Rapport RFLD – Sommet des Jeunes de l’Union Africaine

Sur Invitation de l’Union Africaine, le RFLD a pris part au Sommet des Jeunes de l’Union Africaine en Décembre 2019. Veuillez Télécharger ci-dessous le Rapport du RFLD.

Le Dialogue de haut niveau de 2019 de l’architecture de gouvernance africaine sur la démocratie, les droits de l’homme et la gouvernance : Tendances, défis et perspectives a été consacré au thème de l’Année. Ce dialogue a offert une occasion d’évaluer les progrès réalisés dans la mise en œuvre des cadres normatifs et politiques de l’UA sur le déplacement forcé et de permettre aux États membres, entre autres parties prenantes, de réaffirmer leur engagement à mettre en œuvre des solutions durables et de renforcer leur contribution à la protection et à l’assistance aux réfugiés, déplacés internes et rapatriés en Afrique.

Communiqué de Presse: Consultation Continentale de l’Union Africaine pour la Jeunesse

COMMUNIQUE DE PRESSE

THÈME : LES JEUNES ET LES DÉPLACEMENTS FORCÉS EN AFRIQUE : TENDANCES, DÉFIS ET PERSPECTIVES POUR DES SOLUTIONS DURABLES

La présidente de RFLGD, Mme AGUEH Dossi Gloria Sekonnou, représentera RFLGD lors de la consultation des jeunes de l’Union Africaine à Kampala, en Ouganda, pour débattre des thématiques liées à la migration et aux réfugiés du 02 au 03 décembre 2019.

La Consultation continentale de la jeunesse sera organisée sous les auspices de la Stratégie d’engagement de la jeunesse de l’Architecture de gouvernance africaine (AGA). La Consultation sera convoquée sous le thème « Les jeunes et les déplacements forcés en Afrique : Tendances, défis et perspectives vers des solutions durables ». L’objectif principal de la Consultation est de fournir aux jeunes un espace sûr pour contribuer au discours sur la recherche de solutions durables aux déplacements forcés en Afrique. Les délibérations contribueront aux discussions politiques sur le thème de l’année par les organes politiques de l’UA. La consultation vise également à exploiter les idées, les capacités et la créativité des jeunes pour offrir des solutions au déplacement forcé par le biais d’échanges intergénérationnels et interrégionaux.

Les Consultations de la jeunesse dans le cadre du Dialogue de haut niveau sont une initiative institutionnalisée de la Plateforme africaine de gouvernance visant à faciliter la participation des jeunes aux délibérations politiques sur la démocratie, la gouvernance et les droits humains. La Consultation continentale de la jeunesse sera organisée conjointement par le Département des Affaires Politiques de la Commission de l’Union Africaine en tant qu’entité chef de file pour le thème de l’UA de l’année, avec le soutien du Secrétariat de l’AGA. La Consultation sera accueillie par le Gouvernement de la République de l’Ouganda. D’autres organisations partenaires apporteront un soutien technique et financier au dialogue.

« Personne ne quitte sa maison à moins que sa maison ne soit devenue la gueule d’un requin. » – Warsan Shire

BUT ET OBJECTIFS

L’objectif global des Consultations continentales de la jeunesse est d’offrir un espace collaboratif, ouvert et inclusif pour favoriser une participation significative des jeunes aux délibérations politiques visant à trouver des solutions durables au déplacement forcé en Afrique.
Les objectifs spécifiques de la Consultation continentale de la Jeunesse sont les suivants :

  1. Accroître la compréhension des cadres normatifs et institutionnels qui existent à tous les niveaux en matière de protection et d’assistance aux personnes déplacées, l’accent étant mis en particulier sur les jeunes ;
  2. Recueillir les opinions, les expériences et dissiper les mythes ainsi que les idées fausses sur les jeunes et les déplacements forcés en Afrique ;
  3. Créer un espace de collaboration pour la réflexion intergénérationnelle sur les tendances, les défis et les perspectives liés à l’impact du déplacement forcé en Afrique sur les jeunes ;
  4. Offrir aux jeunes déplacés une plateforme pour partager leurs expériences et les leçons apprises, ainsi que des conversations à la une en tant que parties prenantes majeures dans la réalisation de solutions durables au déplacement forcé en Afrique ; et
  5. Élaborer des stratégies pratiques et des recommandations politiques pour renforcer l’engagement significatif des jeunes dans les politiques et les initiatives programmatiques de protection et d’assistance en faveur de solutions durables.

RÉSULTATS ATTENDUS

Les résultats suivants sont envisagés à l’issue des discussions :

  • Sensibilisation accrue aux cadres normatifs et politiques sur le déplacement forcé en Afrique parmi les jeunes, les organisations et réseaux dirigés et ciblés par des jeunes ;
  • Expériences et enseignements comparables de jeunes déplacés de force ;
  • Renforcement des interactions entre les jeunes et les décideurs politiques à tous les niveaux ;
  • Le rôle des jeunes dans la réalisation de solutions durables est articulé ; et
  • Élaboration de stratégies pratiques et de recommandations politiques visant à renforcer la participation significative des jeunes aux politiques et aux initiatives programmatiques de protection et d’assistance en vue de trouver des solutions durables.

RÉSULTATS ESCOMPTÉS

  • Les résultats suivants seront tirés de la Consultation continentale de la jeunesse :
  • Note d’information sur l’impact des déplacements forcés sur les jeunes et leur rôle dans la recherche de solutions durables ;
  • Un (1) document de travail sur l’impact du déplacement forcé sur les jeunes et leur rôle dans la recherche de solutions durables ;
  • Un compte rendu qui sera largement diffusé de façon créative dans les médias traditionnels et les nouveaux médias ; et
  • Communiqués de presse, entrevues avec les médias et clips sur les médias sociaux.

Twitter Hashtags – #DGTrends et #Nevermychoice

Pour plus d’Informations, Contactez nous au +22962537480 ou soit par email : admin@rflgd.org

Emplois, Entrepreneuriat et Développement des Capacités pour les Jeunes Africains

AUTEURS: AGUEH Gloria Dossi Sekonou

L’Afrique, ce continent au fort potentiel de développement se trouve depuis des décennies face à un dilemme auquel les actions collectives et individuelles tentent de trouver une issue : Eriger une échelle ou creuser un gouffre pour sa jeunesse ?

Cette question inconsciente se traduit par la crainte des politiques de voir la jeunesse dévier et dériver après avoir tout reçu sur un plateau grâce à l’échelle, ou à voir cette jeunesse sombrer sans espoir après avoir été plongé dans un gouffre duquel elle devait se déployer pour s’en sortir et réaliser son plein potentiel en accomplissant d’immenses exploits. Nous préconisons de bâtir une échelle inclusive comme cette Tour de Babel qui fût crainte même par Dieu ; car quand le chemin est ouvert et que l’issue finale est bénéfique pour tous, les capacités individuelles se développent et se déploient à leur maximum.

  • Mais comment bâtirons-nous cette échelle pour la jeunesse ?
  • Quels sont les piliers sur lesquels reposer ?
  • Quels sont les domaines et champs d’actions favorables au développement de la jeunesse du continent Africain ?

Tous les hommes sont nés égaux dit-on ; avec les mêmes droits inaliénables de réalisation et d’accomplissement. Dans nos sociétés africaines, ce droit de réalisation et d’accomplissement se matérialise à travers une vie active productive ; soit par un emploi décent, ou la possession d’une entreprise florissante contribuant activement au bien-être de la famille et à stimuler l’économie, créant des emplois et soutenant des œuvres de tout ordre. C’est alors à ce niveau que s’exprime le devoir des politiques envers la cité et plus particulièrement envers sa jeunesse qui constitue le fer de lance de toute nation.

L’Organisation des Nations Unies, par son assemblé générale, ainsi que tous les organes de cette institution se sont accordés avec les gouvernement pour porter comme objectifs mondiaux et priorités de développement la création d’emplois décents pour tous et le renforcement des partenariats entre les institutions pour une globalisation plus effective, comme le confère les Objectifs pour le Développement Durable[1]. Alors, comment pouvons-nous traduire ces conventions au niveau continental et en assurer leur réussite ?

L’Education au cœur du développement

Tout développement et évolution passe par la maitrise et l’application des compétences, capacités et savoirs passés et contemporains pointus. De ce fait, la priorité doit être donnée au développement des capacités pour les jeunes africains. Cela est possible d’être réalisé à trois différents niveaux.

D’abord, il est crucial d’enclencher une réforme totale du secteur de l’éducation en Afrique pour qu’il soit davantage actualisé et sensible à la dynamique des questions économiques, environnementales et sociales actuelles, ainsi que des réalités du marché du travail dans le contexte africain. Car avec l’évolution du monde, certains secteurs tels que l’agriculture, le transport, la communication touchés par les technologies numériques qui ont bouleversé et radicalement transformé les modes de vie de nos sociétés sont devenus des secteurs à fort potentiel de croissance. Il s’avère important de prendre en compte ces considérations dans les orientations éducatives et de formation technique et professionnelle en Afrique.

Aujourd’hui en Afrique et partout ailleurs, force est de constater que l’analphabète contemporain n’est plus celui qui ne sait ni lire, écrire et compter, mais bien celui qui ne sait pas se servir d’un ordinateur. D’aucuns iront plus loin en disant que l’analphabète contemporain est celui qui ne sait pas écrire une ligne de code numérique. Nous pensons alors que les compétences dans ce secteur doivent faire partie des priorités de formation en Afrique.

Ensuite, nous devons renforcer les institutions techniques et organes sectoriels travaillant sur les questions d’autonomisation des jeunes à tous les niveaux afin que ceux-ci soient outillés pour améliorer et renforcer les capacités des jeunes diplômés et les guider vers une autonomisation plus pertinente et durable.

Enfin, nous croyons que la création d’une plateforme continentale et l’harmonisation des curricula universitaires et de la formation professionnelle et technique est une alternative permettant une coopération continentale en Afrique pour le transfert sud-sud de connaissances, de compétences et la promotion d’un développement durable holistique.

Des Compétences pour l’emploi et non pour le placard

Tout en assurant une restructuration de l’éducation en corrélation avec le marché du travail sur le continent, il est autant important de prendre les dispositions nécessaires et les mesures idoines pour offrir de l’emploi à cette jeunesse dont les compétences et capacités se trouvent renforcées et améliorées.

Nous revenons ainsi au devoir des politiques sus explicités envers la société et surtout vis-à-vis de la jeunesse, qui pour le cas d’espèce est applicables à deux échelons et dépendent d’une forte volonté politique de créer un changement durable.

D’un côté, il faudra des institutions pour l’accompagnement à l’insertion professionnelle des jeunes diplômés ayant un programme et un agenda objectif en terme de création et de développement de l’emploi à court, moyen et long terme, qui seront des passerelles permanentes entre les demandeurs d’emploi et les entreprises pourvoyeuses de ces emplois. Ces institutions seraient un maillon essentiel utile à la compréhension de la dynamique du marché du travail en Afrique.

De l’autre côté, les gouvernements doivent élaborer des mesures fiscales et mettre en place des dispositifs juridiques et administratifs favorisant l’implantation des industries, l’ouverture de filiales massives des multinationales et d’entreprises internationales pour favoriser la création d’emplois en rapport avec les orientations économiques actuelles et les accords économiques.

C’est en l’état que la pertinences d’une plateforme africaine pour l’emploi s’exprime. Car elle favorisera le transfert de compétences et la coopération à l’échelle continentale.

L’ère de l’innovation n’est pas encore achevée

Aussi, savons-nous que l’esprit d’entreprise est le pilier central du développement économique des pays. Ce sont les acteurs du secteur privé qui font vivre l’économie d’un pays. Voilà pourquoi il reste fondamental d’entreprendre des réformes institutionnelles visant à :

  • Promouvoir l’innovation : c’est le désir d’améliorer les conditions de vie de la race humaine qui a vu naître les plus grandes inventions dont nous bénéficions des avantages encore aujourd’hui. Cette capacité à l’innovation doit être portée, partagée, entretenue et promue dans toutes les sphères (politique, éducation, justice, administration, etc.), et cela est possible avec des législations fortes et pertinentes portées par nos Etats. L’esprit d’innovation est un sol duquel la créativité et les technologies prennent leur envol. L’Afrique ne devant pas rester en marge de ce boom a un rôle à jouer étant donné que beaucoup de choses sont encore possible d’être transformées, améliorées sur le continent.
  • Promouvoir l’esprit d’entreprise : en plus des aptitudes et compétences, le cadre juridique, institutionnel, économique et des conditions d’accompagnement doivent être mises en place afin de mener la jeunesse du continent à saisir le chemin de l’entrepreneuriat, d’autant plus que les domaines et champs d’actions sont multiples et variés. Ce potentiel doit être déployé, soutenu en Afrique autant en même plus que ce n’est le cas en Europe et en Amérique, d’où nous sommes témoins des innovations, produits, entreprises, et l’essor que connait ces économies portées par leur jeunesse entreprenante et dynamique soutenu par un système bancaire favorable à l’entrepreneuriat qui a été rendu possible par l’action des législations et des hommes politiques. Car du développement des entreprises découlera plus d’emplois, une économie plus florissante et un développement durable plus soutenue pour l’Afrique.
  • Promouvoir la participation citoyenne : au-delà des droits à la réalisation, la jeunesse doit contribuer à soutenir l’économie, la justice sociale qui est un devoir citoyen régalien. Nous croyons que la mise en place de ce contexte pluridimensionnel dans nos Etats et pays africains est la cadre favorable à une participation plus active de la jeunesse du continent à son développement.

Le champ d’action se présente comme une suite logique et complémentaire de dispositions légales et d’une volonté politique de construire une jeunesse autonome, dynamique et durable. Nous pouvons donc de ce parcours conclure que le chemin vers l’autonomisation de la jeunesse africaine passe d’abord par une action émanant du pouvoir dont les orientations doivent être définies fonction des questions mondiales mais adaptées au contexte africain. Le plein potentiel de cette jeunesse ne pourra être réalisé que lorsque chacun et tous aura une chance de bénéficier des mêmes opportunités et de contribuer de manière active à l’atteinte des Objectifs de Développement économiques locaux et régionaux. L’engagement pour faire de cet objectif une réalité doit venir de chacune des parties foulant le sol de notre cher continent. Nous devons tous donc travailler à ériger cette échelle pour notre Afrique.


[1] https://www.un.org/sustainabledevelopment/fr/objectifs-de-developpement-durable/