Les Violences basées sur genre demeurent un défi majeur dans de nombreuses sociétés, y compris en Côte d’Ivoire. Pour mieux comprendre la réalité de cette problématique et les actions entreprises pour y faire face, nous avons eu l’opportunité d’interviewer Mme. DRISSA A., une militante passionnée et engagée dans la lutte contre les violences en Côte d’Ivoire.
Merci de vous joindre à nous aujourd’hui. Pouvez-vous nous parler de votre engagement dans la lutte contre les Violences Basées sur le Genre dans votre pays ?
Tout d’abord, merci de me donner l’occasion de m’exprimer sur cette question cruciale. Mon engagement découle de ma conviction profonde que chaque individu mérite de vivre dans un environnement sûr, exempt de violences et de discriminations basées sur le genre. En tant que femme ivoirienne, je ressens la responsabilité de contribuer à un changement positif dans notre société.
Pouvez-vous nous donner un aperçu de la situation actuelle des VBG en Cote d’Ivoire ?
Malheureusement, les VBG persistent sur la terre ivoirienne, prenant différentes formes telles que les violences domestiques, les mutilations génitales féminines, le harcèlement sexuel, et bien d’autres. L’une des principales problématiques est le manque de sensibilisation et de compréhension de ces violences au sein de la société. Selon les données rapportées par le représentant du ministère en charge de la femme, le récent rapport sur les Violences Basées sur le Genre (VBG) de l’année 2022 met en lumière une réalité alarmante en Côte d’Ivoire, avec un total de 7 919 cas enregistrés. Parmi ceux-ci, on dénombre 1 198 cas de viols, 260 cas d’agressions sexuelles, 1826 cas d’agressions physiques, 182 cas de mariages forcés, 3073 cas de déni de ressources, d’opportunités et de services, ainsi que 1380 cas de violences psychologiques et émotionnelles. Il est important de noter que ces chiffres reflètent uniquement les cas qui ont été signalés et pris en charge par les services sociaux. Ces statistiques poignantes soulignent la persistance des femmes et des filles dans un état de vulnérabilité et de dépendance sociale et économique, les privant ainsi de la possibilité d’exprimer pleinement leur potentiel. En réponse à cette réalité troublante, le représentant a souligné l’impératif de traiter de manière judicieuse l’information liée aux cas de VBG à travers les médias. Cette approche devient cruciale pour susciter la mobilisation et l’engagement des citoyens contre toutes les formes de violences basées sur le genre.Haut du formulaire
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Quelles actions concrètes sont entreprises pour lutter contre les VBG en Côte d’Ivoire ?
Plusieurs organisations non gouvernementales, dont celle à laquelle je suis affiliée, travaillent sans relâche pour sensibiliser la population aux violences. Des programmes éducatifs sont mis en place dans les écoles pour promouvoir l’égalité des sexes et le respect mutuel. Des centres de soutien aux victimes sont également créés, offrant un refuge sûr et des ressources aux personnes affectées. Les autorités étatiques également de leur côté ont mené des actions salutaires dont il faut reconnaitre l’adoption de lois spécifiques pour lutter contre les violences faites aux femmes, telles que la loi sur les violences basées sur le genre, la création de structures dédiées pour traiter les cas de violences faites aux femmes, notamment des centres d’accueil et des bureaux au sein des ministères dédiés, des campagnes de sensibilisation à l’échelle nationale pour informer le public sur les conséquences des violences faites aux femmes, encourager la dénonciation et promouvoir l’égalité des sexes, la formation des forces de l’ordre et du personnel judiciaire pour sensibiliser les forces de l’ordre et le personnel judiciaire aux problématiques des violences faites aux femmes, améliorant ainsi la qualité des enquêtes et des procédures judiciaires. Et le partenariat avec des organisations non gouvernementales dans le domaine des droits des femmes pour renforcer les actions de prévention et de soutien aux victimes. Il est cependant important de noter que la lutte contre les violences faites aux femmes est un processus continu, et de nouvelles initiatives peuvent être mises en œuvre au fil du temps pour renforcer la protection des femmes en Côte d’Ivoire.
Comment percevez-vous l’efficacité de ces actions jusqu’à présent ?
Il est essentiel de souligner que l’éradication des violences faites aux femmes nécessite une approche holistique, combinant des mesures préventives, de protection et de poursuite judiciaire. Les progrès peuvent être graduels, et une évaluation continue des stratégies et des programmes est cruciale pour ajuster les approches en fonction des besoins changeants. Cependant, de façon globale il y a eu des progrès significatifs, mais il reste encore beaucoup à faire. La sensibilisation progresse, mais il est essentiel d’impliquer davantage la communauté et d’améliorer l’accès aux services de soutien. Le changement prend du temps, mais nous sommes sur la bonne voie.
Quels sont les principaux défis auxquels vous faites face dans votre travail de sensibilisation ?
Le principal défi est de changer les mentalités enracinées dans la société. Les stéréotypes de genre persistent, alimentant les VBG. Il est crucial de continuer à éduquer et à remettre en question ces normes pour instaurer un changement culturel durable.
Pour conclure, quel message aimeriez-vous transmettre à ceux qui liront cet article ?
La lutte contre les violences verbales dans les foyers est une responsabilité collective. Chacun de nous peut contribuer à créer un environnement plus sûr en éduquant, en soutenant les victimes, et en remettant en question les normes préjudiciables. Ensemble, nous pouvons faire la différence.

















