Skip to main content
NGOsource 501(c)(3) Equivalent ACHPR Observer · N°553Observateur CADHP · n° 553 Co-Chair · GIZ/BMZ SEA-T CouncilCoprésidence · Conseil SEA-T GIZ/BMZ TransparencyTransparence Candid Seal 2025Sceau Candid 2025

Nadège relate l’étreinte invisible de la violence psychologique dont elle a été victime

Nadège, originaire d'un quartier de Bonou, partage son expérience de violence psychologique vécue dans une relation avec Bernard, un homme au charme illusoire. Au début, leur relation semblait parfaite, mais les commentaires subtils et critiques déguisées en conseils ont rapidement miné sa…

Africa 4 min read
4c80cbd2-918d-4a28-90c8-928f878b6032

« Mon nom est Nadège et je viens d’un petit quartier de la commune de Bonou. Je suis ici pour partager avec l’équipe d’enquête du Réseau des Femmes Leaders pour le Développement une histoire qui a laissé des cicatrices invisibles, mais profondes, dans les recoins de mon être. Une histoire de violence psychologique qui, malheureusement, est trop souvent négligée et minimisée. C’était un jour comme les autres lorsque j’ai rencontré Bernard, un homme charismatique qui a réussi à gagner mon cœur avec des promesses de bonheur éternel. Au début, tout semblait idyllique. Les rires, les gestes tendres, les mots doux, tout ce que l’on associe généralement à une relation naissante. Cependant, le piège de la violence psychologique s’est tissé lentement autour de moi, comme une toile d’araignée invisible et insidieuse.

Les premiers signes étaient subtils, des commentaires déguisés en blagues, des critiques déguisées en conseils. Bernard avait un talent particulier pour manipuler les mots, pour transformer quelque chose d’anodin en une flèche venimeuse qui s’infiltrait dans ma confiance en moi. “Tu serais tellement belle si…”, “Tu devrais vraiment penser à changer ça…”, ces remarques insidieuses étaient les prémices d’une spirale de destruction psychologique. Au début, j’ai attribué ces remarques à des soucis mineurs, pensant qu’il était simplement préoccupé par mon bien-être. Mais avec le temps, les critiques sont devenues plus fréquentes, plus cinglantes. Chaque jour, je me levais en me demandant quelle partie de moi serait la cible de ses mots toxiques. Mes vêtements, ma coiffure, mes amis, rien n’échappait à son jugement implacable.

La violence psychologique s’est ensuite manifestée à travers des tactiques plus subtiles. L’isolement progressif de mes proches, les restrictions déguisées en “inquiétudes”, les rappels constants de ma prétendue inutilité sans lui. Je me suis retrouvée piégée dans une réalité déformée où ma valeur personnelle était définie par ses opinions, où ma liberté était conditionnelle à sa volonté. Les pleurs devenaient mon refuge, mais aussi ma prison. Chaque nuit, je me demandais comment j’en étais arrivée là, comment un amour prometteur s’était transformé en un cauchemar quotidien. Les mots, bien qu’invisibles, résonnaient dans ma tête, une symphonie discordante qui étouffait tout espoir de paix intérieure.

La violence psychologique chez moi, comme ailleurs, revêt différents masques. Elle peut être sournoise, se cachant derrière des façades charmantes et des gestes d’affection. Les victimes, souvent, ne réalisent pas immédiatement la nature destructrice de la relation, car la blessure est infligée dans les plis invisibles de l’âme. Pour moi, la libération est venue de la reconnaissance. J’ai dû apprendre à nommer la douleur, à reconnaître que l’amour ne devrait jamais être synonyme de souffrance. Cela n’a pas été facile. Bernard a continué à jouer avec mon esprit, à semer le doute dans mes pensées. Mais un jour, j’ai trouvé la force de partir, de rompre les chaînes invisibles de la violence psychologique. Cela ne s’est pas fait sans heurt. Les pleurs de libération ont coulé, mais c’étaient des pleurs de renaissance. J’ai retrouvé le chemin de ma propre identité, retrouvé le pouvoir de choisir ma propre réalité. La cicatrice reste, mais elle est devenue une marque de ma résilience, une preuve que l’esprit peut guérir même des blessures invisibles. Si je pouvais partager un message avec toutes les femmes du Bénin, du monde entier, ce serait celui-ci : la violence psychologique peut être insidieuse, mais votre force intérieure est incommensurable. Ne laissez jamais personne vous voler votre lumière, ne laissez jamais les mots toxiques éteindre votre essence. Vous méritez l’amour, le respect et la paix. Ne laissez jamais personne vous convaincre du contraire » : C’était Nadège et c’était mon histoire avec Bernard !

SharefXinWA
A
Published by
Africa · RFLD

Réseau des Femmes Leaders pour le Développement, a pan-African network for gender equality and development advancing women's rights, SRHR, civic space and climate justice across 35+ African countries since 2013.

Laisser un commentaire

For funders and partnersPour les bailleurs et les partenaires

Fund the women who defend rights in Africa, nowFinancez maintenant les femmes qui défendent les droits en Afrique

Aid to women’s organisations is falling. RFLD moves funding fast to women-led organisations and defenders, in French and English, through a network of 1,143 member organisations in more than 35 African countries.L’aide aux organisations de femmes recule. Le RFLD achemine vite les financements vers les organisations de femmes et les défenseures, en français et en anglais, grâce à un réseau de 1 143 organisations membres dans plus de 35 pays africains.

RFLD currently serves as Co-Chair of the SEA-T Programme Advisory Council, mandated to ensure the programme’s direction, priorities, and resources are meaningfully aligned with the visions of African women-led civil society. The SEA-T Programme is funded by the German Federal Ministry for Economic Cooperation and Development (BMZ) and implemented by the Deutsche Gesellschaft für Internationale Zusammenarbeit (GIZ) GmbH.Le RFLD assure actuellement la coprésidence du Conseil consultatif du programme SEA-T, chargé de veiller à ce que l’orientation, les priorités et les ressources du programme soient réellement alignées sur les visions de la société civile africaine portée par les femmes. Le programme SEA-T est financé par le ministère fédéral allemand de la Coopération économique et du Développement (BMZ) et mis en œuvre par la Deutsche Gesellschaft für Internationale Zusammenarbeit (GIZ) GmbH. See the partnershipVoir le partenariat

  • 1,143member organisationsorganisations membres
  • 35+African countriespays africains
  • N°553ACHPR observer statusstatut d’observateur CADHP
  • CandidSeal of Transparency 2025Sceau de transparence 2025

DonateFaire un don Partner with RFLDDevenir partenaire See our financialsVoir nos états financiers

Stay close to the movement.
Field notes, data releases and calls for proposals, in English or French. No more than one email a month.

Stand with African women. Your support moves resources to the frontline.Partner with usDonate