« Mettre fin à l’exploitation et aux abus sexuels en ligne : un appel pour des normes internationales »

Equality Now a lancé un nouveau rapport de plaidoyer intitulé « Mettre fin à l’exploitation et aux abus sexuels en ligne : un appel pour des normes internationales » , produit avec l’aide à la recherche juridique de TrustLaw, le service mondial pro-bono de la Fondation Thomson Reuters et le soutien à la publication de Thomson Reuters.

À la lumière des appels croissants à une plus grande réglementation des plateformes de médias sociaux, le rapport donne un aperçu mondial des lois entourant l’exploitation et les abus sexuels en ligne (OSEA) au niveau international et régional et examine les lois nationales dans des pays ciblés. Les lacunes dans les lois et les protections sont identifiées et des recommandations sont fournies à la communauté internationale, aux gouvernements et aux fournisseurs et plateformes de services numériques. Le rapport a été rendu possible grâce à la contribution et au soutien de bon nombre d’organisations.
L’exploitation et les abus sexuels en ligne augmentent à un rythme alarmant dans le monde. Les femmes et les filles sont particulièrement vulnérables car les délinquants profitent de la discrimination sexuelle, et structurelle inhérente à notre société patriarcale. Les lois internationales et nationales n’ont pas suivi l’évolution de la technologie, et cela doit changer.

L’exploitation et les abus sexuels en ligne (OSEA) comprennent le toilettage en ligne, la diffusion en direct d’abus sexuels, le matériel d’exploitation sexuelle d’enfants (CSAM), la coercition et l’extorsion sexuelles en ligne, le trafic sexuel en ligne et les abus sexuels basés sur des images. Les prédateurs utilisent de plus en plus les médias sociaux et les plateformes de jeux en ligne pour cibler des victimes potentielles, car ces plateformes offrent l’anonymat et fonctionnent sous une réglementation très limitée. Par conséquent, l’OSEA se développe et l’ampleur du problème est largement inconnue en raison du grand nombre de cas non signalés.


L’analyse d’Equality Now des lois et des politiques liées à l’OSEA, parallèlement à des discussions approfondies avec des survivants, des militants et des avocats s’engageant activement auprès des survivants de l’OSEA, a révélé que les lois internationales et nationales n’ont pas suivi l’évolution de la technologie et qu’il n’y a pas un seul instrument contraignant qui définit et aborde spécifiquement l’OSEA. Le rapport a également révélé un manque de législation cohérente et de lois adoptées au niveau international concernant l’OSEA, ce qui rend extrêmement difficile l’obtention d’un recours juridique. Il existe une tension inhérente entre les droits et libertés numériques et le droit à la protection et à la sécurité contre l’OSEA, et les réglementations sur les fournisseurs de services numériques et les plateformes sont incohérentes et ne font souvent pas assez pour protéger les utilisateurs contre l’OSEA.

Equality Now appelle à une action globale de la part de la communauté internationale, des gouvernements et des fournisseurs de services numériques pour aborder l’OSEA de manière globale.

  • Plus précisément, la communauté internationale devrait :

– Élaborer et adopter des normes internationales contraignantes
– Examiner et mettre à jour les lois et instruments internationaux et régionaux pour s’assurer qu’ils sont alignés sur la réalité de l’ère numérique
– Mener des recherches et des analyses à jour sur OSEA

  • Les gouvernements devraient :

– Examiner et mettre à jour la législation et les politiques pour protéger pleinement les personnes vulnérables contre l’OSEA
– Renforcer les capacités nationales pour faire face à l’OSEA
– Collaborer avec d’autres parties prenantes clés, y compris les organisations de la société civile et les fournisseurs de services numériques

  • Les fournisseurs de services numériques doivent :

– Appliquer une approche des droits de l’homme dans les politiques et les pratiques pour protéger les utilisateurs contre les préjudices
– Collaborer avec d’autres parties prenantes clés, y compris les organismes chargés de l’application de la loi, les organisations de la société civile et les gouvernements


Pour télécharger le Rapport complet, cliquez ici

https://live-equality-now.pantheonsite.io/wp-content/uploads/2021/11/Ending-OSEA-Report.pdf


Pour télécharger le Résumé du Rapport, Cliquez ici :


https://live-equality-now.pantheonsite.io/wp-content/uploads/2021/11/Ending-OSEA-ExecutiveSummary.pdf

Les causes des violences faites aux femmes

AUTEUR : CELLULE DE COMMUNICATION DU RFLD

  • Le poids de la tradition et de ses stéréotypes

La société Africaine est fondamentalement ancrée dans la tradition et la culture. Selon les mentalités traditionnelles, la femme a ses attributions et ses rôles qui sont préétablis et dont elle doit se contenter. Elle n’a donc pas le droit de s’immiscer dans les prérogatives dévolues à l’homme. C’est pour cela que l’application de l’égalité du genre apparait comme une violation des normes préconçues héritées de la tradition. Certains hommes n’acceptent pas encore l’idée qu’une femme puisse jouer certains rôles dans la société, puisqu’ils considèrent celles-ci comme l’apanage des hommes. Cela conduit parfois à des violences de certains hommes à l’égard de ces femmes qui tentent d’exercer leurs droits à l’égalité des sexes. Aujourd’hui encore, il existe des hommes qui n’acceptent pas de voir leurs femmes sortir pour aller chercher un boulot. Pour eux, le rôle de la femme doit se limiter à la gestion du ménage et à la procréation. Ils estiment que le fait pour la femme de se contenter du rôle de ménage lui évite les risques d’infidélité et de débauche.

  • Manque d’instruction ou faible niveau d’instruction des femmes

Dans les zones rurales, les femmes, dans la majorité, sont analphabètes. Cette réalité explique en partie la situation de vulnérabilité dans laquelle elles se retrouvent la plupart du temps. Beaucoup de femmes du fait qu’elles ne sont pas instruites ne connaissent rien de leur santé sexuelle et reproductive encore moins de leurs droits. Elles vivent dans une ignorance totale entretenue parfois par leurs conjoints pour mieux exercer leur domination sur elles. L’absence d’instruction des femmes notamment en zone rurale constitue l’une des sources des discriminations qu’elles subissent de la part de la gent masculine.

  • Ignorance des textes juridiques par les femmes

Une pléthore de textes de loi à l’échelle nationale et internationale existe en matière de droits de femme et des violences faites aux femmes. Mais il ne suffit pas juste d’adopter des lois. Il faut aussi que ces mesures juridiques soient domestiquées connues des principaux bénéficiaires que sont les femmes. La méconnaissance de ces lois contribue au maintien des femmes dans leur situation de vulnérabilité aux violences qu’elles peuvent recevoir de la part des hommes.

  • Non application des textes de lois aux cas de violences

La peur des représailles des agresseurs entrave considérablement l’application des textes de lois en matière de violences faites aux femmes. Dans beaucoup de cas, les femmes victimes préfèrent garder le silence. Dans le cas des violences conjugales par exemple, le fait de dénoncer un mari violent reviendrait à lui appliquer les lois. L’application de la loi à ce mari violent pourrait le conduire en prison. Le ménage de l’homme concerné pourrait ainsi se retrouver dans un gouffre en l’absence de celui qui pourvoit aux besoins de la famille. Les structures qui enregistrent souvent les cas de plaintes de violences sont les commissariats. Ces structures ne disposent pas toujours de toutes les connaissances juridiques pour enclencher des procédures pénales à l’encontre des auteurs de violences faites aux femmes. La plupart du temps, ses femmes victimes de violences conjugales refusent de porter plainte pour risque de représailles avec la belle famille.

  • Manque d’autonomie financière des femmes

Les femmes victimes de violence conjugales sont la plupart du temps, dans leur quasi-totalité, dépendantes financièrement de leurs maris. Cette absence d’autonomie financière rend vulnérable les femmes sans revenus. Il ne fait en effet l’ombre d’aucun doute qu’on assisterait à moins de violences liées au genre si les femmes étaient moins dépendantes des hommes. Cela implique qu’elles puissent disposer au préalable d’une activité génératrice de revenus et à défaut, avoir un emploi salarié. Le fait que l’homme se retrouve seul face aux nombreuses charges familiales créé et exacerbe les tensions dans le foyer. L’accumulation de ces petites tensions se transforme en violences. Mêmes si elles sont majeures, une décision de mariage doit être consensuelle puisqu’elle induit des conséquences.

Quand une fille qui n’est pas encore majeure est donnée en mariage, elle se retrouve sans avenir académique et professionnel. Elle se retrouve manu militari réduite à un rôle de procréation et de satisfaction des envies sexuelles de son mari. A ces mariages précoces, s’ajoutent les mariages forcés. Ces derniers constituent aussi des violences psychologiques car ils sont réalisés sans le consentement des femmes concernées.

  • Harcèlement en milieu scolaire et conséquences

Dans le milieu scolaire, les filles continuent d’être harcelées par leurs enseignants malgré les nombreuses interdictions prévues par la loi. Ces actes de harcèlement bien que souvent discrètes perturbent la quiétude et la concentration d’esprit dont les filles ont besoin pour bien poursuivre leurs études. Elles sont souvent négativement choquées de constater que leurs enseignants se transforment en dragueurs. Cela diminue la considération et l’estime qu’elles avaient pour leurs enseignants devenus harceleurs.

  • Harcèlement en milieu professionnel et conséquence

Ce n’est pas seulement en milieu scolaire que des femmes sont victimes de harcèlement sexuel. En milieu professionnel au moment de l’accès à l’emploi, beaucoup de femmes subissent des chantages d’ordre sexuel. Autrement dit, les recruteurs employeurs exigent parfois des faveurs sexuelles des candidates en contrepartie de leur embauche. Cela décourage beaucoup de femmes qui postulent à des emplois. Elles préfèrent, dans ces circonstances, abandonner ces opportunités d’emploi. Pour celles qui sont déjà embauchées et qui occupent des fonctions comme celle de secrétaire, elles sont souvent confrontées à des avances de leurs patrons. Cela constitue une torture psychologique pour elles car certains chefs n’acceptent le refus des avances. Pour se venger, ils mettent la pression de travail sur leur cible de telle sorte qu’elle puisse finir par céder à leurs avances. Cette situation amène certaines femmes qui tiennent à leur dignité et à leur foyer d’abandonner leur boulot. Elles préfèrent perdre le boulot que de céder aux pressions et chantages sexuels. Ce genre de décision a forcément des impacts négatifs sur la vie de la femme qui, très souvent, se retrouve sans emploi et donc sans revenus.

  • Difficultés d’accès au planning familial

Dans certaines familles au niveau desquelles les mentalités sont très ancrées dans la tradition, les femmes n’ont pas de pouvoir de décision en ce qui concerne leur sexualité et leur santé reproductive. Les rapports sexuels ne sont pas souvent consensuels et l’opportunité appartient uniquement à l’homme. La contraception est un sujet tabou. La femme ne doit jamais y recourir sauf autorisation de son mari. C’est ainsi que beaucoup de foyers se retrouvent avec des grossesses non désirées et des naissances nombreuses et trop rapprochées. Cela entrave l’équilibre de la famille et le développement harmonieux des enfants.

Des familles se retrouvent à cause de ses considérations traditionnelles avec une pléthore d’enfants. Cela augmente la pauvreté puisque les charges familiales augmentent mais les revenus restent fixes et ne proviennent souvent que de l’homme.

Au regard de ceci, on ne devrait pas empêcher la femme de décider de sa santé reproductive. Elle devrait avoir accès aux moyens de contraception et de planning familial. Certains Etats disposent d’un arsenal juridique assez impressionnant sur les droits des femmes et la lutte contre les violences faites aux femmes et aux filles.

Cependant dans la pratique, beaucoup de freins empêchent l’opérationnalisation de ces dispositions juridiques. Les actes de discrimination et de violence à l’égard des femmes persistent dans la société. Ces violences qui trouvent leur origine en grande partie dans les stéréotypes traditionnels, ont d’énormes conséquences sur la vie des femmes et des filles.

État des lieux sur la Situation des Mutilations Génitales Féminines au Togo

Si le travail que font les autorités togolaises à divers niveaux est d’une utilité indubitable, les mutilations génitales féminines conservent leur mal-être et demeurent un véritable problème social. Décidé à sauvegarder les acquis de la tradition, le peuple togolais est fortement secoué par ce mal qui sévit dans presque toutes les ethnies.
Alors que des organisations internationales, régionales et sous régionales comme c’est le cas des Nations Unies se prononcent solennellement pour l’élimination des mutilations génitales féminines dans le monde, la lutte contre ce fléau semble être une utopie avec pour corolaire l’augmentation du nombre de victimes au Togo.

En République démocratique du Togo, cette discrimination sexuelle est loin d’être éliminée. Dans cette nation, les Mutilations génitales féminines (MGF) font partie intégrante des exercices les plus pratiqués par bon nombre de personnes issues de la région de Tchaoudjo au Nord du Togo. Les mutilations génitales féminines encore appelées en français historique et communautaire « excision », sont des formes de violences des droits humains et une atteinte grave à l’intégrité physique des victimes. Bien qu’une loi interdisant les mutilations génitales féminines existe dans ce pays depuis 1998, dans la plus part des régions du Nord du Togo et dans certaines ethnies comme les Yanga, les Mossi, les Cotocoli, les Peuls et les Tchamba, les taux de prévalence évoluent en dent de scie.
Plusieurs raisons justifient la pratique de cette activité et la montée drastique du taux de prévalence dans le Nord du Togo. A Tchamba non loin de la frontière du Togo, le manque de moyens financiers apparait comme raison fondamentale.

Confortées dans leur gagne-pain quotidien au grand mépris des conséquences, ses femmes sous le coup de l’hémorragie sans arrêt de leurs victimes ne prennent pas par quatre chemins pour rejeter le tort sur dame nature. Elles considèrent sans état d’âme que le décès de leur patiente pendant l’exercice est le coup du destin. Donc indépendamment de l’excision.

Malgré les nombreux efforts que fournissent les gouvernements togolais dans le cadre de la lutte pour l’élimination définitive des mutilations génitales et féminines en République du Togo à travers des campagnes de sensibilisation menées dans les régions administratives par le ministère chargé des affaires sociales, le mal est toujours présent. Cette lutte se trouve confrontée à des défis. La prévention et l’élimination des Mutilations Génitales Féminines (MGF) restent confrontées à certains défis majeurs. Au nombre de ces défis figure la non disponibilité par le peuple togolais de techniques ou stratégies nationale sur les mutilations génitales féminines. Conséquence, plusieurs femmes continuent de s’adonner à cette pratique. Ceci au grand dam de la loi N°93-016 du 17 novembre 1998, loi portant interdiction des mutilations génitales féminines au Togo. Laquelle loi dispose en son article 1er « toutes les formes de mutilations génitales féminines (MGF) pratiquées par toute personne quelle que soit sa qualité » sont interdites au Togo. A en croire donc les dispositions législatives en vigueurs en République du Togo, l’excision et toutes les autres formes de mutilations génitales féminines sont interdit sur toute l’étendue du territoire national. En cas de récidive, les coupables sont frappés d’une peine pouvant aller à cinq ans d’emprisonnement avec une amende d’un millions de francs soit 500 euros. Mais ce manque de moyens financiers et cette absence de politiques efficace de reconversion constituent aujourd’hui le mal-être des praticiennes. Conséquence, l’excision reste dans leur mémoire comme seule issue pour subvenir aux besoins vitaux.


Reconversion des praticiennes, une équation difficile à résoudre


L’arrêt des mutilations génitales féminines en République démocratique du Togo reste une équation difficile à résoudre. Après plusieurs années de sensibilisation (14ans en l’occurrence) à travers des journées internationales comme c’est le cas de celle intitulée tolérance au Togo dans le cadre de l’élimination des MGF, la question des difficultés financières constitue l’une des principales interrogations qui taraude l’esprit de bon nombre de praticiennes. Pour elles, l’excision est un héritage générationnel difficile à laisser. Car permet à la praticienne de non seulement accompagner son époux dans le foyer mais aussi de sauvegarder les acquis de la tradition. Renoncer demande donc la mise en place d’un système de microcrédit conséquent, sans quoi, la reconversion ne serait qu’une utopie. Que faut-il faire alors ?


Recommandations


Bien que les autorités togolaises à divers niveaux aient conscience du danger que constituent les mutilations génitales en République du Togo, il n’en demeure pas moins que ceux-ci manquent de d’approches multisectorielles pour colmater les brèches. L’absence de stratégie efficace et d’un engagement en bonne et due forme sont à la base de la flopée de cas enregistrés années après années. Il urge donc que des mesures soient prises. Face aux milliers de femmes et de filles exposées chaque année au risques de mutilations génitales féminines, les autorités togolaises seraient appelées à :


– Poursuivre les séances de sensibilisation dans les établissements afin que les élèves filles puissent connaitre leurs droits et être en mesure de refuser ou de dénoncer une excision.


– Entre droits humains et droits à la santé, il faudra adopter une série de résolutions sur l’élimination des pratiques et violences dangereuses menaçant gravement la santé des femmes et des filles ; des résolutions visant à promouvoir les droits des femmes. Et pour cela il faut intensifier des actions déployées dans les zones à risque en vue d’éliminer les mutilations génitales sur les jeunes filles et les femmes.

– Accorder explicitement aux citoyens le droit de dénoncer toutes les pratiques dangereuses qui touchent à la santé reproductive des jeunes filles en l’occurrence les mutilations génitales.

– Prendre toutes les mesures nécessaires, celles incluant l’application des textes et lois en vigueur pour sensibiliser les populations à la base.


– Mettre à disposition des structures compétentes des allocations financières suffisantes pour protéger les femmes et les filles contre cette forme de violence.


– Créer un climat de confiance afin d’apaiser les personnes vulnérables à ne pas hésiter pour dénoncer toutes les formes de violences qui touchent à la santé de la jeune fille.


– Mettre en place un système de récompense pour toute personne pouvant dénoncer cette pratique.


– Favoriser la reconversion professionnelle. Sans quoi, tous les efforts seront vains.

Mutilation génitale féminine en Afrique de l’Ouest : Impacts et perspectives

Les Mutilations Génitales Féminines (MGF) sont perçues comme une violation des droits à la santé et à l’intégrité des jeunes filles et des femmes. Résultant à la fois de la perpétuation des inégalités entre les sexes et de la discrimination à l’égard de la gent féminine, les mutilations génitales trouvent leurs racines dans nombre de pays de l’Afrique de l’Ouest tels que la Guinée, la Sierra Leone, le Mali, la Gambie, le Togo, le Bénin, etc. 91,5 millions environ de filles et de femmes de plus de 9 ans vivent actuellement en Afrique les conséquences de ces mutilations génitales féminines.

La forte propension de cette pratique dans ces pays se justifie essentiellement par la dimension traditionnelle, culturelle ou religieuse de la pratique en vogue depuis des siècles. Nous nous interrogeons cependant sur l’origine de ces pratiques et cherchons à savoir comment elles se manifestent pour que même des années suivantes, elles puissent se pérenniser. Car, bien que la prévalence des mutilations génitales féminines connaisse un déclin lent dans certains pays de l’Afrique de l’Ouest, force est de constater que le nombre absolu de victimes continue d’augmenter au mépris des règles et lois en vigueur.


Quid des origines en Afrique


Les soubassements de la pratique des MGF ne sont pas clairs. Ceux-ci seraient apparus avant le christianisme et l’islam. Des recherches effectuées lui trouvent une origine en Nubie, dans les fins fonds de l’Afrique. L’appellation « mutilation génitale féminine » a été adoptée lors de la conférence régionale du comité interafricain sur les pratiques traditionnelles portant atteinte à la santé des femmes et des enfants. Cette expression indique plusieurs manières par lesquelles on ampute à une femme ou à une jeune fille certaines parties de son appareil génital en mutilant ses organes sexuels de façon permanente sans aucune raison médicale. Dans la plupart des pays de l’Afrique de l’Ouest elle s’apparente comme un rituel ou une tradition consistant à lacérer les organes sexuels d’une jeune fille ou d’une femme ou à procéder à leur ablation. Elles peuvent se classer en quatre ordres à savoir : la clitoridectomie, l’infibulation, l’excision, et les autres interventions. Malgré les nombreux efforts déployés à l’échelle africaine et nationale visant à leur élimination, les Mutilations Génitales Féminines restent malheureusement encore d’actualité en Afrique de l’Ouest.


États des lieux


Le niveau d’évolution des mutilations génitales féminines notamment dans les pays de l’Afrique de l’Ouest évolue à des rythmes variés en fonction des pays. Ces pratiques ne présentent aucun avantage pour la santé des jeunes filles et des femmes. Quel que soit le type de MGF, elles ont de graves complications pouvant subvenir immédiatement. Les mutilations génitales féminines peuvent provoquer de graves hémorragies et des problèmes urinaires. Elles peuvent par la suite provoquer des kystes, des infections, des douleurs pendant les rapports sexuels et les menstruations. Les détresses psychologiques, état de choc violent ainsi que des complications lors de l’accouchement ne sont pas du reste. L’autre conséquence aussi percutante que les précédentes est le risque de croissance de décès du nouveau-né. On estime que plus de 200 millions de jeunes filles et de femmes, toujours en vie, ont été victimes de mutilations sexuelles pratiquées dans les pays africains.


Cas du Mali


Le défi d’une bonne législation en matière de lutte contre les mutilations génitales féminines au Mali constitue l’un des violations des droits des jeunes filles et femmes maliennes. Dans ce pays de l’Afrique de l’Ouest dont 50% constitue en majeure des femmes la gent féminines se trouve confrontée aux MGF sous l’inattention des autorités. D’après les résultats d’une enquête effectuée au plan national par le programme national de lutte contre l’excision (PNLE), les MGF ont atteint 89% des femmes dont la tranche d’âge est comprise entre 15ans et 49ans. Selon les informations rapportées par ce programme, la pratique est moins répandue dans les régions du Nord du Mali avec un faible taux de prévalence pour les Songhaï, les Tamashek et les Bobos. Avec ce taux, le Mali fait ainsi parti des pays dans lesquels le taux de prévalence est le plus élevé. En absence de législation en la matière pouvant tirer à boulet rouge les mutilations génitales féminines, le Mali dispose néanmoins des dispositions du code pénal qui apporte sa touche dans la lutte contre les MGF. Il s’agit des articles 202 et 207 incriminant et punissant quiconque infligeant à autrui coups, blessures et violences volontaires.


Les perspectives


Les mutilations génitales féminines sont l’une des pires violations des droits des filles en Afrique. La pression sociale, le tabou autour du sujet, l’asymétrie d’information sur les conséquences néfastes de cette pratique sur la santé, les amalgames avec les confessions religieuses et les raisonnements fondés sur la crainte bien assise dans les communautés sont autant de maux qui font des MGF des pratiques traditionnelles néfastes les plus difficiles à éradiquer. Pour ralentir le mal jusqu’à le bannir, certaines actions restent cependant inévitables :
Mettre en place des Programmes efficaces de sensibilisation à destination des personnes qui pratiquent les excisions et de leurs assistants.
Multiplication de la diffusion des messages de sensibilisation sur les dangers des MGF.
La criminalisation des MGF par les gouvernants à travers le vote des lois.
La promulgation des lois nationales apparait comme une étape importante vers l’élimination des MGF mais, pour qu’il y ait du résultat, ces lois doivent être mises en œuvre et appliquée
Les gouvernants sont appelés à travailler avec les leaders communautaires et les guides religieux pour renforcer la sensibilisation.
Renforcer le financement des ONG opérant dans la lutte contre les MGF.

Quels rôles pourraient jouer les médias pour mettre fin aux mutilations génitales en Afrique de l’Ouest ?

Les mutilations génitales féminines font partie des réalités les plus virulentes en Afrique. Malgré les nombreuses campagnes de sensibilisation et la mise en place de dispositions juridiques pour éradiquer le phénomène, il est tout à fait évident que les MGF sont toujours d’actualité. En Afrique de l’Ouest particulièrement, la situation des MGF est telle qu’il faut une plus grande mobilisation pour en arriver à bout. Justement, dans ce travail de mobilisation pour l’éradication des MGF ; les médias ont une très grande place. Proche des communautés à la base et canal de diffusion privilégié et respecté de l’information, les médias sont une alternative incontournable pour sensibiliser, informer et éduquer les populations sur les dangers liés aux MGF.
Implication des médias dans la lutte contre les MGF : État des lieux dans quelques pays de l’Afrique de l’Ouest.


En Afrique en général, la Presse est un pouvoir. Son rôle primaire est d’informer, mais au-delà, il s’agit d’un canal d’éducation très performant. S’il en est ainsi, c’est surtout parce que les médias, la radio principalement, sont au cœur du développement local. La presse est pratiquement le centre vers lequel convergent tous les démembrements de la société. Pendant que dans les milieux les plus évolués, les réseaux sociaux et les plateformes numériques ont pris la place des canaux traditionnels d’information, dans les zones rurales, les villages, les hameaux, etc., la radio est le seul moyen d’information. C’est elle qui permet de se connecter au monde, de savoir ce qui se passe et surtout de se divertir. C’est justement conscient de cet été de chose que la vulgarisation des politiques publiques passe par ce canal. Mieux, dans tout projet de sensibilisation de la population sur un phénomène majeur, la radio est le moyen d’information le plus utilisé.


Malgré cette force, dans le cas des MGF, l’implication des médias dans la lutte n’est pas vraiment une réalité. Les politiques de sensibilisation pour l’éradication des mutilations génitales en Afrique de l’Ouest  ont une très faible portée. Il est vrai que des avancés sont remarqués et que l’abandon des mauvaises pratiques est constaté, mais parce que la presse est quasiment absente sur le terrain, les MGF continuent toujours de sévir. Assurément, la quasi-démission de la presse dans la mobilisation contre le phénomène est l’une des choses qui justifient la persistance du problème malgré la résolution des États de le combattre.
Qu’est-ce qui explique la faible implication des médias ?
En Afrique de l’Ouest, la faible implication des médias dans la lutte contre les mutilations génitales est due à 2 causes fondamentales : la réalité culturelle et le manque de moyens.


À propos de la première cause, il faut commencer par présenter le contexte culturel pour mieux comprendre de quoi cela retourne. À cet effet, il faut signaler que la presse est intrinsèquement liée aux réalités culturelles du territoire dans lequel elle est informe. Au-delà du travail professionnel qui est fait, chaque station de presse installée dans un milieu donné est souvent assujettie à la norme culturelle en vogue dans la région. Et cela se remarque sur deux plans : le premier est le penchant du professionnel des médias pour la défense des valeurs de son milieu de vie. Ce constat se fait surtout dans les zones rurales où, pour passer l’information, le journaliste est appelé à utiliser la langue locale pour communiquer. La maitrise parfaite de la langue étant un challenge, la plupart des médias sont obligés de recourir à une main-d’œuvre locale pour assurer cette tâche. Finalement, le journaliste qui est appelé à informer, sensibiliser et par la suite éduquer est un ressortissant de la même localité. Il lui est donc difficile de prendre une position contraire, même s’il a été témoin des affres des MGF. Quelle que soit sa nouvelle conviction, l’implication dans la lutte se révèle être un risque de déni de sa culture. Pire, il peut rapidement s’attirer les foudres des autochtones gardiens de la tradition pour qui il ne sera pratiquement plus le bienvenu.
Le second plan de la manifestation de l’assujettissement de la presse aux normes culturelles est relatif à la quête d’audience. En effet, tout organe de presse vit de son audience. Notez qu’un organe de presse est avant tout une entreprise, et une station de radio par exemple qui n’est pas suivie n’a aucun moyen de rentabiliser son investissement. Or, se mettre en tête de front pour éradiquer les MGF est une manière de gratter les sensibilités et de s’exposer à une défiance. Conséquence, l’audience de la station de presse chute, ce qui ne l’arrange pas vraiment.


À propos du manque de moyen
En Afrique de l’Ouest, quel que soit l’engagement des médias, un problème vient freiner la détermination à s’impliquer pour la fin des MGF. Ce problème est le manque de moyen. Il s’agit ici essentiellement du manque de fonds et d’outils techniques. En effet, lutter contre les MGF impose au professionnel des médias une descente sur le terrain pour d’abord enquêter, mais ensuite recueillir les avis avant de s’investir dans la sensibilisation. Or, dans la plupart des pays africains, rares sont les médias autonomes disposant d’assez de moyens pour se lancer dans une telle aventure. Ceci les oblige à ne faire que le minimum ou carrément, laisser le terrain vide.
Implication des médias dans la lutte contre les MGF : quel idéal prôner ?
Pour mettre fin aux mutilations génitales en Afrique de l’Ouest, il est évident que les médias sont un pilier. Mais face à leur difficulté, il faut commencer à mettre en place certaines garanties pour permettre aux professionnels de s’investir réellement et faire bouger les lignes.
La première garantie est celle de l’accompagnement. Cet accompagnement doit couvrir tant le champ de la formation que celui de l’assistance technique. En effet, pour permettre aux médias d’informer, de sensibiliser, d’éduquer les populations afin que ces derniers abandonnent une fois pour toutes les pratiques abjectes que sont les MGF, il faut commencer à former les journalistes et tous ceux qui d’une manière ou d’une autre, doivent intervenir dans le processus. Ceci peut se résumer à quelques ateliers dont le bit est de leur donnée toutes les armes pour expliquer les dangers des MGF. La formation doit aussi servir de base pour mettre en place un réseau de professionnel des médias spécialisés dans les questions des MGF de sorte permettre au journaliste de se retrouver dans une initiative d’ensemble. Au-delà, la formation doit aussi permettre au journaliste de vaincre les barrières culturelles et de l’amener à oser pour corriger les travers de la société dans laquelle il vit.


Ensuite, l’accompagnement doit consister à donner au professionnel des médias les ressources techniques dont il a besoin pour faire son travail de terrain et mieux toucher ses cibles. Par ailleurs, des outils plus performants permettront d’atteindre beaucoup plus de personnes et donc de faire un travail de qualité.
Équipés, quels rôles pourraient jouer les médias ?
Les médias doivent avant tout dynamiser leur stratégie d’information. La première arme à utiliser ici est la création d’émissions radio thématiques. Pour pousser le bouchon plus loin, les médias peuvent organiser des émissions publiques avec des experts dans les questions des MGF pour toucher directement la population, démystifier le tabou et biser les pratiques relatives aux MGF.
Les médias peuvent aussi, par la même occasion, offrir à la population la chance de constater par elle-même, sur la base des témoignages recueillis au cours des enquêtes, les affres des MGF. Les médias peuvent enfin servir de moyens de dissuasion.

Rapport Annuel 2021 du RFLD

Cher(e) Partenaire,

Salutations du Réseau des Femmes Leaders pour le Développement (RFLD),

Nous partageons avec vous notre Rapport Annuel 2021.

Merci à nos Partenaires qui ont cru en notre travail et financé nos activités en 2021.

  • Equality Now et SOAWR : Projet Focus sur le Bénin (Projet Tous pour le Protocole de Maputo)
  • CIVICUS : Projet Focus sur le Bénin – Togo – Niger – Côte d’Ivoire – Guinée Conakry – Eswatini (Espace Civique et Droits de l’Homme)
  • FEMNET : Initiative sur le Post Génération Egalité
  • UAF Africa : Projet focus sur l’Afrique de l’Ouest (Justice Économique pour les Femmes)
  • US Embassy Bénin : Projet focus sur le Bénin (Démocratie et Engagement Civique)
  • ImpactHer : Focus Régionale (Projet focus sur l’Autonomisation Économique des Femmes)

Veuillez télécharger le Rapport ci-joint.

Pour toute collaboration, écrivez nous à admin@rflgd.org

Dossi Sekonou Gloria AGUEH

Présidente du RFLD

Message de la Présidente du RFLD

Le RFLD vous souhaite une Joyeuse Fête de Noël et plus de succès dans vos Initiatives

Cher Partenaire,

Au nom de mon équipe, nous vous souhaitons une joyeuse fête de Noël. Cette année 2021 a été marquée par plusieurs défis en ce qui concerne la crise du Covid 19 et son impact sur le quotidien des femmes et des jeunes en Afrique.

Nous sommes conscients que seul, nous ne pouvons pas atteindre les objectifs du développement durable qui passent certainement par :

  • L’Elimination des violences à l’égard des femmes et des filles
  • Mettre fin aux pratiques néfastes envers les femmes et les filles
  • Un meilleur accès aux services de santé sexuelle et reproductifs
  • La participation des femmes dans les sphères de décisions
  • Une implication des femmes dans les processus de paix et de sécurité
  • Une Justice Économique pour les Femmes
  • Mettre fin aux Inégalités

En ces temps incertains, l’esprit de solidarité reste la seule arme effective que nous avons et nous devons aussi mettre un accent sur une collaboration entre les acteurs étatiques et non étatiques pour bâtir une société sûre où les plus faibles et vulnérables pourront jouir concrètement de leurs droits.

Au nom de la Famille du RFLD, nous passons par ce canal pour remercier toutes les organisations et personnalités qui ont soutenu et faciliter le travail du RFLD durant l’année 2021:

  1. FEMNET
  2. EQUALITY NOW
  3. UAF AFRICA
  4. SOAWR
  5. CIVICUS
  6. ACDHRS
  7. US Embassy Benin
  8. CIDH AFRICA
  9. CANAL INNOVATION PLUS
  10. WACSI
  11. FONDATION BATONGA de Angélique Kidjo à travers Nos Voix Comptent
  12. Association des Blogueurs du Bénin
  13. AL Jazeera English Channel
  14. CAPP FM
  15. Hon. Remy Ngoy Lumbu, Président de la Commission Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples (CADHP)
  16. Amb. Salah Hammad, Staff Senior en Droits de l’Homme – Commission de l’Union Africaine

Pour un feedback de l’année 2021, nous vous invitons à visiter notre page des Ressources pour télécharger les livres – Manuel publiés par le RFLD : https://rflgd.org/publications/

Le Réseau des Femmes Leaders pour le Développement (RFLD) est une organisation à but non lucratif dont la vision est de construire une coopération de développement de partenariat efficace grâce à l’implication d’acteurs étatiques et non étatiques pour promouvoir et protéger les droits des jeunes et des femmes et assurer leur participation à sphères de décision.

Les domaines d’intervention du RFLD sont l’espace civique – la justice économique – la lutte contre les pratiques néfastes – les droits humains – le plaidoyer politique – la paix et la sécurité.

Pour toute collaboration avec le RFLD, écrivez nous à admin@rflgd.org

Heureuse Année 2022 par anticipation.

Dossi Sekonou Gloria AGUEH

Présidente du RFLD

PRESS RELEASE FROM FORUM AGAINST HARMFUL PRACTICES (FAHP) ON THE INCIDENT OF THE DEATH OF A 21-YEAR-OLD WOMAN IN BONTHE DISTRICT

It has come to the attention of FAHP that a 21-year-old woman was found dead in a bondo bush at Nyandeni village, Imperri Chiefdom, Bonthe district. It was reported that the late Maseray Sei was found dead at approximately 4: 30am on Monday 20th December 2021 having allegedly bled to death after undergoing FGM/C in an initiation with other young women.

FAHP has also been informed that four sowei women and, the Acting Section Chief Nasiru Koroma of Bigo Section, who permitted the initiation, are helping the Sierra Leone Police (SLP) with investigations at the Sierra Rutile Police Division in Moriba Town, whilst the corpse has been taken to the Bo government hospital for post-mortem.

FAHP is appreciative of the fact that the matter is being investigated by the SLP and that a post-mortem has been ordered.

We also want to remind all Sierra Leoneans that the ban on initiations into secret societies during the Covid 19 emergency outbreak has not been lifted. Any initiation programme, therefore, is against government regulations and those funding and promoting initiations can also be held liable.

FAHP states that the cutting of girls and women’s clitorises for no medical or any valid purpose, wherever it is carried out, is a barbaric act and has no place in Sierra Leone.

Quote from Asenath Mwithigah, EQUALITY NOW Global Lead for End Harmful Practices : “It is unfortunate that women and girls continue to be subjected to one of the gravest forms of human rights violation in our time-FGM. As Equality Now, we are deeply saddened to learn the loss of life of a 21-year-old woman who succumbed to death as a result of FGM in Bonthe district, Sierra Leone. Nine out of ten women and girls in Sierra Leone aged between 15 and 49 have undergone FGM according to UNICEF reports. Although the country has ratified human rights treaties at the national and regional level, including CEDAW and the Maputo Protocol. Sierra Leone has one of the highest rates of FGM in Africa and remains among the few African countries where the practice is not illegal. We therefore call upon the Government of Sierra Leone to honor its commitment to eliminate FGM in line with “Pillar 8 on Gender and Women’s Empowerment” in its Agenda for Prosperity. We further demand a comprehensive and timely police investigation, and the prosecution of all those responsible for the tragic death of this young woman from FGM. It is vital that justice is served, and is seen to be served so that it can be a deterrent to others ».

FAHP membership visited the Bo Government Hospital on the 20th December 2021, to confirm the arrival of the corpse from Bonthe. The Public Relations officer in Bo Government Hospital advised that the corpse will be kept at the mortuary until the pathologist and only medical doctor certified to perform post-mortems returns to office. FAHP a coalition of 21 registered NGOs working to End FGM/C in Sierra Leone working in all the six regions of Sierra Leone has committed to pay all bills throughout this period until a post-mortem is carried out.

FGM/C consequences are the same for every woman and girl. FAHP and its partners, including the International Community, are therefore calling for the total abandonment of this harmful practice. We are also calling on the Ministries of Gender and Children’s Affairs, Social Welfare, Local Government and Rural Development and Political and Public Affairs and all stakeholders to use this unfortunate incident to shift their stances from ‘age of consent’ to total abandonment and a ban of FGM/C. Uphold the bondo heritage. Bondo is not FGM/C.

____________________________                                            

Rugiatu Neneh Koroma (Nee Turay)                                  

Chairperson- FAHP                                                           

Comment les Causes Structurelles de l’Inégalité entre les Sexes peuvent être articulée et mise en pratique dans la Politique de Développement International ?

Les configurations actuelles du monde du travail induisent une amplification de certaines inégalités dites structurelles existant entre des groupes d’acteurs ou des catégories différentes ainsi que l’apparition de nouvelles formes d’inégalités qu’on peut qualifier de « fractales », et qui naissent au sein d’un groupe dont les caractéristiques sont relativement homogènes. Notre développement a pour but la mise en relief et l’analyse des causes de ces deux types de disparités. Dans un premier temps, nous aborderons les inégalités structurelles produites à partir du traitement différencié des individus en fonction du statut d’emploi de même que leurs causes. Trois formes d’inégalités relatives au statut d’emploi et dont les soubassements sont liés en grande partie au domaine du droit du travail seront présentées : les inégalités issues de l’exclusion des travailleurs atypiques de la protection sociale et celles issues du traitement différencié dans l’exercice de ce travail. Dans un second temps, nous analyserons les inégalités fractales qui tiennent source à l’intérieur d’une même catégorie de personnes auparavant considérées comme homogènes, et proposerons une analyse fondée sur la remise en cause des causes de ces inégalités pour un développement international.

C’est un secret de polichinelle que les inégalités sont redevenues un problème suscitant beaucoup d’encres et de salives dans les sociétés africaines, tant dans l’espace public que dans le milieu familial. Alors que les visions à long terme indiquaient une réduction globale des inégalités entre les sexes, le tableau de bord à ce sujet pour les 20 dernières années en Afrique indique le renforcement de ces inégalités dans plusieurs domaines comme celui du revenu, de l’emploi et de l’éducation. En effet, l’augmentation drastique des inégalités entre l’homme et la femme, mesurées sur la base du revenu et plus globalement, de leur niveau de vie à l’intérieur d’une société, ne peut être dissociée de la faible riposte des gouvernements face à ce phénomène. Malgré les nombreuses actions des acteurs de la société civile pour décourager le mal, le regard silencieux des autorités gouvernementales africaines constitue une muraille qui conforte le mal-être au grand malheur des jeunes filles et femmes. La globalisation des entreprises, appuyée sur celle numérique et l’effondrement des coûts de transport grâce aux containers, est la cause majeure de la croissance des disparités dans chaque pays, tandis qu’elle a incontestablement contribué à la réduction des inégalités entre pays. Dans la plupart des cas en Afrique, les grévistes ont toujours fait précéder leurs grèves à la comparaison de leurs conditions de vie précaires à celles des classes dirigeantes du pays. A l’occasion d’une manifestation à Bobo-Dioulasso, capitale économique du Burkina-Faso par exemple, un responsable syndical a dénoncé la “paupérisation généralisée” des travailleurs, comparée aux modes de vie ostentatoires et scandaleux des hauts responsables gouvernementaux.

La volonté d’accroître la participation et d’atteindre un consensus national sur la réduction de la misère cache d’importants conflits d’intérêts, et risque de n’apporter grand-chose aux plus défavorisés. Il est en outre certain que ces choix sont lourdement contestés dans la plupart des pays pauvres ou pays en voie de développement, et qu’ils ont peu de chance de faire l’objet d’un consensus. Pour autant, l’analyse politique prospective ne doit pas seulement servir à expliquer pourquoi les objectifs des politiques publiques en faveur de l’élimination de la pauvreté et de l’absence de parité sont difficiles à atteindre, mais aussi à explorer les opportunités réelles qui existent pour de telles politiques et à proposer des stratégies d’intervention, notamment face aux oppositions qu’elles peuvent susciter. Tout en intégrant les questions de « tolérance aux inégalités », de cohésion sociale ainsi que de répression politique, le choix en faveur de certaines organisations gagnerait à être plus clairement affiché. Une stratégie d’action devrait être définie en conséquence, à l’image de ce qui se fait.

Les inégalités issues de l’exclusion de la protection sociale

Dans la société africaine, comme dans l’ensemble des sociétés occidentales, l’édifice de la protection sociale et de la sécurité d’emploi s’est érigé autour du rattachement du travailleur à l’entreprise dans une relation d’emploi. Cette option de relation s’inscrit dans la continuité et s’appuie sur un principe d’échange en vertu duquel le salarié (l’homme ou la femme) consent à la subordination dans l’exécution du travail en retour d’une rémunération directe, ou sous forme de sécurité ou de protection sociale, tels que les régimes d’assurance complémentaire. Depuis plusieurs années, cette forme d’aménagement de la relation de travail, sur les plans collectifs ou individuels, a assuré une certaine cohésion sociale par sa stabilité et son homogénéité. Si l’on fait abstraction des grands régimes à portée universelle tels que l’assurance-maladie et la sécurité de la vieillesse, la voie d’accès exceptionnelle à la protection sociale réside dans le statut de salarié. C’est ainsi que, pour avoir droit à des conditions de travail convenables, à des prestations d’assurance-emploi, il faut obligatoirement détenir le statut de salarié.

Cependant, l’émergence et l’extension du travail atypique (temps partiel au cours des dernières décennies) ont fait en sorte que ce modèle va de moins en moins avec la réalité du monde du travail africain, tel qu’il existe aujourd’hui. En raison de leurs sexes, beaucoup de femmes en Afrique souffrent quand il s’agit de l’emploi. Tout d’abord elles sont les moins traitées et sont souvent dans des emplois à temps partiels pendant que les hommes sont à temps pleins.

La concurrence entre les entreprises dans un contexte de mondialisation, de montée en force des technologies nouvelles font que l’autonomie plus grande dont jouissent les hommes dans l’exercice de leur fonction dépasse largement celle des femmes.

Les inégalités résultant du traitement différencié des individus dans l’exercice de leur travail

La multiplication des emplois atypiques concoure également à des inégalités de traitement de plus en plus nombreuses entre des personnes exécutant des tâches similaires pour la même firme. En effet, aucune mesure légale n’interdit que des salariés exécutant le même travail bénéficient de conditions de travail différentes, par exemple au chapitre du salaire ou des avantages sociaux, selon qu’ils sont des employés à temps complet ou qu’ils détiennent un autre statut, soit celui de salarié temporaire, de salarié à temps partiel ou autre. De telles inégalités existent, non seulement dans le cadre de relations de travail entre le masculin et le féminin, mais aussi, et ce, en toute légalité, dans certaines conventions collectives.

En guise de conclusion 

Les analyses présentées dans ce développement montrent que, dans la situation qui prévaut sur le marché du travail, caractérisée par une hétérogénéité croissante des challenges face à l’emploi, les causes des inégalités fractales et structurelles se complètent réciproquement. Les lois actuelles du travail et les conventions collectives accentuent et maintiennent les inégalités de traitement en fonction du statut d’emploi et du sexe, réduisant ainsi l’inscription des individus dans un collectif et affaiblissant les conditions nécessaires pour ’’faire société ‘’ avec leurs semblables. Ce fait conduit à la « dé-collectivisation » des relations de travail entre les sexes qui prend le contre-pied des formes d’inscription collectives et mène ensuite à une « société des individus au travail » dans laquelle les solidarités se défont et les appartenances collectives se délitent. Elle génère, par ricochet, des inégalités fractales, signes d’une différenciation de plus en plus forte entre des individus appartenant au même groupe et dont la source se trouve dans les transformations récentes du mode d’organisation du travail et de la production.

Les disparités observées et la politique entretiennent des relations d’interdépendance, souvent négatives. « Les inégalités de revenus » et de chance traduisent souvent des disparités en matière d’accès au pouvoir politique, note le rapport du PNUD. Les populations rurales, les pauvres, les femmes, et les groupes ethniques marginalisés sont en partie désavantagés du fait qu’ils ne sont pas souvent bien organisés et que leur influence politique est négligeable. Aussi que à de nombreuses rencontres internationales, ils ne sont pas invités à participer à la prise des décisions importantes, concernant notamment la distribution des ressources économiques et sociales. Les inégalités en matière de pouvoir politique, observent la BM (Banque Mondiale), “débouchent sur la création d’institutions qui perpétuent les inégalités sur les plans du pouvoir politique, de la condition sociale et de la détention des richesses”.

Réorienter les politiques

Dans le but de réduire les inégalités et de concrétiser les « dimensions progressivement distributives du développement à tous les niveaux », les organismes publics doivent privilégier l’insertion politique et sociale de toutes les couches de la société, l’extension des routes et autres infrastructures dans les régions rurales et la formulation de politiques économiques génératrices d’emplois.

Mettre en place des régimes nationaux d’imposition fiscale de manière à ce que les contribuables riches, dont une majorité se soustraient actuellement aux impôts, soient amenés à payer davantage, permettant ainsi de dégager les ressources supplémentaires nécessaires à la lutte contre la misère et la mise en place de services sociaux essentiels.

Il faudrait que les nouvelles politiques consistent à affecter aux malades les plus nécessiteux une part plus importante des dépenses liées à la santé actuellement consacrées aux soins des patients les plus riches.