« La violence politique, dans mon cas, était une agression subtile, un rejet constant basé sur mon genre » dixit Dame Mirabelle

« Je m’appelle Mirabelle et je viens d’un petit village du plateau. J’aurais aimé vous relater une histoire de bonheur et de succès, mais la triste réalité de ma vie m’oblige à partager un récit sombre, empreint de violence politique et d’injustice. Attendez-vous à des pleurs, car chaque mot que je partage avec vous ressemble à une larme que j’ai retenue trop longtemps.Tout a commencé il y a quelques années lorsque j’ai décidé de m’engager dans la politique au niveau de ma localité. Je voulais être la voix de celles qui, comme moi, vivaient dans l’ombre des grandes décisions politiques. Ma candidature a été accueillie avec enthousiasme par ma communauté, qui voyait en moi l’espoir d’un changement positif. Cependant, en politique, surtout au Bénin et précisément dans ma commune, être une femme est souvent synonyme de lutte constante pour être entendue. J’ai courageusement affronté les défis, organisé des réunions, parcouru des kilomètres pour rencontrer les membres de ma communauté et comprendre leurs préoccupations. Mon engagement était sincère, mais la politique locale, c’était comme entrer dans un monde où les femmes étaient systématiquement écartées. On me souriait en face, mais dans les coulisses, des manœuvres se tramaient pour me faire taire.

Le jour des élections, l’excitation mêlée d’anxiété emplissait l’air. J’avais foi en ma communauté, en son désir de changement. Mais, le résultat a été un choc brutal. Des actes de fraude électorale flagrante ont émaillé le processus, et malheureusement, ma défaite a été inscrite dans les pages de l’injustice politique. En tant que femme, je n’étais pas seulement en compétition contre des adversaires politiques, mais aussi contre un système profondément ancré dans le sexisme. Mes revendications étaient ignorées, mes compétences minimisées, et ma détermination ridiculisée. La violence politique, dans mon cas, était une agression subtile, un rejet constant basé sur mon genre. Les jours qui ont suivi l’élection ont été les plus sombres de ma vie. J’avais mis toute mon énergie, tout mon amour pour ma communauté dans cette bataille politique, et ma défaite n’était pas seulement personnelle, mais une défaite pour toutes les femmes qui osent rêver de changer le cours des choses.

Cependant, mon histoire ne s’arrête pas là. Bien que politiquement vaincue, j’ai refusé de me soumettre au silence. J’ai décidé de lutter contre l’injustice politique et le sexisme systémique qui perdurent au Bénin. Mon engagement m’a valu des regards hostiles, des menaces voilées, mais chaque pas que je faisais résonnait comme une protestation contre un système qui cherchait à me faire disparaître. J’ai formé un groupe de femmes courageuses, des sœurs de lutte, déterminées à briser les chaînes de l’injustice. Nous avons organisé des manifestations pacifiques, avons parlé haut et fort de nos droits bafoués, et avons exigé que notre voix soit entendue. Malheureusement, chaque tentative de faire bouger les choses était accueillie par la répression brutale des autorités. Les cicatrices physiques et émotionnelles de ces affrontements sont profondes. Mais dans chaque larme versée, dans chaque douleur endurée, une flamme de résilience s’est allumée en moi. J’ai appris que l’injustice ne peut être vaincue que par la persévérance, que le changement ne vient que par la résistance acharnée. Mon histoire n’est pas seulement la mienne. Elle appartient à toutes les femmes qui luttent contre la violence politique au Bénin, à toutes celles qui ont été reléguées dans l’ombre, à toutes celles qui continuent à se battre pour un avenir où le genre ne dicte pas les limites de l’aspiration. Alors, même si aujourd’hui mes yeux pleurent des larmes de douleur et de frustration, je continue à regarder vers l’horizon, vers un Bénin où les femmes ne sont pas seulement des victimes, mais des actrices puissantes dans la construction de notre nation. Mon combat continue, car je crois en un avenir où la violence politique n’aura pas de place dans le cœur de ma patrie bien-aimée » Mirabelle, c’était mon histoire !

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