Mutilation génitale féminine en Afrique de l’Ouest : Impacts et perspectives

Les Mutilations Génitales Féminines (MGF) sont perçues comme une violation des droits à la santé et à l’intégrité des jeunes filles et des femmes. Résultant à la fois de la perpétuation des inégalités entre les sexes et de la discrimination à l’égard de la gent féminine, les mutilations génitales trouvent leurs racines dans nombre de pays de l’Afrique de l’Ouest tels que la Guinée, la Sierra Leone, le Mali, la Gambie, le Togo, le Bénin, etc. 91,5 millions environ de filles et de femmes de plus de 9 ans vivent actuellement en Afrique les conséquences de ces mutilations génitales féminines.

La forte propension de cette pratique dans ces pays se justifie essentiellement par la dimension traditionnelle, culturelle ou religieuse de la pratique en vogue depuis des siècles. Nous nous interrogeons cependant sur l’origine de ces pratiques et cherchons à savoir comment elles se manifestent pour que même des années suivantes, elles puissent se pérenniser. Car, bien que la prévalence des mutilations génitales féminines connaisse un déclin lent dans certains pays de l’Afrique de l’Ouest, force est de constater que le nombre absolu de victimes continue d’augmenter au mépris des règles et lois en vigueur.


Quid des origines en Afrique


Les soubassements de la pratique des MGF ne sont pas clairs. Ceux-ci seraient apparus avant le christianisme et l’islam. Des recherches effectuées lui trouvent une origine en Nubie, dans les fins fonds de l’Afrique. L’appellation « mutilation génitale féminine » a été adoptée lors de la conférence régionale du comité interafricain sur les pratiques traditionnelles portant atteinte à la santé des femmes et des enfants. Cette expression indique plusieurs manières par lesquelles on ampute à une femme ou à une jeune fille certaines parties de son appareil génital en mutilant ses organes sexuels de façon permanente sans aucune raison médicale. Dans la plupart des pays de l’Afrique de l’Ouest elle s’apparente comme un rituel ou une tradition consistant à lacérer les organes sexuels d’une jeune fille ou d’une femme ou à procéder à leur ablation. Elles peuvent se classer en quatre ordres à savoir : la clitoridectomie, l’infibulation, l’excision, et les autres interventions. Malgré les nombreux efforts déployés à l’échelle africaine et nationale visant à leur élimination, les Mutilations Génitales Féminines restent malheureusement encore d’actualité en Afrique de l’Ouest.


États des lieux


Le niveau d’évolution des mutilations génitales féminines notamment dans les pays de l’Afrique de l’Ouest évolue à des rythmes variés en fonction des pays. Ces pratiques ne présentent aucun avantage pour la santé des jeunes filles et des femmes. Quel que soit le type de MGF, elles ont de graves complications pouvant subvenir immédiatement. Les mutilations génitales féminines peuvent provoquer de graves hémorragies et des problèmes urinaires. Elles peuvent par la suite provoquer des kystes, des infections, des douleurs pendant les rapports sexuels et les menstruations. Les détresses psychologiques, état de choc violent ainsi que des complications lors de l’accouchement ne sont pas du reste. L’autre conséquence aussi percutante que les précédentes est le risque de croissance de décès du nouveau-né. On estime que plus de 200 millions de jeunes filles et de femmes, toujours en vie, ont été victimes de mutilations sexuelles pratiquées dans les pays africains.


Cas du Mali


Le défi d’une bonne législation en matière de lutte contre les mutilations génitales féminines au Mali constitue l’un des violations des droits des jeunes filles et femmes maliennes. Dans ce pays de l’Afrique de l’Ouest dont 50% constitue en majeure des femmes la gent féminines se trouve confrontée aux MGF sous l’inattention des autorités. D’après les résultats d’une enquête effectuée au plan national par le programme national de lutte contre l’excision (PNLE), les MGF ont atteint 89% des femmes dont la tranche d’âge est comprise entre 15ans et 49ans. Selon les informations rapportées par ce programme, la pratique est moins répandue dans les régions du Nord du Mali avec un faible taux de prévalence pour les Songhaï, les Tamashek et les Bobos. Avec ce taux, le Mali fait ainsi parti des pays dans lesquels le taux de prévalence est le plus élevé. En absence de législation en la matière pouvant tirer à boulet rouge les mutilations génitales féminines, le Mali dispose néanmoins des dispositions du code pénal qui apporte sa touche dans la lutte contre les MGF. Il s’agit des articles 202 et 207 incriminant et punissant quiconque infligeant à autrui coups, blessures et violences volontaires.


Les perspectives


Les mutilations génitales féminines sont l’une des pires violations des droits des filles en Afrique. La pression sociale, le tabou autour du sujet, l’asymétrie d’information sur les conséquences néfastes de cette pratique sur la santé, les amalgames avec les confessions religieuses et les raisonnements fondés sur la crainte bien assise dans les communautés sont autant de maux qui font des MGF des pratiques traditionnelles néfastes les plus difficiles à éradiquer. Pour ralentir le mal jusqu’à le bannir, certaines actions restent cependant inévitables :
Mettre en place des Programmes efficaces de sensibilisation à destination des personnes qui pratiquent les excisions et de leurs assistants.
Multiplication de la diffusion des messages de sensibilisation sur les dangers des MGF.
La criminalisation des MGF par les gouvernants à travers le vote des lois.
La promulgation des lois nationales apparait comme une étape importante vers l’élimination des MGF mais, pour qu’il y ait du résultat, ces lois doivent être mises en œuvre et appliquée
Les gouvernants sont appelés à travailler avec les leaders communautaires et les guides religieux pour renforcer la sensibilisation.
Renforcer le financement des ONG opérant dans la lutte contre les MGF.

Campagne de l’ONG RFLD pour mettre fin à l’harcèlement sexuel en Afrique de l’Ouest Francophone

Harcèlement sexuel : Que retenir ?

Quelles dispositions légales ?

RFLD mène une campagne actuellement sur la lutte contre le harcèlement sexuel. Nous vous invitons à aller à la découverte du cas de ces pays suivants : Mali, Bénin, Burkina Faso, et la Côte d’Ivoire.

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Le harcèlement sexuel dans la plupart des cas se définit comme le fait d’imposer à une personne, (femme dans le cas d’espèce)  des propos ou des propositions à connotation sexuelle de manière répétée sans qu’elle ne soit d’accord. Il s’agit des insultes ou des gestes obscènes qui portent  atteinte à la dignité de la personne en l’humiliant, en l’intimidant ou en la blessant. Subir ces gestes ou ces paroles peut entrainer de grandes douleurs morales comme la peur, se sentir triste, sale et dégoutant.  En Afrique et plus précisément  l’Afrique francophone, c’est un délit interdit par la loi et qui peut être punie par la prison.

Que de fois n’avons-nous pas entendus des enseignants et patrons indélicats parler en ses termes de leurs élèves / étudiantes / apprenantes / employé de qui ils pensent obtenir sans condition des faveurs à caractère sexuel.

Le refus de leurs avances par ses filles / femmes conduit le plus souvent au phénomène de harcèlement sexuel. Cependant en absence de certaines statistiques fiables et officielles, certains pays africains nient l’existence de ce phénomène. Et pourtant le harcèlement sexuel est une triste réalité qui continue de semer d’énormes dégâts.

CAS DU MALI

Connue  comme une violation fondée sur des rapports des dominations et d’intimidation qui peuvent  se produire non seulement sur le lieu de travail, mais aussi dans tous autres lieux, le harcèlement sexuel au Mali fait aussi office de répression.  Dans ce pays d’environs de dix-neuf-mille soixante-six-millions d’habitants dont la majorité est constituée de femmes, le harcèlement sexuel se manifeste  notamment par des promesses de récompenses implicites ou explicites faites dans le but d’obtenir un accord quant à une demande de caractère sexuel. Des menaces de représailles implicites ou explicitent  qu’elles se concrétisent  ou non faites dans le but d’obtenir  un accord quant à une demande de caractère sexuel ou faites à la suite d’un refus d’acquiescer à une telle demande ; des remarques ou des comportements à connotation sexuelle qui peuvent raisonnablement être perçus comme créant un environnement négatif d’étude ou de travail. Au Mali, ce sujet demeure un tabou au point d’être considéré au même titre que les simples violences basées sur le genre, simplement du fait que les principales victimes ont pour la plupart du temps peur de donner de la voix. Une seule raison justifie cette réticence : la peur d’être dénigrée par la société ou des représailles. Malheureusement, force  est de constater qu’aucune disposition législative n’a été prévue au Mali pour sanctionner ce phénomène qui gangrène la société.

CAS DU BENIN

L’actualité au Bénin était marquée par l’harcèlement sexuel dont sont victimes certains employés de certaines  institutions respectées.  Malheureusement, c’est la triste  réalité que vivent les femmes de ses institutions. Nous nous en voudrions de ne  pas saluer la bravoure et  le courage de ses amazones  qui en ont fait la dénonciation. En effet, il n’est pas rare de constater dans nos institutions l’existence de proposition des services à caractère sexuel aux employés (surtout aux femmes). Ainsi, l’employée est tenue de satisfaire au désir sexuel de son supérieur hiérarchique au risque de se voir priver de certains avantages inhérents à sa fonction.

Quelle pression psychologique sur les femmes ?

Après avoir été victime de cette pratique, la loi du silence est imposée à la femme. C’est à elle de ne pas faire de vagues, de ne pas détruire la famille, le couple, l’institution, la réputation ou la carrière de l’agresseur ; d’être compréhensible, d’être gentille, de comprendre que ce n’est pas si grave, il y a pire ailleurs.

Et pourtant la loi N° 2006-19 du 17 juillet 2006 portant répression de l’harcèlement sexuel et protection des victimes et la loi N°2011-26 du 09 janvier 2012 portant prévention et répression des violences faites aux femmes existent de plus bel. A en croire le législateur béninois, à travers le code pénal, toute ordonnancement  d’ordres, utilisation  de  paroles, des gestes, d’écrits, de message et ce de façon répétée, de proférer des menaces, d’imposer des contraintes, d’exercer des pressions ou d’utiliser tout autre moyen afin obtenir d’une personne en situation de vulnérabilité ou de subordination , des faveurs de nature sexuelle à son profit ou au profit d’un tiers contre la volonté de la personne harcelée est passible d’un emprisonnement allant de un à deux ans et une amende allant de 100 à 1.000.000 de FCFA.

CAS DU BURKINA FASO

Tout comme le Bénin, le Burkina-Faso a fait du phénomène de l’harcèlement sexuel son cheval de bataille (Loi n°51-2015 CNT). Sa disposition légale sur la répression et la prévention de ce phénomène se trouve confortées dans sa loi portant le code du travail. En effet, le harcèlement sexuel entre collègues se définit dans cette disposition comme tout acte consistant à obtenir chez autrui par ordre menace ou intimidation des faveurs sexuelles. Ainsi, dans son code du travail, le Burkina-Faso a prévu une peine d’emprisonnement d’un à trois ans et d’une amende de 300.000 à 500.000 F contre toute personne reconnue coupable de ce phénomène ignoble et destructeur.

CAS DE LA CÔTE D’IVOIRE

La République de la Cote d’Ivoire ne fait pas exception du phénomène commun qui gangrène la plupart des pays de l’Afrique francophone à savoir le phénomène du harcèlement sexuel (Loi n° 98-756 du 23 décembre 1998 modifiant et complétant la loi n° 81-640 du 31 juillet 1981, instituant un Code Pénal, article 356 nouveau) . Mais comme dans un Etat sérieux et destiné à faire prévaloir un climat de paix et de quiétude aux populations en l’occurrence aux femmes, la lutte contre ce phénomène est chose effective dans ce pays.  En effet, très ébranlée par ce phénomène dans les années 2010 et alors que la forte densité de sa population et des moyens urbains de mobilité et d’intégration entrainent des irrévérences, gages  d’actes de violences, la Cote d’Ivoire a  travers son programme de lutte contre les abus sexuels  mis en place différentes méthodes de lutte. Ces différentes méthodes de lutte se trouvent confortées par le code pénal ivoirien de 2015 qui distingue le viol du  harcèlement sexuel et le qualifie d’ailleurs en son article 354 de crime et d’attentat à la pudeur. La loi ivoirienne punit le harcèlement sexuel d’une peine d’un à trois ans de prison et d’une amende de 360 000 à 1 million de francs CFA.  Parlant des faits d’agression, le législateur ivoirien émet deux grandes remarques en ce concerne le viol par le nature délictuelle et constituent des faits dits d’agression sexuelle. Les quels faits qui sont punies d’emprisonnement.