrave considérablement l’application des textes de lois en matière de violences faites aux femmes. Dans beaucoup de cas, les femmes victimes préfèrent garder le silence. Dans le cas des violences conjugales par exemple, le fait de dénoncer un mari violent reviendrait à lui appliquer les lois. L’application de la loi à ce mari violent pourrait le conduire en prison. Le ménage de l’homme concerné pourrait ainsi se retrouver dans un gouffre en l’absence de celui qui pourvoit aux besoins de la famille. Les structures qui enregistrent souvent les cas de plaintes de violences sont les commissariats. Ces structures ne disposent pas toujours de toutes les connaissances juridiques pour enclencher des procédures pénales à l’encontre des auteurs de violences faites aux femmes. La plupart du temps, ses femmes victimes de violences conjugales refusent de porter plainte pour risque de représailles avec la belle famille.

  • Manque d’autonomie financière des femmes

Les femmes victimes de violence conjugales sont la plupart du temps, dans leur quasi-totalité, dépendantes financièrement de leurs maris. Cette absence d’autonomie financière rend vulnérable les femmes sans revenus. Il ne fait en effet l’ombre d’aucun doute qu’on assisterait à moins de violences liées au genre si les femmes étaient moins dépendantes des hommes. Cela implique qu’elles puissent disposer au préalable d’une activité génératrice de revenus et à défaut, avoir un emploi salarié. Le fait que l’homme se retrouve seul face aux nombreuses charges familiales créé et exacerbe les tensions dans le foyer. L’accumulation de ces petites tensions se transforme en violences. Mêmes si elles sont majeures, une décision de mariage doit être consensuelle puisqu’elle induit des conséquences.

Quand une fille qui n’est pas encore majeure est donnée en mariage, elle se retrouve sans avenir académique et professionnel. Elle se retrouve manu militari réduite à un rôle de procréation et de satisfaction des envies sexuelles de son mari. A ces mariages précoces, s’ajoutent les mariages forcés. Ces derniers constituent aussi des violences psychologiques car ils sont réalisés sans le consentement des femmes concernées.

  • Harcèlement en milieu scolaire et conséquences

Dans le milieu scolaire, les filles continuent d’être harcelées par leurs enseignants malgré les nombreuses interdictions prévues par la loi. Ces actes de harcèlement bien que souvent discrètes perturbent la quiétude et la concentration d’esprit dont les filles ont besoin pour bien poursuivre leurs études. Elles sont souvent négativement choquées de constater que leurs enseignants se transforment en dragueurs. Cela diminue la considération et l’estime qu’elles avaient pour leurs enseignants devenus harceleurs.

  • Harcèlement en milieu professionnel et conséquence

Ce n’est pas seulement en milieu scolaire que des femmes sont victimes de harcèlement sexuel. En milieu professionnel au moment de l’accès à l’emploi, beaucoup de femmes subissent des chantages d’ordre sexuel. Autrement dit, les recruteurs employeurs exigent parfois des faveurs sexuelles des candidates en contrepartie de leur embauche. Cela décourage beaucoup de femmes qui postulent à des emplois. Elles préfèrent, dans ces circonstances, abandonner ces opportunités d’emploi. Pour celles qui sont déjà embauchées et qui occupent des fonctions comme celle de secrétaire, elles sont souvent confrontées à des avances de leurs patrons. Cela constitue une torture psychologique pour elles car certains chefs n’acceptent le refus des avances. Pour se venger, ils mettent la pression de travail sur leur cible de telle sorte qu’elle puisse finir par céder à leurs avances. Cette situation amène certaines femmes qui tiennent à leur dignité et à leur foyer d’abandonner leur boulot. Elles préfèrent perdre le boulot que de céder aux pressions et chantages sexuels. Ce genre de décision a forcément des impacts négatifs sur la vie de la femme qui, très souvent, se retrouve sans emploi et donc sans revenus.

  • Difficultés d’accès au planning familial

Dans certaines familles au niveau desquelles les mentalités sont très ancrées dans la tradition, les femmes n’ont pas de pouvoir de décision en ce qui concerne leur sexualité et leur santé reproductive. Les rapports sexuels ne sont pas souvent consensuels et l’opportunité appartient uniquement à l’homme. La contraception est un sujet tabou. La femme ne doit jamais y recourir sauf autorisation de son mari. C’est ainsi que beaucoup de foyers se retrouvent avec des grossesses non désirées et des naissances nombreuses et trop rapprochées. Cela entrave l’équilibre de la famille et le développement harmonieux des enfants.

Des familles se retrouvent à cause de ses considérations traditionnelles avec une pléthore d’enfants. Cela augmente la pauvreté puisque les charges familiales augmentent mais les revenus restent fixes et ne proviennent souvent que de l’homme.

Au regard de ceci, on ne devrait pas empêcher la femme de décider de sa santé reproductive. Elle devrait avoir accès aux moyens de contraception et de planning familial. Certains Etats disposent d’un arsenal juridique assez impressionnant sur les droits des femmes et la lutte contre les violences faites aux femmes et aux filles.

Cependant dans la pratique, beaucoup de freins empêchent l’opérationnalisation de ces dispositions juridiques. Les actes de discrimination et de violence à l’égard des femmes persistent dans la société. Ces violences qui trouvent leur origine en grande partie dans les stéréotypes traditionnels, ont d’énormes conséquences sur la vie des femmes et des filles.

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