Porto-Novo, capitale d‘une refondation : comment cinquante femmes leaders ont outillé la participation politique au Bénin
Deux jours . L‘une des cohortes les plus denses jamais réunies par le RFLD dans le cadre d‘AIHRDFWA. Du Protocole de Maputo à la sécurité numérique, de l‘autonomie économique à la protection des défenseuses, cinquante participantes ont posé les fondations d‘une stratégie d‘action à douze mois.
À Porto-Novo, à quelques rues du Palais Royal Honmè, cinquante voix se sont rejointes le mercredi 20 mai 2026. Elles venaient de Cotonou, Parakou, Natitingou, Abomey, Lokossa et de la capitale elle-même. Élues locales, journalistes, avocates, militantes, entrepreneures, étudiantes : toutes ont en commun d‘avoir pris, ces dernières années, le risque de la parole politique dans un pays dont la représentation féminine, malgré des réformes substantielles, demeure un chantier en construction. Pendant deux jours, sous l‘impulsion du Réseau des Femmes Leaders pour le Développement (RFLD), elles ont fait de Porto-Novo un laboratoire d‘une participation politique repensée, documentée, outillée. C‘est le récit de cette étape charnière de l‘Afrofeminist Initiative for Human Rights Development in Francophone West Africa (AIHRDFWA) que cet article entend restituer.
La cérémonie d‘ouverture a réuni M. John Gbenagnon, Directeur Régional du RFLD en charge du Développement et de la Stratégie, et Dr Sandrine Chikou, Responsable des Subventions. « Cette cohorte n‘est pas un public, a souligné Dr Chikou. Elle est un acteur. Chaque participante porte un territoire, un mandat ou une cause — et c‘est cette densité que nous voulons transformer en stratégie. » L‘AIHRDFWA s‘inscrit dans le programme Society, Equality, Africa – Transformation (SEA-T) soutenu par le ministère fédéral allemand de la Coopération économique et du Développement (BMZ) et mis en œuvre avec l‘appui technique de la Deutsche Gesellschaft für Internationale Zusammenarbeit (GIZ)1. Il déploie une architecture de formation harmonisée dans plusieurs capitales d‘Afrique de l‘Ouest francophone, dont Porto-Novo constituait la session béninoise.
I. Le Bénin : avancées institutionnelles et chantiers ouverts
Le Bénin traverse en 2026 une séquence institutionnelle exceptionnellement dense. Depuis 2019, et plus encore depuis la loi N° 2024-13 du 15 mars 2024 modifiant le code électoral, le pays a élevé mécaniquement le seuil de représentation féminine au Parlement2. Les élections législatives de janvier 2026 ont produit une avancée historique : la 10e législature, installée le 8 février 2026 au palais des gouverneurs à Porto-Novo, compte désormais 28 femmes sur 109 députés — un seuil sans précédent dans l‘histoire parlementaire béninoise. L‘Honorable Joseph Fifamin Djogbénou en assure la présidence depuis son investiture le 15 avril 2026. Au sein de cette 10e législature, le Bloc Républicain (BR) compte 8 femmes et l‘Union Progressiste le Renouveau (UPR) en compte 20. Sur ces 28 élues, 24 doivent leur siège au mécanisme de réservation introduit par la réforme électorale — preuve, a souligné Dr Sandrine Chikou, que l‘ingénierie législative produit des effets mesurables. Reste, a-t-elle ajouté, à convertir cette présence parlementaire en pleine voix décisionnelle : cinq femmes seulement composent aujourd‘hui le gouvernement sur vingt et un portefeuilles — un chiffre que la formation de mai 2026 vise précisément à faire évoluer dans les prochains mois. « Les quotas ouvrent la porte, ils ne garantissent pas encore toute la voix, ni toute la décision », résume une participante, ancienne candidate communale du Mono. C‘est cet espace de progression que la cohorte s‘est donné pour mission d‘investir.
C‘est dans ce contexte que la première session, conduite par Mme Ginette Bonou, formatrice en leadership et analyse de pouvoir, a posé la pierre angulaire du diagnostic. Intitulée « Femmes en Action — Pouvoir de Changement », elle a invité les participantes à cartographier les rapports de domination dans leurs environnements — partis politiques, administrations communales, structures associatives, espaces familiaux. « On ne contourne pas un mur qu‘on n‘a pas identifié, a insisté Mme Bonou. La première compétence politique d‘une femme, c‘est la lecture du terrain. » Les participantes ont décrit avec précision les « mécanismes silencieux » par lesquels la prise de décision leur échappe : convocations tardives, réunions informelles tenues en l‘absence des élues, médiation systématique par un cadre masculin, court-circuitage dans la transmission des dossiers sensibles. Une grammaire commune se dessinait, qu‘il fallait expliciter pour la combattre.
Le pouvoir, au Bénin comme ailleurs, est d‘abord une chorégraphie. Apprendre à danser nos propres pas, c‘est cela, l‘enjeu politique des dix prochaines années.
II. L‘afroféminisme comme méthode
Le deuxième temps fort de la première journée a été conduit par Mme Charlotte Ezebada, formatrice en afroféminisme et innovation politique. Sa session, « Leadership, Afroféminisme & Innovation politique », a proposé un déplacement essentiel : sortir d‘un féminisme importé pour revendiquer une généalogie africaine de la pensée critique de genre, de Funmilayo Ransome-Kuti à Wambui Otieno, en passant par les figures contemporaines de la société civile béninoise. « L‘innovation politique ne consiste pas à imiter des modèles venus d‘ailleurs, mais à reconnaître les outils que nos sociétés ont déjà produits », a soutenu Mme Ezebada. La demande qui s‘est exprimée dans la salle était claire : celle d‘un langage politique qui ne soit ni la pure réplique des conventions onusiennes, ni la résignation aux codes patriarcaux locaux. Une demande de souveraineté narrative.
Une jeune journaliste basée à Cotonou a résumé l‘impact de cette session en une formule reprise dans la salle : « Pour la première fois, on m‘a rendu mes propres mots. » L‘image — celle d‘une restitution, d‘une réappropriation — court en filigrane à travers l‘ensemble des deux journées.
III. Maputo, un instrument juridique pour le continent
La deuxième partie du premier jour a opéré un basculement : du diagnostic à l‘instrument. Dr Kembo Paulette Annie, formatrice en droits humains et droit international, a conduit la session consacrée au Protocole à la Charte africaine relatif aux droits des femmes en Afrique — connu sous le nom de Protocole de Maputo. Adopté à Maputo le 11 juillet 2003, le texte complète la Charte africaine par un corpus détaillé sur les droits des femmes : égalité, dignité, protection contre la violence, mariage, éducation, emploi, santé reproductive, propriété et héritage, paix, sécurité alimentaire, et protection spéciale pour les femmes en détresse3. C‘est l‘instrument juridique africain le plus complet sur les droits des femmes — et l‘une des rares conventions internationales à reconnaître explicitement le droit à l‘avortement médicalisé dans certaines circonstances.
L‘entrée en vigueur repose sur un seuil exigeant : quinze ratifications. Ce seuil a été atteint le 26 octobre 2005, et le Protocole est entré en vigueur le 25 novembre 2005. À ce jour, 46 des 55 États membres de l‘Union africaine l‘ont ratifié. Deux États — l‘Égypte et le Maroc — ne l‘ont ni signé ni ratifié. Sept autres — Burundi, Tchad, Érythrée, Madagascar, Niger, Somalie, Soudan — l‘ont signé sans achever leurs procédures de ratification. Cette cartographie dessine des espaces de protection juridique très inégaux, particulièrement préoccupants pour les femmes en mobilité dans la sous-région.
Le Bénin figure parmi les premiers signataires : signature le 11 février 2004, ratification le 30 septembre 2005, dépôt le 13 octobre 2005 — plus d‘un mois avant même l‘entrée en vigueur continentale du texte. « Cette antériorité, a souligné la formatrice, inscrit le Bénin dans le cercle restreint des États fondateurs de l‘ordre juridique africain en matière de droits des femmes. Il y a là un acquis politique sur lequel notre génération doit savoir capitaliser. »
Ratifier n‘est pas mettre en œuvre
Dr Kembo a consacré un module à la distinction technique entre signature, ratification et adhésion. La ratification est l‘acte formel par lequel un État, après signature, manifeste internationalement son consentement à être lié par un traité. L‘adhésion est l‘acte parallèle pour un État qui n‘a pas signé. L‘article 28 du Protocole prévoit que les pays peuvent signer, ratifier ou adhérer conformément à leurs procédures constitutionnelles, l‘instrument étant déposé auprès du président de la Commission de l‘Union africaine.
Mais ces actes ne constituent qu‘une première étape. « Un protocole ratifié et non mis en œuvre est un protocole muet, a insisté la formatrice. Le travail qui suit la ratification, c‘est traduire les dispositions dans le droit national, allouer un budget à leur application, créer les institutions chargées d‘en faire respecter les garanties, et rendre compte périodiquement à la Commission africaine des droits de l‘homme et des peuples. » Cette mise en œuvre demeure inégale sur le continent — et c‘est précisément cet écart qui se trouve au cœur du plaidoyer panafricain du RFLD.
Le Protocole est en vigueur sur la majeure partie du continent. Son application, elle, reste inégale. C‘est exactement dans cet écart — entre la ratification et l‘effectivité — que se joue l’engagement politique de notre génération.
Les participantes ont travaillé en sous-groupes sur l‘application communale du Protocole : comment, depuis une mairie béninoise, faire vivre les articles 9 (participation politique), 13 (droits économiques et sociaux) et 14 (santé et droits reproductifs) ? Plusieurs élues ont partagé des obstacles concrets : absence de ligne budgétaire genre, refus de transmettre certaines délibérations sensibles, pression sur les conseillères dissidentes. Une conseillère d‘Adjarra a raconté avoir obtenu, après dix-huit mois de procédure, l‘inscription d‘une enveloppe symbolique pour la prévention des violences faites aux femmes — un budget modeste, mais suffisant pour constituer un précédent. « Quand un précédent existe, il devient invocable », a-t-elle conclu.
Quand j‘ai demandé en plénière communale que le budget annuel consacre une ligne aux violences faites aux femmes, on m‘a répondu que ce n‘était « pas une priorité de développement ». Aujourd‘hui, je sais comment formuler la même demande en m‘appuyant directement sur le Protocole de Maputo. C’est un autre levier.
La discussion s‘est élargie : si le Protocole est juridiquement opposable au Bénin depuis 2005, plusieurs voisins ouest-africains — Tchad et Niger en tête — ne l‘ont pas ratifié. Cette asymétrie pèse sur les femmes de la zone CEDEAO. Le RFLD mène, à travers AIHRDFWA, un plaidoyer continental pour accélérer ces ratifications manquantes et renforcer la mise en œuvre effective dans les États déjà parties. La quatrième session, animée par Mme Sintondji Blandine, formatrice en mobilisation communautaire et plaidoyer, a refermé la journée. « La mobilisation féministe, c‘est l‘art d‘élargir le cercle sans diluer le message. » Les travaux de groupe, modérés par M. Stanislas Hounkanlin, ont permis aux quatre premières équipes de restituer leurs analyses.
IV. L‘autonomie économique, prérequis politique
La deuxième journée s‘est déployée autour d‘une thèse forte : l‘autonomie économique est un prérequis du leadership politique. La session 5, conduite à deux voix par M. Nestor Idohou et Mme Annabelle Dossavi, a abordé les cadres juridiques applicables aux femmes entrepreneures béninoises, l‘accès aux marchés publics, le financement de campagne et les mécanismes de garantie bancaire. Selon les estimations régionales, moins de 8 % des candidates aux élections législatives en Afrique de l‘Ouest francophone disposent d‘un capital de campagne équivalent à celui de leurs concurrents masculins. « Sans financement, a affirmé Mme Dossavi, le quota n‘est qu‘une promesse. Avec un financement aligné, il devient un mandat. » Le livrable attendu — un plan d‘accompagnement de cinq candidates sur vingt-quatre mois — s‘inscrit dans cette logique. La cohorte sera suivie longitudinalement jusqu‘aux élections de 2027 et 2028.
L‘autonomie économique n‘est pas un luxe pour les femmes politiques : c‘est leur première forme d‘indépendance vis-à-vis des partis qui leur ont, parfois, ouvert la porte à condition qu‘elles restent silencieuses à l‘intérieur.
V. CEDEF, défenseuses, espaces civiques
La session 6, animée par Mme Amelevi Jacqueline Sokpoly, experte en CEDEF, a proposé une lecture croisée de la Convention sur l‘élimination de toutes les formes de discrimination à l‘égard des femmes, des législations nationales béninoises et du fonctionnement de la Commission de la Condition de la Femme des Nations Unies. « La CEDEF n‘est pas un texte à commenter, c‘est un texte à invoquer », a insisté Mme Sokpoly. La session a notamment abordé la mécanique des rapports périodiques que le Bénin doit remettre tous les quatre ans, et la possibilité — peu utilisée — pour la société civile de produire des « rapports alternatifs » éclairant le Comité sur les écarts entre discours étatique et réalité de terrain.
En seconde partie de journée, Mme Pauline Houdagba, formatrice en espace civique et plaidoyer numérique, a abordé une thématique devenue centrale : la défense de l‘espace civique à l‘ère des plateformes et la lutte contre la désinformation genrée. Au Sénégal et en Côte d‘Ivoire, six femmes politiques sur dix font l‘objet de désinformation à caractère sexiste pendant les campagnes4. « La désinformation genrée n‘est pas du bruit, a expliqué Mme Houdagba : c‘est une stratégie. Elle vise à rendre intolérable, pour les femmes, le simple fait d‘occuper l‘espace public. » Le livrable — un protocole de réponse en cinq étapes mobilisable en moins de quarante-huit heures — vise à transformer cette violence en signal documenté et juridiquement contestable.
La huitième session, à nouveau confiée à Mme Sokpoly, a porté sur la protection des défenseuses des droits humains et les mécanismes de la Commission africaine des droits de l‘homme et des peuples (CADHP). Elle s‘est conclue sur l‘esquisse d‘un protocole de protection collective propre à la cohorte — un système d‘alerte par binômes, avec contacts de proximité et procédures convenues à l‘avance.
Une défenseuse isolée est une défenseuse vulnérable. Une défenseuse en réseau — documentée, soutenue, écoutée par des institutions — devient un sujet politique à part entière. C‘est ce passage que nous devons opérer collectivement.
VI. De la salle à la stratégie
À mesure que la deuxième journée approchait de son terme, la physionomie du groupe s‘est transformée. Les chaises rangées en plénière ont laissé place à huit cercles de travail, chacun centré sur une question clé : du diagnostic structurel à la protection des défenseuses, en passant par la cartographie des alliances, le mentorat intergénérationnel, le financement de campagne, la domestication de la CEDEF et la riposte à la désinformation. La modération a été assurée par M. Stanislas Hounkanlin, dont le rôle a été de transformer les huit heures de discussion en huit livrables intelligibles et archivables.
Chaque groupe a produit trois éléments : une analyse de pouvoir propre à son territoire, une cartographie des parties prenantes (alliées, neutres, opposantes), et une stratégie de campagne mobilisable dans les douze mois. Ces matériaux seront archivés et partagés par le RFLD avec les autres cohortes nationales — Dakar, Lomé et les capitales suivantes. « Nous ne sommes pas venues apprendre, a résumé une participante. Nous sommes venues coder un plan. Et ce plan, désormais, nous appartient. »
Ce que cette cohorte a démontré en deux jours, c‘est qu‘il n‘existe pas, au Bénin, de manque de talents politiques féminins. Ce qui manque, ce sont les structures qui transforment ces talents en mandats. AIHRDFWA est précisément l‘une de ces structures.
VII. Une méthode, quatre principes
Au-delà des contenus, la signature pédagogique de l‘événement mérite d‘être soulignée. L‘atelier a été conduit selon une approche « participative, inclusive et féministe ». Quatre principes ont guidé chaque session : l‘intersectionnalité (reconnaître que les expériences se croisent avec la classe, la ruralité, la confession, l‘âge) ; la sécurité (garantir que la parole prise en formation ne se retourne pas contre celles qui la prennent) ; la confidentialité (préserver les récits partagés du regard extérieur) ; et la solidarité émotionnelle, qui acte que la politique au féminin se construit aussi dans le soin réciproque entre celles qui s‘y exposent.
« L‘apprentissage se construit collectivement, dans le respect mutuel et l‘horizontalité — les participantes sont elles-mêmes porteuses de savoirs, d‘expériences et de stratégies. » Cette phrase, qui ouvre le cadre méthodologique du RFLD, pourrait être la devise du dispositif AIHRDFWA. Elle marque ce qui distingue la pédagogie féministe du RFLD des modèles classiques de « renforcement de capacités » : la formatrice n‘est pas l‘autorité qui sait, mais celle qui structure la circulation des savoirs déjà présents dans la salle.
VIII. Ce que Porto-Novo annonce
À la nuit tombée, lorsque la cérémonie de clôture s‘est ouverte sous les arcades du lieu d‘accueil, les cinquante participantes repartaient avec un mandat — non pas électif, mais collectif. Cinq candidates seront accompagnées sur vingt-quatre mois ; une stratégie de plaidoyer parlementaire ciblée sera engagée auprès des nouvelles députées de la 10e législature pour faire avancer trois textes prioritaires (loi de finances 2027, code des personnes et de la famille, dispositif de protection des défenseuses) ; un protocole de réponse à la désinformation en cinq étapes sera testé sur un cycle électoral local ; un plan de protection institutionnel pour les défenseuses sera soumis à la coordination nationale du RFLD.
Cette étape s‘inscrit dans une séquence institutionnelle béninoise particulièrement riche : aux législatives de janvier 2026 a succédé l‘élection présidentielle d‘avril 2026, remportée par Romuald Wadagni, sous le régime de la nouvelle Constitution qui introduit un mandat présidentiel de sept ans renouvelable. La formation AIHRDFWA apparaît ainsi comme une réponse organisée à un moment de refondation, dans lequel la pleine représentation des femmes au sein de la 10e législature et du nouvel exécutif demeure un horizon de mobilisation collective.
L‘initiative béninoise s‘inscrit dans une dynamique régionale : le RFLD déploie l‘AIHRDFWA dans plusieurs pays d‘Afrique de l‘Ouest francophone et a annoncé en mai 2026 une enveloppe de re-financement de plus de 580 000 dollars destinée à une vingtaine d‘organisations africaines de la société civile5. Porto-Novo constitue ainsi un nœud — non un point final — d‘une cartographie en construction, qui reliera dans les prochains mois Dakar, Lomé, Bamako, Conakry, Ouagadougou et Abidjan. C‘est par cette circulation régionale, et par la pression cumulative qu‘elle exerce sur les États encore en retrait, que pourra se réduire l‘écart entre le Protocole de Maputo tel qu‘il est écrit et le Protocole tel qu‘il est vécu.
« Nous écrivons un manuel à plusieurs voix, a conclu M. John Gbenagnon. Chaque pays apporte une page. Le Bénin vient d‘apporter la sienne — et ce qu‘elle dit, dans sa langue propre, c‘est que la participation politique des femmes ne se mendie plus. Elle se construit. » À l‘issue de la cérémonie, plusieurs participantes ont spontanément échangé leurs coordonnées, esquissant déjà la constitution d‘un réseau post-formation. C‘est sans doute là, dans ce geste discret, que se mesure la réussite de Porto-Novo 2026 : non dans les déclarations finales, mais dans les liens qui ne se déferont plus. D‘ici à la fin de l‘année 2026, les cohortes nationales successives devraient avoir formé entre 250 et 300 femmes politiques à travers l‘Afrique de l‘Ouest francophone — première promotion structurée d‘une infrastructure de leadership politique féminin durable. Porto-Novo n‘aura pas seulement été une étape : ce sera la signature d‘un commencement.
Notes & références
- Programme Society, Equality, Africa – Transformation (SEA-T), Deutsche Gesellschaft für Internationale Zusammenarbeit (GIZ).
- Loi N° 2024-13 du 15 mars 2024 modifiant le code électoral en République du Bénin.
- Protocole à la Charte africaine des droits de l‘homme et des peuples relatif aux droits des femmes en Afrique (Protocole de Maputo), adopté le 11 juillet 2003 à Maputo, entré en vigueur le 25 novembre 2005. Bénin : signature 11 février 2004, ratification 30 septembre 2005, dépôt 13 octobre 2005. Source : Dépositaire des traités de l‘Union africaine.
- Étude TV5MONDE Afrique sur la désinformation genrée au Sénégal et en Côte d‘Ivoire, 2025.
- RFLD, communication officielle du 4 mai 2026 : annonce d‘une enveloppe de 582 000 USD pour vingt organisations africaines dans le cadre des programmes NAFASI (Sida) et AIHRDFWA (BMZ/GIZ SEA-T).