Skip to main content
NGOsource 501(c)(3) Equivalent ACHPR Observer · N°553 Co-Chair · GIZ/BMZ SEA-T Council Transparency Candid Seal 2025

Nairobi : Mme Maroufatou Falola représente la Directrice Afrique du RFLD Mme Dossi Agueh à la formation continentale sur la mise en œuvre des décisions en matière de SDSR

Africa 7 min read
A10_5855

Actualité RFLD | Nairobi, Kenya | 28 au 30 septembre 2026

Nairobi : Mme Maroufatou Falola représente la Directrice Afrique du RFLD à la formation continentale sur la mise en œuvre des décisions en matière de SDSR

Invitée par Equality Now et la Coalition Solidarité pour les Droits des Femmes Africaines (SOAWR), la Coordonnatrice de la Plateforme des Membres du RFLD porte la voix du réseau auprès des organisations de la société civile réunies à Nairobi pour trois jours de travail sur le suivi des jugements relatifs à la santé et aux droits sexuels et reproductifs.

Le Réseau des Femmes Leaders pour le Développement (RFLD) prend part, du 28 au 30 septembre 2026, à la formation destinée aux organisations de la société civile sur le suivi et les mécanismes de mise en œuvre des jugements et décisions relatifs à la santé et aux droits sexuels et reproductifs (SDSR), à travers l'application d'une Approche Multisectorielle (AMS) en Afrique. La rencontre se tient à l'Hôtel Novotel de Westlands, à Nairobi, à l'initiative d'Equality Now et de la Coalition SOAWR.

Mme Maroufatou Falola, Coordonnatrice de la Plateforme des Membres du RFLD, y représente Mme Dossi Sêkonnou Gloria Agueh, Directrice Afrique et fondatrice du réseau. Arrivée à Nairobi ce 27 septembre, elle participera à l'ensemble des sessions et rendra compte des travaux aux organisations membres du RFLD à son retour.

Une jurisprudence qui avance, une mise en œuvre qui tarde

En quarante ans, l'Afrique s'est dotée d'un cadre de protection des droits humains de plus en plus solide en matière de SDSR. La Charte africaine des droits de l'homme et des peuples a institué la Commission africaine. Le Protocole de Maputo, adopté en 2003, affirme dans son article 14 le droit des femmes à contrôler leur fécondité et à accéder aux services de santé reproductive. La Cour africaine et les juridictions sous-régionales, dont la Cour de justice de la CEDEAO, complètent ce dispositif.

Ce système produit désormais des décisions marquantes. En 2025, la Cour de justice de la CEDEAO a jugé, dans l'affaire Dorothy Bebe c. République fédérale du Nigeria, que le refus de garantir un avortement sécurisé aux victimes de viol constituait un manquement de l'État à son obligation de protéger les femmes. La même année, une Haute Cour fédérale nigériane a confirmé ce droit pour les survivantes de violences sexuelles, et la Haute Cour du Malawi a reconnu aux enfants victimes un droit automatique à l'avortement. Au Kenya comme en Ouganda, les juges ont eux aussi rappelé aux États leurs obligations en matière de santé maternelle et reproductive.

Ces avancées restent fragiles. La note conceptuelle de la formation rappelle qu'en août 2026, seuls 46 des 55 États membres de l'Union africaine avaient ratifié le Protocole de Maputo, et que beaucoup de pays signataires n'en ont pas encore transposé les dispositions dans leur droit interne. Faiblesse du suivi, intégration limitée des décisions dans les législations nationales, faible engagement des parties prenantes : les obstacles sont connus. Entre une décision favorable rendue par une cour et un changement réel dans la vie d'une femme ou d'une fille, la distance demeure grande.

Ce que la formation propose aux organisations de la société civile

La rencontre de Nairobi part d'un constat simple. Une décision en matière de SDSR produit rarement des effets quand le secteur de la santé ou celui de la justice agit seul. Le mariage précoce, les lois restrictives, la disponibilité des services et les normes sociales relèvent de plusieurs ministères à la fois. L'Approche Multisectorielle cherche justement à aligner l'action des différents secteurs publics et à y associer les acteurs non étatiques autour d'une même stratégie.

Au fil des trois journées, les participantes et participants vont :

  • approfondir leur connaissance de la jurisprudence africaine et onusienne en matière de SDSR, ainsi que des mécanismes formels de suivi, y compris auprès du Comité CEDEF et du Conseil des droits de l'homme ;
  • s'exercer à la cartographie des parties prenantes et à la construction de coalitions avec les magistrats, les ministères de la Santé et du Genre, les parlementaires, les médias et les autorités religieuses et coutumières ;
  • recevoir des outils pratiques pour suivre la conformité des États et préparer des soumissions de suivi et des rapports alternatifs fondés sur des données ;
  • échanger entre pairs sur les expériences de plaidoyer menées dans les différentes sous-régions du continent ;
  • élaborer des projets de plans d'action nationaux ou sous-régionaux autour de décisions prioritaires, présentés et discutés en fin de formation.

La méthode se veut participative. Des exposés d'experts alternent avec l'analyse de cas réels et des travaux de groupe, et chaque journée se clôt par un temps de réflexion en plénière. Les échanges se déroulent en anglais avec une interprétation simultanée en français, ce qui garantit la pleine participation des délégations d'Afrique francophone.

Pourquoi cette participation compte pour le RFLD

Réseau panafricain afroféministe basé à Porto-Novo, au Bénin, le RFLD fédère 670 organisations membres dans plus de 35 pays africains. La Plateforme des Membres, que coordonne Mme Falola, est le lieu où ces organisations partagent leurs besoins, leurs expériences et leurs priorités. Confier cette représentation à sa coordonnatrice répond donc à une logique claire : les connaissances et les outils acquis à Nairobi ont vocation à circuler rapidement vers les organisations de base qui suivent, au quotidien, l'application des droits dans leurs pays.

Cette formation rejoint aussi des chantiers déjà engagés par le réseau. Le RFLD mène au Bénin un travail de plaidoyer sur l'avortement sécurisé et suit de près l'application du Protocole de Maputo, notamment à travers le Baromètre Maputo. Maîtriser les procédures de suivi des décisions régionales et savoir mobiliser plusieurs secteurs autour d'un même jugement renforcera directement ces actions.

Enfin, la présence du RFLD à Nairobi consolide un partenariat de longue date avec Equality Now et la Coalition SOAWR, qui regroupe plus de 70 organisations de la société civile dans 33 pays africains et œuvre depuis 2004 pour que les droits consacrés par le Protocole de Maputo deviennent une priorité politique sur le continent.

Et après Nairobi ?

À l'issue de la formation, Mme Maroufatou Falola partagera un compte rendu des travaux avec la Direction Afrique et avec les organisations membres du réseau. Le RFLD entend s'appuyer sur les plans d'action élaborés à Nairobi pour accompagner ses membres dans le suivi des décisions rendues en faveur des femmes et des filles, dans leurs pays comme devant les instances africaines.

Le RFLD remercie Equality Now et la Coalition SOAWR pour leur invitation et pour la prise en charge de la participation de sa représentante. Le réseau reste mobilisé pour que chaque décision favorable en matière de santé et de droits sexuels et reproductifs se traduise par des changements réels dans la vie des femmes et des filles africaines.

En bref

Événement : Formation des OSC sur le suivi et la mise en œuvre des jugements et décisions en matière de SDSR (Approche Multisectorielle)
Dates : du 28 au 30 septembre 2026
Lieu : Hôtel Novotel, Westlands, Nairobi, Kenya
Organisateurs : Equality Now et la Coalition SOAWR
Représentante du RFLD : Mme Maroufatou Falola, Coordonnatrice de la Plateforme des Membres, au nom de Mme Dossi Sêkonnou Gloria Agueh, Directrice Afrique

SharefXinWA
A
Published by
Africa · RFLD

Réseau des Femmes Leaders pour le Développement — a pan-African feminist network advancing women's rights, SRHR, civic space and climate justice across 35+ African countries since 2013.

Stay close to the movement.
Field notes, data releases and calls for proposals — monthly, EN/FR.
Subscribe by email
Stand with African women. Your support moves resources to the frontline.Partner with usDonate