AIHRDFWA · Formations & Campagnes Nationales — Sénégal · Bénin · Togo | RFLD
Communiqué · 18–23 mai 2026 AIHRDFWA · Programme SEA-T (BMZ/GIZ)

Sénégal · Bénin · Togo

110 femmes leaders. Trois capitales. Six jours.
Une architecture régionale pour la démocratie inclusive.

Du 19 au 23 mai 2026, le Réseau des Femmes Leaders pour le Développement (RFLD) déploie une initiative régionale d'envergure sur la participation politique des femmes en Afrique de l'Ouest francophone — dans le cadre de l'Afrofeminist Initiative for Human Rights Development in Francophone West Africa (AIHRDFWA), portée par le programme SEA-T du BMZ avec l'appui de la GIZ.

Dakar · 19–20 mai Porto-Novo · 20–21 mai Lomé · 22–23 mai 110 femmes leaders
§ Le moment

Une démocratie sans les femmes est une démocratie incomplète.

Au moment où la démocratie en Afrique de l'Ouest est mise à l'épreuve — reculs démocratiques, transitions politiques, tensions sécuritaires et pressions croissantes sur les espaces civiques — le Réseau des Femmes Leaders pour le Développement (RFLD) déploie l'une de ses interventions régionales les plus stratégiques de l'année 2026. Du 19 au 23 mai, à travers trois capitales d'Afrique de l'Ouest francophone, l'initiative AIHRDFWA réunira 110 femmes leaders — parlementaires, élues locales, candidates et dirigeantes d'organisations de la société civile — autour d'une architecture pédagogique unique, harmonisée, et conçue pour produire un effet de masse critique transnational.

Cette initiative régionale se déroulera successivement à Dakar (Sénégal, 19–20 mai), à Cotonou et Porto-Novo (Bénin, 20–21 mai), puis à Lomé (Togo, 22–23 mai). Elle est mise en œuvre par RFLD dans le cadre du programme SEA-T — Société. Égalité. Afrique – Transformation — financé par le Ministère fédéral allemand de la Coopération économique et du Développement (BMZ) avec l'appui de la Deutsche Gesellschaft für Internationale Zusammenarbeit (GIZ).

Au-delà du transfert de connaissances, cette intervention vise à catalyser un changement systémique : créer une masse critique transnationale de femmes politiquement actives, capable de soutenir des agendas législatifs inclusifs, de contester les normes patriarcales structurelles, et de défendre l'espace civique féministe à l'échelle de la sous-région ouest-africaine.

§ Le contexte

Trois pays, trois trajectoires, un défi commun.

Malgré des progrès notables au cours des deux dernières décennies, la participation politique des femmes en Afrique de l'Ouest francophone reste structurellement en deçà des objectifs de parité fixés par les instruments régionaux et internationaux — Protocole de Maputo, Convention CEDEF, Charte africaine de la démocratie, des élections et de la gouvernance (ACDEG), et Objectifs de Développement Durable. Les femmes, qui constituent plus de la moitié de la population de la sous-région, demeurent marginalisées dans les sphères de décision politique.

01 · Sénégal

Un cadre normatif avancé, une réalité en deçà.

Le Sénégal occupe une place singulière dans la promotion des droits des femmes en Afrique de l'Ouest. La loi historique de 2010 instituant la parité, la Constitution de 2001 consacrant l'égalité entre les sexes, et la ratification des principales conventions internationales lui ont valu une reconnaissance régionale. Cependant, lors des élections législatives anticipées du 17 novembre 2024, la nouvelle législature ne compte que 41 % de femmes — un léger recul par rapport aux 44,2 % précédents. Plus préoccupant : seulement 13 % des têtes de listes étaient des femmes.

Au niveau local : sur les 558 communes que compte le pays, seules 18 sont dirigées par des femmes (2,87 %). Sur les 43 Conseils départementaux, seules 3 sont présidés par des femmes.
02 · Bénin

Des réformes incitatives, des barrières persistantes.

Au Bénin, les réformes récentes du code électoral ont introduit des mesures incitatives pour la représentation féminine. Le gouvernement compte 21 ministres dont seulement 5 femmes, témoignant d'un engagement encore limité. L'Assemblée nationale, avec 29 femmes sur 109 députés, marque un certain progrès. Néanmoins, les barrières socioculturelles, le manque de ressources financières et l'accès limité aux réseaux politiques continuent de freiner l'émergence d'un leadership féminin véritablement autonome.

Cohorte élargie : 50 participantes au Bénin, reflétant le dynamisme particulier de son écosystème politique féminin et l'ampleur des défis identifiés au niveau communal.
03 · Togo

Une démocratie en construction, des femmes en première ligne.

Au Togo, la participation politique des femmes s'inscrit dans un contexte de consolidation démocratique. Si les engagements internationaux ont été ratifiés et si certaines réformes ont été engagées, la traduction en représentation effective reste partielle. Les femmes togolaises font face à un cumul de défis : pesanteurs traditionnelles, insuffisance des financements de campagne, exposition à la violence politique fondée sur le genre, et faible présence dans les instances dirigeantes des partis politiques.

Enjeu particulier : la formation interviendra à un moment où la consolidation démocratique togolaise nécessite l'émergence d'un leadership politique féminin structuré et coordonné régionalement.
Quatre barrières structurelles transversales

Une exclusion qui n'est pas accidentelle. Elle est systémique.

L'exclusion politique des femmes dans les trois pays cibles résulte de la convergence de plusieurs facteurs bloquants identifiés dans la littérature et dans l'expérience programmatique du RFLD :

Barrières socio-économiques

La politique coûte cher. Les femmes, statistiquement plus pauvres, ayant moins d'accès au crédit et à la propriété foncière, partent avec un désavantage financier majeur pour financer leurs campagnes et structurer leurs équipes.

Stéréotypes culturels

Les normes sociales traditionnelles confinent souvent les femmes à la sphère domestique. Celles qui s'aventurent en politique sont fréquemment victimes de harcèlement, d'intimidation, voire de violences politiques fondées sur le genre — y compris en ligne.

Manque de réseaux

Contrairement aux hommes, qui bénéficient souvent de réseaux de mentorat informels (« boys' clubs »), les femmes manquent d'accès aux informations stratégiques, aux techniques de communication politique, et aux réseaux de solidarité indispensables.

Espaces civiques sous pression

Le rétrécissement de l'espace civique en Afrique de l'Ouest francophone touche particulièrement les organisations de défense des droits des femmes, dont le travail est de plus en plus contraint, surveillé, voire criminalisé dans certains contextes.

§ Le programme parent

AIHRDFWA — Initiative Afroféministe pour le développement des droits humains.

L'Afrofeminist Initiative for Human Rights Development in Francophone West Africa (AIHRDFWA) est une initiative de 30 mois pilotée par le RFLD, financée par le Ministère fédéral allemand de la Coopération économique et du Développement (BMZ) avec l'appui de la Deutsche Gesellschaft für Internationale Zusammenarbeit (GIZ).

Cette initiative vise à contrer le rétrécissement de l'espace civique, renforcer la société civile — avec un accent particulier sur les organisations de défense des droits des femmes — et promouvoir un développement de politiques publiques inclusives en Afrique de l'Ouest francophone. Les Formations Nationales de mai 2026 constituent l'un des axes opérationnels majeurs de l'initiative.

§ Le programme SEA-T

Société. Égalité. Afrique — Transformation.

Le programme SEA-T (Society. Equality. Africa – Transformation) travaille avec des acteurs de la société civile locaux et régionaux. Il promeut la transformation sociale et la participation citoyenne afin de réduire les inégalités entre les sexes et de rééquilibrer les relations de pouvoir.

SEA-T reconnaît l'expertise, l'autonomie et l'initiative de ses partenaires. Il fournit un soutien financier et technique, favorise les échanges régionaux et renforce les efforts de plaidoyer.

Financé par le Ministère Fédéral Allemand de la Coopération Économique et du Développement (BMZ) en collaboration avec la GIZ, SEA-T est un exemple de coopération internationale qui soutient le changement dirigé par l'Afrique.

Voix institutionnelle
La participation politique des femmes en Afrique de l'Ouest francophone n'est pas une exigence cosmétique. C'est une condition sine qua non de stabilité, de développement durable et de redevabilité institutionnelle. Quand les femmes décident, les politiques publiques deviennent plus inclusives, les budgets sociaux sont priorisés, et la confiance citoyenne dans les institutions se reconstruit.
DG
Mme Dossi Sêkonnou Gloria AGUEH
Directrice Afrique · Réseau des Femmes Leaders pour le Développement
§ Architecture pédagogique

Neuf modules harmonisés. Trois capitales. Une équivalence garantie.

Les sessions seront animées par une équipe de huit formateur·rice·s disposant d'une expertise reconnue en leadership politique, gouvernance démocratique, communication politique, droit international des droits humains, et plaidoyer féministe. Les neuf modules suivants seront déployés de manière harmonisée dans les trois pays, garantissant l'équivalence des compétences transmises.

01
Pouvoir

Femmes en Action — Pouvoir de Changement

Décrypter les rapports de pouvoir, comprendre les dynamiques d'exclusion et identifier les leviers individuels et collectifs de transformation politique.

02
Leadership

Leadership, Afroféminisme et Innovation

Explorer les fondements théoriques de l'afroféminisme et les pratiques de leadership ancrées dans les réalités africaines, avec un accent sur l'innovation politique.

03
Cadres juridiques

Le Protocole de Maputo

Maîtriser les dispositions clés du Protocole à la Charte africaine relatif aux droits des femmes, identifier les obligations étatiques et les mécanismes de suivi continental.

04
Mobilisation

Mobilisation Féministe — De la base au global

Construire des stratégies de mobilisation à plusieurs échelles, articuler l'action communautaire et le plaidoyer institutionnel régional et international.

05
Économie

Les Femmes, l'Entreprise et le Droit

Comprendre les cadres juridiques relatifs aux droits économiques des femmes, à l'entrepreneuriat féminin et à l'accès aux marchés publics.

06
CEDEF

CEDEF, Législation contre les Violences & CSW

Maîtriser la Convention CEDEF, les législations nationales contre les violences fondées sur le genre, et le fonctionnement de la Commission de la Condition de la Femme.

07
Numérique

Espaces Civiques, Démocratie & Plaidoyer Numérique

Naviguer la défense de l'espace civique, comprendre les enjeux de sécurité numérique, et développer un plaidoyer numérique stratégique et sécurisé.

08
Protection

Défenseur·euse·s des Droits Humains

Comprendre les cadres de protection des défenseuses, les mécanismes de la CADHP, et les stratégies de protection individuelle et collective.

09
Plaidoyer

Théorie et Pratique du Plaidoyer

Développer une capacité opérationnelle de plaidoyer : analyse de pouvoir, cartographie des parties prenantes, stratégies de campagne, mesure d'impact.

§ Méthodologie

Une approche participative, inclusive et féministe.

La méthodologie repose sur la conviction que les participantes sont elles-mêmes porteuses de savoirs, d'expériences et de stratégies — et que l'apprentissage se construit collectivement, dans le respect mutuel et l'horizontalité. L'atelier régional sera conduit selon une approche pédagogique participative, inclusive et féministe combinant exposés thématiques, études de cas, travaux de groupe contextualisés par pays, mobilisation d'outils numériques, mentorat entre pair·e·s, et co-construction de plans d'action individuels et collectifs.

Intersectionnalité

Prise en compte des multiples dimensions d'identité — genre, classe, âge, ruralité, handicap.

Sécurité émotionnelle

Création d'un espace de confiance permettant le partage d'expériences sensibles.

Confidentialité

Règles claires de Chatham House sur la non-divulgation hors du cadre de formation.

Solidarité

Affirmation explicite d'une éthique de sororité et de soutien mutuel entre participantes.

§ Résultats & impact systémique

Au-delà du transfert de connaissances — un changement de système.

À l'issue des trois sessions nationales, les 110 participantes constitueront une masse critique transnationale de femmes politiquement actives à l'échelle de l'Afrique de l'Ouest francophone — capable de soutenir des agendas législatifs inclusifs, de contester les normes patriarcales structurelles, et de défendre l'espace civique féministe à l'échelle de la sous-région.

Compétences transmises

Compréhension approfondie de la gouvernance locale et nationale, intégration des notions de droits humains et d'égalité de genre dans les pratiques politiques.

Stratégies de plaidoyer

Élaboration de stratégies collectives par pays pour lever les obstacles d'accès aux ressources et aux espaces décisionnels — avec mise en œuvre dans les six mois.

Réseau transnational

Établissement formel d'un réseau régional entre Sénégal, Bénin et Togo — base d'une solidarité transnationale durable et d'un plaidoyer coordonné à l'échelle régionale.

Préparation électorale

Suivi longitudinal sur 24 mois des candidatures aux échéances électorales — mesure concrète de la transition de la formation à la participation politique effective.

Sécurité & protection

Maîtrise des cadres de protection des défenseuses, des mécanismes de la CADHP, et des stratégies de sécurité numérique adaptées au contexte ouest-africain.

Cadres internationaux

Maîtrise opérationnelle du Protocole de Maputo, de la CEDEF, de l'ACDEG et des Objectifs de Développement Durable — convertis en outils de plaidoyer national et régional.

§ Suivi-Évaluation-Apprentissage (MEAL)

Un dispositif au service de la redevabilité et de l'impact mesurable.

La qualité de la mise en œuvre et la mesure de l'impact sont au cœur de cette initiative. Un dispositif MEAL sera déployé sur l'ensemble du cycle — de la phase préparatoire au suivi post-formation à six mois — afin d'assurer la redevabilité envers les participantes, les partenaires financiers (BMZ et GIZ), et les bénéficiaires finales.

110
Femmes leaders
formées
≥ 90%
Taux de complétion
des sessions
≥ 60%
Plans d'action
mis en œuvre à 6 mois
24 mois
Suivi longitudinal
des candidatures

Outils de collecte : pré-test diagnostic en ligne (J-7), évaluation à chaud à la fin de chaque journée, post-test à l'issue de la formation, évaluation à froid à 3 mois (téléphonique et en ligne), évaluation d'impact à 6 mois (entretiens semi-structurés ciblés), suivi longitudinal léger à 12 et 24 mois sur la cohorte. Les livrables incluront un rapport narratif régional, des annexes pays détaillées, un article de capitalisation des enseignements, et un annuaire du réseau régional avec consentement explicite des participantes.

§ À propos

Un partenariat panafricain au service du leadership féminin.

Maître d'œuvre

RFLD

Réseau féministe panafricain ancré en Afrique de l'Ouest francophone, fondé en 2013. RFLD travaille à l'intersection du droit, des politiques publiques, de l'organisation communautaire et de la donnée à travers six champs d'intervention intégrés.

  • 670 organisations membres · 15+ pays
  • Statut d'observateur CADHP
  • NGOsource 501(c)(3) Equivalency
  • Présidence Conseil SEA-T 2026
Bailleur stratégique

BMZ — Coopération Allemande

Le Ministère fédéral allemand de la Coopération économique et du Développement (BMZ) finance le programme SEA-T à travers ses lignes thématiques sur la gouvernance, l'égalité de genre et le renforcement de la société civile en Afrique.

Le BMZ a sélectionné RFLD parmi les douze organisations féministes africaines retenues pour la cohorte SEA-T au niveau continental — RFLD assure la Présidence du Conseil consultatif en 2026.

Partenaire technique

GIZ — Coopération Allemande

La Deutsche Gesellschaft für Internationale Zusammenarbeit (GIZ) apporte un appui technique à l'initiative AIHRDFWA, en cohérence avec sa mission de soutien aux processus d'intégration et de démocratisation continentale.

La GIZ accompagne RFLD dans la mise en œuvre, la validation stratégique et le respect des standards internationaux de redevabilité programmatique.

Ensemble

Construisons une Afrique de l'Ouest où les femmes décident.

L'initiative AIHRDFWA n'est pas un événement isolé. C'est un moment-clé d'une infrastructure régionale plus large que RFLD construit, depuis treize ans, au service d'une transformation politique durable. Pour toute information complémentaire, demande d'accréditation presse, ou exploration de partenariat institutionnel, l'équipe RFLD reste disponible.

Direction stratégique de l'initiative · Mme Dossi Sêkonnou Gloria AGUEH · Directrice Afrique du RFLD

RFLD · Réseau des Femmes Leaders pour le Développement · Sénégal · Ghana · Bénin · Gambie · http://www.rflgd.org
Communiqué publié dans le cadre de l'initiative AIHRDFWA · Programme SEA-T (BMZ / GIZ) · Mai 2026

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