Droits Sexuels et Reproductifs au Togo et au Niger : le RFLD en parle

Droits de santé sexuelle et reproductifs au Togo

La société togolaise tout comme celle africaine exclut généralement la jeune fille ou le jeune garçon du débat sur la sexualité quelle que soit la forme. Ce constat résulte des appréhensions des parents à conduire leurs enfants à la déviance. Cette prétendue préservation prévaut dans un contexte où même les parents sont sous informés sur les questions de la santé sexuelle et reproductive. A chaque étape de leur vie, les femmes et les couples doivent avoir accès à des services de santé pour bien vivre et comprendre leur sexualité. Dès l’adolescence, les jeunes doivent s’informer sur leur droit, les méthodes de contraception, les maladies sexuellement transmissibles et les services de santé disponibles.

Malheureusement, en absence de technique de riposte et de prise en charge de qualité des jeunes sur les questions relatives à leur sexualité, la précocité des relations sexuelles expose plusieurs jeunes aux risques de grossesses non désirées, aux infections sexuellement transmissibles dont le VIH et aux avortements clandestins. Cette précocité faisant couler beaucoup d’encres et de salives dans la plupart des pays de l’Afrique notamment au Togo et au Niger a permis à plusieurs partenaires de mesurer la portée en changeant leurs approches et stratégies programmatiques dans le but de faire avancer la santé sexuelle et reproductive des jeunes dans leurs programmes d’actions. Ce changement au Togo vient en effet en appui à cette dynamique impulsée par plusieurs gouvernements mais qui se sont avérées peu productives.

  • Quels sont alors les opportunités et les défis pour la poursuite et l’accélération des changements initiés en faveur des jeunes ?
  • Les réponses à ces interrogations aboutiront à l’élaboration de plusieurs recommandations pour une amélioration durable du droit de la santé sexuelle et reproductive des adolescentes au Togo et au Niger.

Etat des lieux au Togo

En Afrique de l’Ouest et plus précisément au Togo, plus de la moitié de la population a moins de 25 ans. Cette population jeune souffre d’un manque criard d’accès à des informations fiables et à des services de soins adaptés, facilement accessibles. Ces lacunes sont étroitement liées à la persistance de tabous, de croyances religieuses et de certaines pratiques culturelles vétustes de longues années. Il s’agit de lutter contre les Infections sexuellement transmissibles (dont le VIH), les avortements non sécurisés, les grossesses précoces, et les violences basées sur le genre : des risques auxquels les jeunes filles et femmes sont davantage exposées. Les adolescents et jeunes filles ont besoin d’une bonne prise en charge. Si les pays ont ratifié des traités internationaux relatifs aux droits et à la santé sexuelle et reproductive, l’application au Togo pose d’énormes problèmes dans sa globalité. Les gouvernants en charge des politiques ne s’approprient pas suffisamment ces questions.

Malgré que la loi reconnaisse que le droit de la personne à la santé de la reproduction est un droit humain, inviolable, universel inaliénable et imprescriptible et que tout individu a le droit de jouir du meilleur état de santé qu’il est possible d’atteindre (confère article6,7 et 8), les pouvoirs togolais ont tendance à se débarrasser de leurs responsabilités.L’abus sexuel au Togo fait partie des maux qui minent la stabilité du pays. Depuis plusieurs années, le contexte économique et socio-politique engendre une destruction des indicateurs sociaux de base : Baisse de la scolarisation, hausse de la mortalité infantile, augmentation de l’insécurité, augmentation des enfants travailleurs. Dans de nombreux cas, les adolescents se retrouvent entre les mains de personnes mal intentionnées et subissent toutes sortes de violences psychologiques et sexuelles physiques.

Les défis

Les conséquences de la pandémie du COVID19 sont désastreuses pour les jeunes, qui perçoivent leurs droits et leurs choix considérablement réduits par la le manque d’accès à l’éducation, à l’emploi, et aux services essentiels, notamment aux services de santé sexuelle et reproductive. Les jeunes filles et les jeunes femmes sont particulièrement vulnérables.

Santé sexuelle et avenir des jeunes : quelle relation ?

Ils doivent pouvoir être libres de choisir leur partenaire, de se marier ou non et d’avoir ou non des enfants. Malheureusement aujourd’hui, une fille mineure sur trois se marie sans son consentement et des plusieurs centaines de milles d’adolescents deviennent mères chaque année. Une femme doit pouvoir choisir d’interrompre une grossesse si cette grossesse n’est désirée ou au contraire de l’amener à terme dans de bonnes conditions pour elle et son bébé. Mais près d’un million de femmes au Togo n’ont pas accès aux méthodes de contraception efficace. Résultat, une grossesse sur dix  se termine par un avortement non médicalisé ce qui entraine le décès de 47 milles femmes chaque année.

Un continuum de soin efficace doit favoriser le droit et l’accès équitable à des services de santé de qualité, mais des millions de femmes en sont privées parce que certains gouvernements leur interdisent ou parce qu’elles n’en ont pas les moyens ou simplement parce que les centres de santé sont trop éloignés ou non adaptés. Un accès universel à la contraception permettrait de réduire de plus de 2/3 le nombre de grossesse non désirées et d’avortement à risque. Si le droit des femmes était respecté elles seraient moins exposées aux risques de transmissions du VIH, leur taux d’infection étant deux fois plus élevé que celui des hommes. Les femmes et les adolescents émancipés sont à même d’exercer leur droit et d’agir sur leurs vies, ont plus de chance de poursuivre leurs études, de mener une carrière professionnelle et de participer à la vie publique mais aussi d’investir dans la santé et l’éducation de leurs propres filles ce qui contribue à diminuer les inégalités de genre

Le cadre juridique et institutionnel :

Au Togo, les indicateurs de droits à la santé sexuelle et reproductive restent préoccupants. Les défis de santé liés à la santé sexuelle et reproductive représentent ainsi une problématique majeure de par leur prévalence. Chez les jeunes et les adolescentes en particulier, l’amélioration de l’accès à des services de santé sexuelle et reproductive est un enjeu stratégique. Dans le but de renforcer  les actions des acteurs de développement au Togo en matière de Droit de la Santé sexuelle et de la Reproduction afin qu’il y ait au sein des communautés des changements de comportement en la matière, le Togo dispose depuis 2007 des lois et des sanctions auxquelles s’exposent tous contrevenants. Il s’agit du code de l’enfant au Togo. Ce code définit l’enfant comme tout être humain âgé de moins de 18ans. Punit sévèrement toute personne coupable d’acte d’inceste, de pédophilie, ou d’abus sexuel sur un adolescent (e). La première chose qui frappe donc à l’œil au regard du code de l’enfant c’est l’abus sexuel. A en croire l’article 396, constitue un abus sexuel sur une adolescente ou un mineur le fait, par tout individu en situation de puissance ou de confiance ou par toute personne à l’égard de qui l’enfant est en situation de faiblesse ou de dépendance, de soumettre celui-ci à des contacts sexuels. Au Togo, l’abus sexuel commis sur un enfant est puni de un à cinq ans d’emprisonnement.

Politiques et lois sur les droits de santé sexuelle et de la reproduction au Niger :

Les barrières socioculturelles et le fait que la santé sexuelle des jeunes soit considérée comme un sujet hautement tabou au Niger rend difficiles toutes discussions et tous débats sur la sexualité et  crée par conséquent des obstacles à son éradication quand bien même qu’il existe des lois qui condamnent cet état de chose. Ceci dit, l’existence de lois et des traités en faveur des jeunes filles et des femmes ne signifie pas qu’ils sont appliqués. Mais, même s’il existe des carences, le paysage législatif et politique regorge d’éléments importants sur lesquels se baser pour influencer la prise en compte de la santé sexuelle et reproductive des jeunes. Cependant, le niveau de connaissance des lois et du cadre législatif par les instances sommées de les faire appliquer ou même par les populations censées respecter reste très faible. Une des preuves de cette faible applicabilité et de l’incohérence législative au Niger, est celle des victimes d’abus sexuels qui sont astreintes une somme relativement élevée avant d’obtenir le certificat médical, pièce maitresse pour enclencher le processus de dépôt de plainte.

Recommandations

À l’heure où les communautés cherche à mieux se reconstruire, nous nous devons d’assurer l’accès prioritaire des jeunes à l’éducation et aux services dont ils ont besoin pour réaliser leur plein potentiel. Il est essentiel que toutes les générations travaillent ensemble et main dans la main. Ensemble les défis seront relevés pour véritablement aider les jeunes à bâtir un avenir plus inclusif et durable pour tous. Et pour ça, l’éducation complète à la sexualité est une arme sûre. En effet, l’éducation à la sexualité permettra d’enseigner la sexualité sans discrimination ni tabous, en fonction de l’âge, sans jugement de valeur et sur des bases scientifiques.

Il s’agit d’une thématique très importante, que ce soit dans le milieu scolaire ou en dehors : tous les jeunes en ont véritablement besoin. Elle répond en réalité à des préoccupations liées à la santé des adolescentes et des jeunes, à la lutte contre les violences basées sur le genre et à la prévention des grossesses non désirées.

  • Les Etats Togolais et Nigérien devraient prendre en compte ces questions dans les curricula scolaires et reconnaître le volet communautaire, un volet extrêmement important. De façon plus large, il importe de communier les efforts sur tous les fronts et dans la durée, notamment de sortir de l’approche projet pour mettre les acteurs au centre des processus des changements visés.
  • La première chose serait alors de donner la parole aux jeunes, afin qu’ils puissent mieux s’exprimer sur leurs défis quotidiens et participer ainsi à l’élaboration des mesures qui les concernent.La plupart des résultats escomptés seront atteints voire dépassés.
  • Les jeunes eux-mêmes, les leaders religieux, ainsi que les parents, et les autorités locales estimeront avoir pris conscience de l’importance de certaines valeurs, comme le respect mutuel entre hommes et femmes.
  • Accentuer les dispositifs de formation « en cascade » relatifs au module Violences de genre en milieu scolaire tout en facilitant aux inspecteurs d’éducation, afin de permettre une bonne intégration d’autres acteurs qui n’étaient pas forcément présents dès le début du processus. Ce qui permettra par la suite d’élargir le concept de non-violence à travers les acteurs enseignants et non enseignants.
  • Appuyer l’adaptation des centres de santé existants aux besoins des jeunes adolescents c’est-à-dire tenir compte du personnel dédié, l’horaire adapté, l’espace réservé.
  • S’assurer également avec les jeunes et les adolescentes que les lois en vigueur à l’égard de leur santé sexuelle et reproductive sont appliquées sur le terrain et répondent efficacement à leurs besoins.

Participation des Femmes à la gouvernance, aux questions sociales et culturelles par le biais du plaidoyer et de l’élaboration des politiques : Accent sur le Protocole de Maputo

Par Gloria Dossi Sekonnou AGUEH – Présidente du Réseau des Femmes Leaders pour le Développement (RFLD) / Le RFLD est Membre de la Coalition de Solidarité des Femmes Africaines (SOAWR)

En reconnaissance du rôle des femmes dans la démocratie, les États membres de l’Union africaine ont adopté des cadres normatifs et institutionnels qui exigent des États membres qu’ils renforcent la participation des femmes à la démocratie, à la gouvernance et à la prise de décision. Ces cadres normatifs comprennent la Charte de la jeunesse adoptée en 2006, la Charte africaine des droits et du bien-être de l’enfant (1990), la Charte africaine de la démocratie, des élections et de la gouvernance (ACDEG) (2007), la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples (1981), l’Acte constitutif de l’UA (2002), l’Agenda 2030, l’Agenda 2063 et le Protocole à la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples relatif aux droits des femmes en Afrique, plus connu sous le nom de Protocole de Maputo.

L’accent particulier de tous ces cadres normatifs est sur le Protocole de Maputo.

Tous ces instruments engendrent des droits, des devoirs et des libertés qui renforcent la participation significative des femmes aux questions qui concernent leur bien-être, leurs aspirations, la démocratie et la gouvernance. L’un des principaux facteurs d’influence sur la paix et la sécurité ainsi que sur les droits des femmes sur le continent africain est la sécurité humaine. La sécurité des personnes doit être non seulement assurée et maintenue, mais aussi pérennisée. Rappelons que les femmes représentent plus de 55% de la population africaine et jouent un rôle clé dans les espaces publics et privés. Elles sont les gardiennes de la culture dans toutes les communautés.

L’intégration régionale transformationnelle exige que les processus d’établissement d’un développement inclusif et durable soient ancrés dans une gouvernance efficace, efficiente et responsable. Une telle gouvernance démocratique implique que les citoyens puissent devenir les moteurs et les propriétaires de leur propre développement. Il est urgent d’approfondir l’identité partagée, l’unité, l’intégration, la solidarité, la confiance en soi, l’autonomie collective et le respect de soi, autant d’éléments qui contribuent à la cohésion et à la paix durable. Des communautés capables, réactives, responsables et démocratiques engendrent une culture des valeurs et un leadership et des structures basés sur la performance.

Ces communautés disposent de la légitimité et de l’autorité requises, ce qui laisse moins de place aux bouleversements sociaux et aux rébellions nées du mécontentement, de la marginalisation et de l’exclusion. Les gouvernements devraient également renforcer la gestion constructive de la diversité, par le biais de l’engagement et de l’autonomisation des jeunes : politiques linguistiques spécifiques et meilleures pratiques culturelles innovantes, en tant qu’outils de gestion de la diversité et de l’inclusion.

Les femmes et les jeunes ont droit à la participation, à la liberté, à la protection, à l’accès, à la sécurité, ainsi qu’à la protection et aux droits des personnes handicapées. Les pouvoirs publics ont la responsabilité de créer un environnement propice au développement de la jeunesse, en tenant compte des besoins minimaux des jeunes.

Les domaines dans lesquels nous conseillons d’interagir avec les femmes et jeunes sont les suivants : entreprenariat et autonomie financière, implication des jeunes dans la bonne gouvernance et la protection de l’environnement, sensibilisation à l’éducation et à la culture de la paix. N’oublions pas que les défis les plus courants pour les femmes et les jeunes sont : la mobilisation des ressources, l’instrumentalisation des jeunes dans les conflits, les problèmes de mobilisation des jeunes.

En fait, les communautés africaines présentent des différences culturelles minimes, car elles ont une société étroitement liée, qui partage beaucoup de choses en commun et se marie entre elles, ce qui intègre de nombreuses valeurs culturelles dans les différents systèmes tribaux. Les femmes, en vertu de leur importance dans la famille, le secteur productif et les rôles communautaires, peuvent avoir un impact énorme si elles sont utilisées comme un véhicule pour transmettre et éduquer davantage la population et les membres de la famille immédiate sur le concept et les idéaux d’une démocratie appropriée.

Les nouveaux défis qui se présentent actuellement sont : 1) la prise de mesures appropriées pour assurer la représentation des femmes dans les instances de décision à tous les niveaux ; 2) la plus grande implication des femmes dans les organisations politiques et militantes, le renforcement des capacités des femmes en politique (communication en politique, gouvernance, leadership) ; 3) la mobilisation des ressources financières allouées à la promotion du genre. Une fois cet axe trilatéral couvert, il sera plus évident que la promotion et l’inclusion des femmes deviendront une réalité en Afrique.

Bien qu’à un rythme lent, il y a une dynamique vers un environnement politique transformateur qui incarne les principes clés des instruments internationaux et régionaux sur l’égalité des sexes et informe ainsi les priorités politiques et de développement de l’Afrique. Plus précisément, le rôle central des femmes et la nécessité d’assurer leur pleine et égale participation dans tous les domaines sont reflétés dans un certain nombre d’instruments, tant internationaux que régionaux.

Rapport RFLD – Sommet des Jeunes de l’Union Africaine

Sur Invitation de l’Union Africaine, le RFLD a pris part au Sommet des Jeunes de l’Union Africaine en Décembre 2019. Veuillez Télécharger ci-dessous le Rapport du RFLD.

Le Dialogue de haut niveau de 2019 de l’architecture de gouvernance africaine sur la démocratie, les droits de l’homme et la gouvernance : Tendances, défis et perspectives a été consacré au thème de l’Année. Ce dialogue a offert une occasion d’évaluer les progrès réalisés dans la mise en œuvre des cadres normatifs et politiques de l’UA sur le déplacement forcé et de permettre aux États membres, entre autres parties prenantes, de réaffirmer leur engagement à mettre en œuvre des solutions durables et de renforcer leur contribution à la protection et à l’assistance aux réfugiés, déplacés internes et rapatriés en Afrique.

Communiqué de Presse: Consultation Continentale de l’Union Africaine pour la Jeunesse

COMMUNIQUE DE PRESSE

THÈME : LES JEUNES ET LES DÉPLACEMENTS FORCÉS EN AFRIQUE : TENDANCES, DÉFIS ET PERSPECTIVES POUR DES SOLUTIONS DURABLES

La présidente de RFLGD, Mme AGUEH Dossi Gloria Sekonnou, représentera RFLGD lors de la consultation des jeunes de l’Union Africaine à Kampala, en Ouganda, pour débattre des thématiques liées à la migration et aux réfugiés du 02 au 03 décembre 2019.

La Consultation continentale de la jeunesse sera organisée sous les auspices de la Stratégie d’engagement de la jeunesse de l’Architecture de gouvernance africaine (AGA). La Consultation sera convoquée sous le thème « Les jeunes et les déplacements forcés en Afrique : Tendances, défis et perspectives vers des solutions durables ». L’objectif principal de la Consultation est de fournir aux jeunes un espace sûr pour contribuer au discours sur la recherche de solutions durables aux déplacements forcés en Afrique. Les délibérations contribueront aux discussions politiques sur le thème de l’année par les organes politiques de l’UA. La consultation vise également à exploiter les idées, les capacités et la créativité des jeunes pour offrir des solutions au déplacement forcé par le biais d’échanges intergénérationnels et interrégionaux.

Les Consultations de la jeunesse dans le cadre du Dialogue de haut niveau sont une initiative institutionnalisée de la Plateforme africaine de gouvernance visant à faciliter la participation des jeunes aux délibérations politiques sur la démocratie, la gouvernance et les droits humains. La Consultation continentale de la jeunesse sera organisée conjointement par le Département des Affaires Politiques de la Commission de l’Union Africaine en tant qu’entité chef de file pour le thème de l’UA de l’année, avec le soutien du Secrétariat de l’AGA. La Consultation sera accueillie par le Gouvernement de la République de l’Ouganda. D’autres organisations partenaires apporteront un soutien technique et financier au dialogue.

« Personne ne quitte sa maison à moins que sa maison ne soit devenue la gueule d’un requin. » – Warsan Shire

BUT ET OBJECTIFS

L’objectif global des Consultations continentales de la jeunesse est d’offrir un espace collaboratif, ouvert et inclusif pour favoriser une participation significative des jeunes aux délibérations politiques visant à trouver des solutions durables au déplacement forcé en Afrique.
Les objectifs spécifiques de la Consultation continentale de la Jeunesse sont les suivants :

  1. Accroître la compréhension des cadres normatifs et institutionnels qui existent à tous les niveaux en matière de protection et d’assistance aux personnes déplacées, l’accent étant mis en particulier sur les jeunes ;
  2. Recueillir les opinions, les expériences et dissiper les mythes ainsi que les idées fausses sur les jeunes et les déplacements forcés en Afrique ;
  3. Créer un espace de collaboration pour la réflexion intergénérationnelle sur les tendances, les défis et les perspectives liés à l’impact du déplacement forcé en Afrique sur les jeunes ;
  4. Offrir aux jeunes déplacés une plateforme pour partager leurs expériences et les leçons apprises, ainsi que des conversations à la une en tant que parties prenantes majeures dans la réalisation de solutions durables au déplacement forcé en Afrique ; et
  5. Élaborer des stratégies pratiques et des recommandations politiques pour renforcer l’engagement significatif des jeunes dans les politiques et les initiatives programmatiques de protection et d’assistance en faveur de solutions durables.

RÉSULTATS ATTENDUS

Les résultats suivants sont envisagés à l’issue des discussions :

  • Sensibilisation accrue aux cadres normatifs et politiques sur le déplacement forcé en Afrique parmi les jeunes, les organisations et réseaux dirigés et ciblés par des jeunes ;
  • Expériences et enseignements comparables de jeunes déplacés de force ;
  • Renforcement des interactions entre les jeunes et les décideurs politiques à tous les niveaux ;
  • Le rôle des jeunes dans la réalisation de solutions durables est articulé ; et
  • Élaboration de stratégies pratiques et de recommandations politiques visant à renforcer la participation significative des jeunes aux politiques et aux initiatives programmatiques de protection et d’assistance en vue de trouver des solutions durables.

RÉSULTATS ESCOMPTÉS

  • Les résultats suivants seront tirés de la Consultation continentale de la jeunesse :
  • Note d’information sur l’impact des déplacements forcés sur les jeunes et leur rôle dans la recherche de solutions durables ;
  • Un (1) document de travail sur l’impact du déplacement forcé sur les jeunes et leur rôle dans la recherche de solutions durables ;
  • Un compte rendu qui sera largement diffusé de façon créative dans les médias traditionnels et les nouveaux médias ; et
  • Communiqués de presse, entrevues avec les médias et clips sur les médias sociaux.

Twitter Hashtags – #DGTrends et #Nevermychoice

Pour plus d’Informations, Contactez nous au +22962537480 ou soit par email : admin@rflgd.org

Emplois, Entrepreneuriat et Développement des Capacités pour les Jeunes Africains

AUTEURS: AGUEH Gloria Dossi Sekonou

L’Afrique, ce continent au fort potentiel de développement se trouve depuis des décennies face à un dilemme auquel les actions collectives et individuelles tentent de trouver une issue : Eriger une échelle ou creuser un gouffre pour sa jeunesse ?

Cette question inconsciente se traduit par la crainte des politiques de voir la jeunesse dévier et dériver après avoir tout reçu sur un plateau grâce à l’échelle, ou à voir cette jeunesse sombrer sans espoir après avoir été plongé dans un gouffre duquel elle devait se déployer pour s’en sortir et réaliser son plein potentiel en accomplissant d’immenses exploits. Nous préconisons de bâtir une échelle inclusive comme cette Tour de Babel qui fût crainte même par Dieu ; car quand le chemin est ouvert et que l’issue finale est bénéfique pour tous, les capacités individuelles se développent et se déploient à leur maximum.

  • Mais comment bâtirons-nous cette échelle pour la jeunesse ?
  • Quels sont les piliers sur lesquels reposer ?
  • Quels sont les domaines et champs d’actions favorables au développement de la jeunesse du continent Africain ?

Tous les hommes sont nés égaux dit-on ; avec les mêmes droits inaliénables de réalisation et d’accomplissement. Dans nos sociétés africaines, ce droit de réalisation et d’accomplissement se matérialise à travers une vie active productive ; soit par un emploi décent, ou la possession d’une entreprise florissante contribuant activement au bien-être de la famille et à stimuler l’économie, créant des emplois et soutenant des œuvres de tout ordre. C’est alors à ce niveau que s’exprime le devoir des politiques envers la cité et plus particulièrement envers sa jeunesse qui constitue le fer de lance de toute nation.

L’Organisation des Nations Unies, par son assemblé générale, ainsi que tous les organes de cette institution se sont accordés avec les gouvernement pour porter comme objectifs mondiaux et priorités de développement la création d’emplois décents pour tous et le renforcement des partenariats entre les institutions pour une globalisation plus effective, comme le confère les Objectifs pour le Développement Durable[1]. Alors, comment pouvons-nous traduire ces conventions au niveau continental et en assurer leur réussite ?

L’Education au cœur du développement

Tout développement et évolution passe par la maitrise et l’application des compétences, capacités et savoirs passés et contemporains pointus. De ce fait, la priorité doit être donnée au développement des capacités pour les jeunes africains. Cela est possible d’être réalisé à trois différents niveaux.

D’abord, il est crucial d’enclencher une réforme totale du secteur de l’éducation en Afrique pour qu’il soit davantage actualisé et sensible à la dynamique des questions économiques, environnementales et sociales actuelles, ainsi que des réalités du marché du travail dans le contexte africain. Car avec l’évolution du monde, certains secteurs tels que l’agriculture, le transport, la communication touchés par les technologies numériques qui ont bouleversé et radicalement transformé les modes de vie de nos sociétés sont devenus des secteurs à fort potentiel de croissance. Il s’avère important de prendre en compte ces considérations dans les orientations éducatives et de formation technique et professionnelle en Afrique.

Aujourd’hui en Afrique et partout ailleurs, force est de constater que l’analphabète contemporain n’est plus celui qui ne sait ni lire, écrire et compter, mais bien celui qui ne sait pas se servir d’un ordinateur. D’aucuns iront plus loin en disant que l’analphabète contemporain est celui qui ne sait pas écrire une ligne de code numérique. Nous pensons alors que les compétences dans ce secteur doivent faire partie des priorités de formation en Afrique.

Ensuite, nous devons renforcer les institutions techniques et organes sectoriels travaillant sur les questions d’autonomisation des jeunes à tous les niveaux afin que ceux-ci soient outillés pour améliorer et renforcer les capacités des jeunes diplômés et les guider vers une autonomisation plus pertinente et durable.

Enfin, nous croyons que la création d’une plateforme continentale et l’harmonisation des curricula universitaires et de la formation professionnelle et technique est une alternative permettant une coopération continentale en Afrique pour le transfert sud-sud de connaissances, de compétences et la promotion d’un développement durable holistique.

Des Compétences pour l’emploi et non pour le placard

Tout en assurant une restructuration de l’éducation en corrélation avec le marché du travail sur le continent, il est autant important de prendre les dispositions nécessaires et les mesures idoines pour offrir de l’emploi à cette jeunesse dont les compétences et capacités se trouvent renforcées et améliorées.

Nous revenons ainsi au devoir des politiques sus explicités envers la société et surtout vis-à-vis de la jeunesse, qui pour le cas d’espèce est applicables à deux échelons et dépendent d’une forte volonté politique de créer un changement durable.

D’un côté, il faudra des institutions pour l’accompagnement à l’insertion professionnelle des jeunes diplômés ayant un programme et un agenda objectif en terme de création et de développement de l’emploi à court, moyen et long terme, qui seront des passerelles permanentes entre les demandeurs d’emploi et les entreprises pourvoyeuses de ces emplois. Ces institutions seraient un maillon essentiel utile à la compréhension de la dynamique du marché du travail en Afrique.

De l’autre côté, les gouvernements doivent élaborer des mesures fiscales et mettre en place des dispositifs juridiques et administratifs favorisant l’implantation des industries, l’ouverture de filiales massives des multinationales et d’entreprises internationales pour favoriser la création d’emplois en rapport avec les orientations économiques actuelles et les accords économiques.

C’est en l’état que la pertinences d’une plateforme africaine pour l’emploi s’exprime. Car elle favorisera le transfert de compétences et la coopération à l’échelle continentale.

L’ère de l’innovation n’est pas encore achevée

Aussi, savons-nous que l’esprit d’entreprise est le pilier central du développement économique des pays. Ce sont les acteurs du secteur privé qui font vivre l’économie d’un pays. Voilà pourquoi il reste fondamental d’entreprendre des réformes institutionnelles visant à :

  • Promouvoir l’innovation : c’est le désir d’améliorer les conditions de vie de la race humaine qui a vu naître les plus grandes inventions dont nous bénéficions des avantages encore aujourd’hui. Cette capacité à l’innovation doit être portée, partagée, entretenue et promue dans toutes les sphères (politique, éducation, justice, administration, etc.), et cela est possible avec des législations fortes et pertinentes portées par nos Etats. L’esprit d’innovation est un sol duquel la créativité et les technologies prennent leur envol. L’Afrique ne devant pas rester en marge de ce boom a un rôle à jouer étant donné que beaucoup de choses sont encore possible d’être transformées, améliorées sur le continent.
  • Promouvoir l’esprit d’entreprise : en plus des aptitudes et compétences, le cadre juridique, institutionnel, économique et des conditions d’accompagnement doivent être mises en place afin de mener la jeunesse du continent à saisir le chemin de l’entrepreneuriat, d’autant plus que les domaines et champs d’actions sont multiples et variés. Ce potentiel doit être déployé, soutenu en Afrique autant en même plus que ce n’est le cas en Europe et en Amérique, d’où nous sommes témoins des innovations, produits, entreprises, et l’essor que connait ces économies portées par leur jeunesse entreprenante et dynamique soutenu par un système bancaire favorable à l’entrepreneuriat qui a été rendu possible par l’action des législations et des hommes politiques. Car du développement des entreprises découlera plus d’emplois, une économie plus florissante et un développement durable plus soutenue pour l’Afrique.
  • Promouvoir la participation citoyenne : au-delà des droits à la réalisation, la jeunesse doit contribuer à soutenir l’économie, la justice sociale qui est un devoir citoyen régalien. Nous croyons que la mise en place de ce contexte pluridimensionnel dans nos Etats et pays africains est la cadre favorable à une participation plus active de la jeunesse du continent à son développement.

Le champ d’action se présente comme une suite logique et complémentaire de dispositions légales et d’une volonté politique de construire une jeunesse autonome, dynamique et durable. Nous pouvons donc de ce parcours conclure que le chemin vers l’autonomisation de la jeunesse africaine passe d’abord par une action émanant du pouvoir dont les orientations doivent être définies fonction des questions mondiales mais adaptées au contexte africain. Le plein potentiel de cette jeunesse ne pourra être réalisé que lorsque chacun et tous aura une chance de bénéficier des mêmes opportunités et de contribuer de manière active à l’atteinte des Objectifs de Développement économiques locaux et régionaux. L’engagement pour faire de cet objectif une réalité doit venir de chacune des parties foulant le sol de notre cher continent. Nous devons tous donc travailler à ériger cette échelle pour notre Afrique.


[1] https://www.un.org/sustainabledevelopment/fr/objectifs-de-developpement-durable/