« Je m’appelle Kwassi, et aujourd’hui, je vais partager avec vous une histoire qui a marqué ma vie d’une empreinte douloureuse. C’est une histoire de violence basée sur le genre, une réalité cruelle que j’ai vécue au Togo, et qui continue à hanter mes jours et mes nuits.
Tout a commencé comme un conte de fées. J’ai rencontré Koffi, un homme charismatique qui semblait être l’incarnation de mes rêves les plus profonds. Au début, son amour était passionné, ses gestes doux semblaient être une promesse de bonheur éternel. Cependant, au fil du temps, ces gestes tendres ont cédé la place à un côté obscur que je n’avais jamais imaginé. La violence basée sur le genre s’est manifestée d’abord par des paroles acerbes, des critiques constantes sur ma façon de m’habiller, de parler, de marcher. Koffi utilisait les mots comme des lames tranchantes, et chaque remarque désobligeante était comme une piqûre empoisonnée qui s’infiltrait dans mon estime de soi. “Tu es trop ambitieuse pour une femme”, “Tu devrais te taire et suivre mes ordres”, des phrases qui résonnaient dans ma tête comme un leitmotiv de ma soumission forcée.
Les humiliations publiques sont devenues monnaie courante. Koffi ne manquait jamais une occasion de me rabaisser devant les autres, déchirant en lambeaux l’image que je m’efforçais de maintenir. La violence psychologique était insidieuse, car elle s’insinuait dans chaque interaction, empoisonnant la joie qui aurait dû être naturelle dans une relation saine. Puis vint le jour où les paroles ont cédé la place aux actes. Les gestes tendres se sont transformés en poings rageurs, les caresses en étreintes suffocantes. La violence physique s’est entrelacée avec la violence psychologique, créant un cocktail dévastateur qui éclipsait le soleil de ma vie. Chaque coup était accompagné de promesses brisées et de pleurs étouffés dans l’obscurité. Le piège était serré, et chaque tentative de fuite était accueillie par des menaces, des promesses de représailles plus brutales. La peur m’a gardée prisonnière, et j’ai commencé à me convaincre que je méritais cette vie de misère. La violence basée sur le genre avait réussi à éteindre l’étincelle de mon propre estime de soi, me laissant dans l’ombre de ce que j’aurais pu être.
La vie sociale a été la première à s’effriter. Mes amis s’éloignaient, effrayés par l’ombre sombre qui planait sur ma vie. La violence basée sur le genre a un pouvoir insidieux de couper les liens les plus précieux, laissant la victime isolée dans sa douleur. L’impact sur ma carrière a été dévastateur. Les ecchymoses étaient cachées sous des couches de maquillage, mais la douleur mentale était visible dans mes yeux fatigués. Les opportunités se sont évanouies, et ma vie professionnelle a été étouffée par les chaînes invisibles de la violence. La vie conjugale, censée être un partenariat, s’est transformée en un champ de bataille constant. Les moments de paix étaient éphémères, noyés dans le spectre constant de la terreur. La violence basée sur le genre avait détruit l’amour et transformé la maison en un lieu de torture émotionnelle. Cependant, le point de bascule est venu lorsque j’ai réalisé que ma vie ne pouvait plus être définie par la peur et la douleur. La violence basée sur le genre m’avait volé tant de choses, mais elle n’avait pas réussi à voler ma détermination à survivre. Avec un mélange de courage et de désespoir, j’ai réussi à m’échapper de cet enfer. La route de la guérison a été longue, parsemée de larmes et de moments de désespoir. Mais chaque pas était une victoire, chaque journée sans violence était une renaissance. Aujourd’hui, je raconte mon histoire non pas pour susciter la pitié, mais pour révéler la cruauté de la violence basée sur le genre. Ma voix est un cri d’avertissement, une invitation à briser le silence qui entoure cette réalité trop répandue au Togo et au-delà.