Praia 2026 · RFLD · Sororite sans frontieres
Live · Appel ouvert N°001
Rassemblement panafricain

Sororité. sans frontières

Là où le silence est décrété, nous choisissons de nous rassembler.

Un sanctuaire stratégique pour les organisations féministes francophones d'Afrique de l'Ouest. Du 17 au 21 août 2026, à Praia, République de Cabo Verde.

Praia · 2026
Données clés
Dates
17 — 21 août
5 jours
Lieu
Praia
Cabo Verde
Cohorte
50 déléguées
Tous frais
Langue
FR ·
Tous les frais sont pris en charge
Date limite 20 juin 2026
Le rassemblement en six nombres

Une infrastructure afroféministe se mesure non seulement aux financements mobilisés, mais aux vies transformées, aux savoirs partagés, aux alliances tissées.

50
déléguées financées
10
pays francophones
24
mois de suivi régional
05
journées de stratégie
03
générations rassemblées
100+
années d'héritage

L'Afrique de l'Ouest est le berceau de certains des mouvements de résistance afroféministes les plus anciens et les plus sophistiqués du continent. Ce rassemblement à Praia ne surgit pas d'un vide. Il s'inscrit dans une généalogie de combat qui remonte aux Amazones du Dahomey (Agoojie) au XVIIIe siècle, à la reine Aline Sitoé Diatta de Casamance, aux marcheuses de Grand-Bassam (1949), à Aoua Kéita, première députée malienne élue en 1959, et à Funmilayo Ransome-Kuti, mère du féminisme nigérian. Nous écrivons aujourd'hui le prochain chapitre de cette histoire.

Le contexte

Un militarisme
masculiniste enraciné.

L'adversaire a changé de visage. Nous ne combattons plus seulement l'administration coloniale extérieure : nous faisons face à un militarisme masculiniste enraciné dans nos propres structures étatiques. La montée des juntes militaires au Sahel s'accompagne d'un discours néo-traditionaliste qui cherche à renvoyer les femmes à la sphère domestique sous couvert de « valeurs africaines ».

Le refus

Les véritables
valeurs africaines.

Le RFLD conteste ce récit avec force. Les valeurs africaines authentiques sont celles d'Awa Thiam (La parole aux négresses, 1978), de Tanella Boni, de Rama Salla Dieng, de Calixthe Beyala, de Ken Bugul, des matrones du marché de Lomé en 1933 qui paralysèrent l'économie coloniale, des Aba Women du Nigeria en 1929 qui inventèrent la désobéissance fiscale. Le rassemblement de Praia est conçu pour écrire le manuel d'une résistance ancrée dans la réalité numérique, surveillée et fragmentée des années 2020 — sans rompre avec les méthodes patiemment forgées par les aînées.

Quatre vérités

Nexus climat-conflit

La désertification pousse les pasteurs vers le sud. Les conflits autour de l'eau s'intensifient. Les femmes, gardiennes de la terre, sont les premières victimes de cette violence écologique. Il n'y a pas de justice climatique sans justice de genre.

Rétrécissement civique

Dans les pays en transition militaire, la lutte légitime contre l'insécurité est instrumentalisée pour étouffer la dissidence. Les nouvelles lois antiterroristes dotent les exécutifs de pouvoirs étendus. Le message est glacial : la critique devient trahison.

Souveraineté numérique

Les gouvernements investissent dans des technologies de surveillance importées. Les coupures Internet affectent dispro portionnément les femmes dont l'activité économique dépend du mobile money. Nous explorons les stratégies de souveraineté numérique afroféministe.

Résistance économique

L'autonomie économique est le prérequis, non la conséquence, de l'action politique. Nous ne pouvons nous organiser si nous ne pouvons manger. Le rassemblement intègre les coopératives, les monnaies alternatives, les circuits courts féministes.

La sécurité de l'une est nouée à la libération de toutes les autres.

Principe afroféministe transversal
Lecture latérale

Pourquoi Praia ?

Cabo Verde est l'un des rares phâres démocratiques d'Afrique de l'Ouest. Pour des militantes arrivant de Bamako, Niamey ou Ouagadougou où un coup à la porte peut signifier enlèvement, Praia offre un sanctuaire physique et psychologique.

Pourquoi le francophone ?

87 % des fonds féministes africains sont concentrés dans les espaces anglophones. Les organisations francophones sont structurellement marginalisées. Praia 2026 ouvre la voie d'une mutualisation régionale.

Pourquoi maintenant ?

56 % des défenseuses ouest-africaines ont subi des violations directes en 2024-2025. Les coupures Internet se multiplient. Les lois antiterroristes se durcissent. L'urgence est documentée.

Généalogies afroféministes

Quatre héritages que nous portons.

XVIIe — XXe siècles

Les armées de femmes

Les Agoojie du Dahomey, soldates de la garde royale, ont défendu Abomey pendant deux siècles. Leur existence dément le mythe du féminin africain nécessairement passif. La force collective des femmes était, est, reste politique.

1929 — 1949

Les soulèvements anti-coloniaux

La guerre des femmes Igbo (Aba, 1929), les marcheuses de Grand-Bassam (1949), les matrones du marché de Lomé (1933) ont démontré que l'économie informelle féminine est une infrastructure politique à part entière.

1960 — 1980

Les pionnières post-coloniales

De Aoua Kéita (première députée malienne, 1959) à Funmilayo Ransome-Kuti (Nigéria), de Awa Thiam (Sénégal) à Bisi Adeleye-Fayemi, les pionnières ont arraché aux indépendances les premières brèches juridiques pour les femmes.

2000 — aujourd'hui

La pensée afroféministe contemporaine

Oyèrónké Oyêwùmí, Sylvia Tamale, Rama Salla Dieng, Patricia Hill Collins, Léonora Miano ont réinventé le vocabulaire féministe en refusant le primat occidental. La souveraineté épistémique africaine est leur légat.

« Nous ne sommes pas la première génération. Nous ne serons pas la dernière. Nous sommes le pont. »

Principe de la cohorte Praia

Chaque pays cible envoie une cohorte de cinq déléguées représentant un panel intersectionnel : une parlementaire ou ancienne élue, une candidate aux prochaines échéances, une journaliste ou communicante, une défenseuse des droits humains, une dirigeante d'organisation de la société civile.

L'Afrique de l'Ouest francophone compte aujourd'hui près de 180 millions de femmes et de filles. Cette géographie, héritage colonial et choix linguistique, dessine un espace politique spécifique : une zone où coexistent des démocraties consolidées (Cabo Verde, Sénégal, Bénin), des transitions militaires (Mali, Burkina Faso, Niger, Guinée), des post-conflits ouverts (Côte d'Ivoire) et des sociétés segmentées par la religion, la langue et la ruralité.

La cohorte Praia 2026 capte cette diversité sans la réduire. Elle reconnaît que la militante de Tombouctou et la députée de Dakar ne portent pas le même combat — mais qu'elles partagent un horizon afroféministe commun.

BJ
Bénin
10e législature
5 déléguées
BF
Burkina Faso
Transition
5 déléguées
CV
Cabo Verde
Pays hôte
5 déléguées
CI
Côte d'Ivoire
Post-électoral
5 déléguées
GN
Guinée
Transition
5 déléguées
ML
Mali
Conflit
5 déléguées
MR
Mauritanie
Sahélien
5 déléguées
NE
Niger
Transition
5 déléguées
SN
Sénégal
Parité
5 déléguées
TG
Togo
5e République
5 déléguées
Composition de chaque cohorte

Cinq profils, une diversité rare.

i

Parlementaire

Députée en exercice ou ancienne élue. Porte l'expérience institutionnelle et l'accès aux espaces législatifs.

ii

Candidate

Femme se préparant aux prochaines échéances électorales nationales ou locales. Bénéficie d'un accompagnement post-rassemblement.

iii

Journaliste

Communicante féministe en presse écrite, radio, télévision ou média numérique. Architecte de la circulation des récits.

iv

Défenseuse

Défenseuse des droits humains en première ligne. Souvent exposée à des risques sécuritaires. Apporte la voix du terrain.

v

Dirigeante OSC

Présidente, directrice exécutive ou coordinatrice d'une organisation féministe nationale. Apporte le poids des réseaux institutionnels.

Cette composition transversale n'est pas un détail logistique. C'est une théorie en acte : la transformation politique advient lorsque celles qui font la loi, celles qui sollicitent les mandats, celles qui écrivent les récits, celles qui protègent les corps et celles qui structurent les mouvements s'assoient autour de la même table.

Indice CIVICUS

Espace civique 2025

L'asymétrie de l'espace civique détermine ce que les militantes peuvent dire, écrire, organiser. C'est notre cartographie stratégique.

Source : Observatoire RFLD
Mali
Fermé
Burkina
Fermé
Niger
Réprimé
Guinée
Obstrué
Togo
Obstrué
Bénin
Obstrué
Côte d'Ivoire
Réduit
Mauritanie
Réduit
Sénégal
Réduit
Cabo Verde
Ouvert

Derrière chaque statistique, une histoire incarnée. Ces récits composites, tirés d'entretiens conduits par les chercheuses du RFLD, représentent l'expérience de milliers de femmes tenant la ligne face à l'autoritarisme, au fondamentalisme, et à l'effondrement climatique.

Le récit, en Afrique de l'Ouest, n'est pas un supplément narratif. Il est la méthode même par laquelle les griotes transmettent l'histoire des sociétés. Nous nous inscrivons dans cette tradition : centrer la parole singulière des défenseuses, c'est refuser leur invisibilisation statistique.

Les noms sont modifiés, les lieux parfois aussi. La vérité politique, elle, demeure : ces femmes existent. Vous les croiserez peut-être sur les routes de votre vie militante.

Mali Récit n°01

« Ils ont des armes,
nous avons l'eau. »

Aminata, défenseuse de la terre.

Centre du Mali. Le dérèglement climatique a décimé les terres de pâturage. Lorsque des groupes armés ont saisi les puits de sa communauté, Aminata a organisé un cercle de paix de femmes pour négocier l'accès. Son organisation ne reçoit aucun financement international car elle ne dispose pas de compte bancaire dans la capitale. Elle a créé une banque de semences pour préserver les cultures indigènes résistantes à la sécheresse. Un acte discret mais puissant de résistance à l'effacement écologique.

Sénégal Récit n°02

« Nous luttions pour exister, sans savoir verrouiller nos portes numériques. »

Fatou, bouclier numérique.

Dakar, 2024. Le groupe WhatsApp privé de son organisation queer est infiltré. Doxxing, agressions physiques. Après formation RFLD à l'hygiène numérique, Fatou loue aujourd'hui une maison sûre servant de refuge pour jeunes LGBTQ+. Elle code sa propre app chiffrée. Son traumatisme devient outil collectif.

Togo

« La radio, c'est notre tambour. »

Clarisse, la voix.

Quand le gouvernement a restreint la liberté médiatique, elle est passée au podcast chiffré. Santé reproductive et droit de vote en éwé, kabiyé, tem. Elle solarise son studio pour rester en ondes même lors des coupures.

Burkina Faso

« Les tontines numériques. »

Ramata, arbitre des marches.

Quand les coupures Internet ont rendu le mobile money inaccessible pendant les élections, elle a remis en circulation un système traditionnel de tontines basé sur des cellules locales de confiance. Onze marchés urbains aujourd'hui.

Mauritanie

« Douze contentieux stratégiques. »

Khadija, juriste insoumise.

Avocate à Nouakchott. Défense des femmes héritages dans un système pluraliste. Trois décisions favorables à la Cour de justice de la CEDEAO qui font jurisprudence. Son cabinet vit des seules cotisations de ses pairs.

Guinée

« Les filles du marché Madina. »

Mariama, gardienne des mémoires.

Conakry, 2023. Lorsque la transition militaire a interdit toute manifestation publique, Mariama a transformé le grand marché Madina en assemblée politique informelle. Tous les jeudis, sous prétexte de tontine, soixante commerçantes documentent les arrestations, partagent les numéros d'avocates, organisent l'aide aux familles de détenu·e·s. Le marché comme contre-pouvoir.

Niger

« L'école nomade. »

Hadiza, pédagogue de l'ombre.

Région d'Agadez. Quand les groupes armés ont contraint la fermeture des écoles rurales, Hadiza a organisé une école nomade pour filles — lieux mouvants, programmes en haoussa, mathématiques le matin, droits humains l'après-midi. Trois cents filles scolarisées en deux ans, sans établissement fixe. La pédagogie comme acte de survie.

Observatoire RFLD 2024-2025

Que subissent-elles ?

n=347 cas documentés auprès des défenseuses ouest-africaines

78%
Cyberharcèlement

Désinformation sexiste, doxxing, deepfakes, surveillance numérique ciblée.

42%
Convocations

Instrumentalisation des lois antiterroristes et des codes de la presse.

31%
Violences physiques

Agressions, intimidations, perquisitions, descentes administratives.

25%
Restrictions civiques

Interdictions de manifester, gels de comptes, fermetures d'associations.

Jour 01 · Arrivée et ancrage

Le protocole « atterrissage doux ».

Nous commençons par le repos. Les militantes arrivant des zones de conflit portent des niveaux élevés de cortisol et d'hypervigilance. La première journée est délibérément non structurée. Méthode Open Space Technology pour l'accueil du soir. Cela établit un « contenant de confiance » essentiel aux conversations difficiles à venir. Kits d'accueil incluant SIM locale, numéros d'urgence, objets de soin personnel.

Rituel d'ouverture

Cercle de présentations en wolof, peul, bambara, moré, éwé, kabiyé, joola, français. Chaque déléguée nomme une aînée qu'elle porte.

Repos collectif
Cercles de présentation
Kits d'accueil

Aucune déléguée retenue ne supportera de coût financier lié à sa participation. Le RFLD assume l'intégralité des frais de chaque déléguée retenue — voyage international et régional, hébergement, restauration, per diem, interprétariat trilingue, assurance voyage et accompagnement psychosocial.

Kit voyage

Billets aller-retour, transferts aéroport, assurance internationale, lettre d'invitation, accompagnement consulaire.

Kit numérique

SIM jetable, sac Faraday, configuration VPN, application chiffrée RFLD-Connect.

Kit documentaire

Mallette de notes, recueil afroféministe, Protocole de Maputo annoté, manuel CEDEF.

Kit de soin

Trousse de bien-être, accès thérapeutes, espaces de silence, séances corporelles.

Restauration

Tous les repas, pauses-café, dîner festif de clôture. Approvisionnement local.

Réseau perpétuel

Accès à la communauté Praia : appels trimestriels, ressources, alertes, 24 mois.

Répartition de la prise en charge

Comment le RFLD couvre les 50 déléguées.

Voyage international et régional 35 %
Hébergement et restauration 28 %
Interprétariat trilingue et facilitation 14 %
Per diem et accompagnement administratif 10 %
Soin psychosocial et sécurité numérique 8 %
Documentation, communication, évaluation 5 %
L'épuisement militant comme outil politique

Le burnout n'est pas votre faiblesse. C'est leur stratégie.

72 % des défenseuses ouest-africaines interrogées par l'Observatoire RFLD déclarent avoir traverse au moins un épisode de burnout militant grave au cours des cinq dernières années. 28 % ont quitté le mouvement pour rejoindre des secteurs moins exigeants. Cette hémorragie n'est pas accidentelle.

Les régimes autoritaires comme les fondamentalismes religieux comme les bailleurs occidentaux exigeants comptent sur cet épuisement. Notre infrastructure de soin est donc une infrastructure de résistance.

72 %

Au moins un épisode de burnout grave en 5 ans

28 %

Ont quitté le mouvement pour cause d'épuisement

15 %

Bénéficient d'un accompagnement psychosocial régulier

Sécurité numérique

Sacs Faraday, SIM jetables, VPN configuré, environnement zero trust pour les communications externes. Formation par expertes techniques.

Soin psychosocial

Deux thérapeutes francophones et anglophones sur site. Zones de silence. Consultations privées confidentielles. Yoga, méditation, danse africaine.

Green convening

Élimination du plastique à usage unique. Approvisionnement local pour soutenir les agricultrices cap-verdiennes. Compensation carbone par reforestation.

Annonce officielle

Les neuf panelistes seront bientôt annoncées.

La composition précise du comité indépendant sera dévoilée fin mai 2026, une fois les confirmations reçues des féministes présélectionnées.

Principe

Nous appliquons un principe afroféministe simple : celles qui sont les plus proches des enjeux décident.

Les décisions de sélection des organisations qui composeront la cohorte de Praia ne sont prises ni par le personnel du RFLD ni par les bailleurs, mais par un comité indépendant de neuf féministes ouest-africaines francophones. Leur ancrage théorique, leur pédagogie et leur intégrité font de chaque voix une contribution essentielle.

Ce que comprend l'engagement des panelistes

Cinq dimensions concrètes.

i
Examen indépendant

Examen indépendant des candidatures d'organisations féministes francophones reçues dans le cadre de l'appel ouvert.

ii
Délibération collective

Délibération collective au sein du comité (sessions à distance puis présentielles à Praia) pour parvenir à un consensus.

iii
Co-création du rassemblement

Présence à Praia du 17 au 21 août pour participer aux délibérations finales et accompagner la cohorte sélectionnée.

iv
Participation tous frais pris en charge

Participation à Praia en tant que facilitatrice, tous frais pris en charge par le RFLD : voyage, hébergement, restauration, per diem, interprétariat, assurance, accompagnement psychosocial.

v
Reconnaissance publique

Reconnaissance publique sur la page Panel de Sélection du site dédié et dans tous les supports du rassemblement.

Vous êtes une organisation féministe francophone d'Afrique de l'Ouest ?

Rejoignez la cohorte.

La date limite des candidatures est fixée au 20 juin 2026 — 23 h 59 GMT.

Nous savons ce que c'est, candidater dans l'urgence. Nous savons ce que c'est, organiser pendant les coupures Internet, écrire entre deux funestes nouvelles, espérer sans garantie. Nous lisons chaque mot que vous nous adressez. Et nous portons votre dossier avec le même sérieux que vous l'avez écrit.