Renforcement des capacités en matière de coordination de la collecte, de l’analyse et de l’utilisation des données sur les indicateurs de la VFFF/VBGS/des pratiques néfastes, de la SSR et des droits reproductifs

Dans le cadre du « Spotlight Initiative Africa Regional Programme« , le Bureau Régional Afrique de l’Ouest et du Centre du Fonds des Nations Unies pour la Population (UNFPA/WCARO), en collaboration avec ONU Femmes et le Centre Africain de Recherche sur la Population et la Santé (APHRC), a organisé une formation de renforcement des capacités sur la collecte, l’analyse et l’utilisation des données relatives à la violence contre les femmes et les filles.

A cet effet, UNFPA/WCARO, à travers le Bureau pays au Bénin, a invité la présidente du RFLD Madame AGUEH Dossi Sekonnou Gloria à participer à cette formation, qui a eu lieu à Saly, au Sénégal, du 19 au 23 septembre 2022.

Selon l’ONU Femmes, une femme sur trois dans le monde a subi des violences physiques ou sexuelles.[1] Les mutilations génitales féminines (MGF), les quelles constituent une forme extrême de violence faite aux femmes et aux filles (VFFF), sont très répandues dans certains pays d’Afrique de l’Ouest, de l’Est et de certaines régions septentrionales. La violence faite aux femmes et aux filles les met en danger de graves problèmes de santé et sociaux, notamment le VIH, les grossesses non désirées, les avortements à risque, la morbidité et les décès maternels.[2]

En outre, les pratiques néfastes telles que les MGF et les mariages précoces empêchent de nombreuses filles de réaliser pleinement leur potentiel. A titre d’exemple, les mariages précoces limitent l’accès des filles aux opportunités, en particulier l’accès à l’éducation et aux compétences nécessaires à l’autonomisation économique, et accroît le risque d’infections sexuellement transmissibles, de complications maternelles et de décès. La pandémie actuelle de COVID-19 a encore aggravé la situation et certaines données montrent une augmentation des incidents de la VFFF.[3]

La région africaine a fait des progrès louables en matière de collecte, d’analyse, de diffusion et d’utilisation des données, mais la tendance à la surveillance et à l’établissement de rapports est généralement faible dans tous les États membres de la CUA. Le continent africain dispose de nombreux cadres pour mettre en œuvre les engagements mondiaux visant à promouvoir les droits des femmes, mais les rapports sur les progrès de ces engagements sont limités.[4] 

Les informations et les données sur la VFFF/VBG, les pratiques néfastes, la SSR ainsi que sur les droits reproductifs sont disponibles auprès d’une grande variété de sources, y compris les systèmes d’information sur la gestion de la santé, les systèmes juridiques et judiciaires, les services sociaux, ainsi que les organisations de recherche et universitaires. Cependant, la coordination efficace de la collecte et de l’utilisation de ces données pour informer le plaidoyer, la politique, la programmation et le suivi des progrès réalisés par rapport aux engagements nationaux, régionaux et continentaux nécessite encore un renforcement solide des capacités.

Les objectifs de ses activités sont de contribuer au renforcement des capacités de la CUA, des CER, des organisations de la société civile et des organisations de défense des droits des femmes, ainsi que des partenaires nationaux, à collecter de manière systématique et régulière des données relatives à la violence sexuelle et basée sur le genre, aux mariages précoces et aux mutilations génitales féminines, conformément aux normes internationales et régionales, afin d’informer les lois, les politiques et les programmes, et de suivre les progrès réalisés par rapport aux engagements nationaux, régionaux et continentaux pour traiter ces questions.[5] 

Les objectifs de ces activités sont de s’assurer que des données comparables de qualité sur les différentes formes de violence faite aux femmes et aux filles sont disponibles et collectées au fil du temps pour combler les lacunes en matière de données nationales ; et d’utiliser ces données pour informer les politiques et les programmes visant à mettre fin à la violence faite aux femmes et aux filles, conformément aux engagements pris dans le cadre des objectifs de développement durable, de la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes et de la Déclaration et du Programme d’action de Pékin.



[1] UN Women. Facts and figures: Ending violence against women. https://www.unwomen.org/en/what-we-do/ending-violence-against-women/facts-and-figures

[2] Alhusen, et al. (2015). Intimate partner violence during pregnancy: maternal and neonatal outcomes. Journal of women’s health, 24(1), 100-106; Durevall, D., & Lindskog, A. (2015). Intimate partner violence and HIV in ten sub-Saharan African countries: what do the Demographic and Health Surveys tell us? The Lancet Global Health, 3(1), e34-e43; Li, et al. Intimate partner violence and HIV infection among women: a systematic review and meta‐analysis. Journal of the international AIDS society. 2014 Jan;17(1):18845; Miller, et al. (2010). Pregnancy coercion, intimate partner violence and unintended pregnancy. Contraception, 81(4), 316-322; Pallitto, et al. (2013). Intimate partner violence, abortion, and unintended pregnancy: results from the WHO Multi-country Study on Women’s Health and Domestic Violence. International Journal of Gynaecology & Obstetrics, 120(1), 3-9.

[3] UN Women, WHO Joint Programme on Violence Against Women Data. (2020) Violence against women and girls data collection during COVID-19 shorturl.at/sGNY8

[4] Africa Regional Document, Initiative Spotlight

[5] Lors de la mise en œuvre, les résultats de cette activité seront intégrés aux travaux en cours sur l’Observatoire du genre, le cas échéant.

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