Natif de Pobè, Manzidath partage son récit

Commune de Pobè, paisible ville du Sud du Bénin, avec ses ruelles ombragées et ses communautés tissées serré, semble être une oasis de sérénité. Cependant, au sein de ces rues tranquilles, la violence verbale peut se faufiler comme un serpent venimeux, laissant des morsures invisibles mais profondes. Manzidath, étouffée sous le poids des mots qui blessent, décide de se confier à l’équipe d’enquête du Réseau des Femmes Leaders pour le Développement.

« Je suis Manzidath, une jeune femme de la trentaine dont la vie a été sculptée par les contours d’une violence insidieuse, celle des mots qui meurtrissent. Permettez-moi de partager avec vous cette expérience, un voyage à travers les rues tranquilles de Pobè, où les cicatrices invisibles de la violence verbale laissent des empreintes durables. Mon histoire commence dans le doux murmure des rues de Pobè, un lieu où la communauté devrait être un refuge, pas un terrain de bataille verbal. Les mots qui m’ont été infligés, comme des flèches empoisonnées, ont laissé des plaies que le temps ne semble pas vouloir guérir. Tout a commencé dans le cercle étroit de la famille élargie. Les critiques acerbes, les commentaires désobligeants, ont été les premières fissures dans l’armure de ma confiance. “Tu n’es pas assez”, “tu ne seras jamais assez” – ces mots résonnaient comme un mantra insidieux, transformant ma perception de moi-même. Les rues de Pobè étaient comme le prolongement de ma vie quotidienne, mais elles résonnaient souvent de murmures toxiques. Les voisins, parfois bien intentionnés mais souvent mal informés, semblaient être les gardiens auto-proclamés de la moralité. Les ragots et les jugements, comme des rafales de vent, ont balayé ma réputation, laissant derrière eux des débris de dignité éparpillés.

La violence verbale a trouvé un terrain fertile dans ma relation de couple c’est-à-dire avec mon conjoint. Les disputes domestiques étaient comme des feux de forêt, dévorant l’harmonie du foyer. Les mots, tranchants comme des couteaux proférés souvent par mon conjoint pour exercer sa domination sur moi, ont laissé des cicatrices invisibles sur mon âme. Ses accusations injustes ont transformé mon refuge en un champ de bataille émotionnel. A la maison, la violence verbale a pris une autre forme. Les critiques constantes, les commentaires dégradants, ont créé un climat toxique qui a étouffé tout mon épanouissement. Mon conjoint, qui aurait dû être le théâtre de mes réussites, est devenue le décor de mes luttes silencieuses. Pour lui, pas question que je travaille ou que je sois loin du cercle familial. Pour lui, les femmes sont faites pour rester à la maison ce qui permet de les protéger et de les surveiller. Mes tentatives pour le raisonner ont toujours été infructueuses. Même ses amis, au lieu d’être de bons conseillers, sont des complices dans ce duel de mots parce que faisant la promotion du système patriarcat. La compétition malsaine et les moqueries déguisées ont fait de chacune de mes journées une épreuve d’endurance émotionnelle. Les mots qui coulaient comme un torrent de mépris ont atteint dans mon cœur un point de rupture. Les cris et les insultes ont laissé des échos persistants dans l’espace de ma vie, me forçant à repenser ma tolérance à l’égard de cette violence invisible.

Jusqu’au point où la dépression a commencé à s’installer dans ma vie, laissant des ténèbres dans les ruelles que même la lumière du jour semblait incapable de chasser. Le silence que je portais était lourd de toutes les paroles non dites, toutes les blessures verbales que j’avais englouties pour maintenir une apparence de normalité » a laissé choir Manzidath. Au Réseau des Femmes Leaders pour le Développement, nous croyons par contre que chaque aube porte en elle la promesse d’un nouveau départ. Avec des actions de certaines organisations, Manzidath a pu rompre avec le silence. « Le soutien et l’accompagnement des organisations ont été pour moi les premiers pas vers ma guérison. Les mots qui meurtrissent ont commencé à perdre de leur pouvoir lorsque j’ai choisi de les confronter, de les dénoncer. Aujourd’hui, je suis, une femme en voie de guérison, une survivante des mots qui meurtrissent. Mon récit n’est pas simplement un appel à la pitié, mais un appel à l’action. Au-delà, la violence verbale doit être démasquée, dénoncée, et remplacée par des mots qui guérissent et qui construisent. Ma prière est que grâce à la rupture du silence, ma commune, devienne le témoin d’un changement, où les mots ne sont plus des armes, mais des outils pour tisser des liens et élever l’âme humaine. Mon histoire, bien que douloureuse, est une ode à la résilience et à la possibilité de transformer la douleur en un récit de renaissance ».

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