La violence constitue un fléau universel qui détruit le tissu social et menace la vie, la santé et la prospérité de tous. Elle concerne autant les pays pauvres que les pays riches et intervient particulièrement lors de périodes de crises économiques. Les images et les récits de violences sont omniprésents dans les médias ; la violence est dans la rue, chez nous, à l’école, au travail et ailleurs encore.
Entretien avec le Dr. Aya F., Psychiatre au Sénégal
JOURNALISTE RFLD :
Bonjour, Dr. Aya F. Merci de prendre le temps de discuter avec nous aujourd’hui. Commençons par une question générale : dans quelle mesure les violences psychologiques sont-elles préoccupantes au Sénégal ?
Dr. Aya F :
Bonjour. Les violences psychologiques sont une préoccupation croissante au Sénégal. Elles prennent différentes formes, allant du harcèlement moral au sein des familles et du travail au stress lié aux attentes sociales rigides. Les conséquences sur la santé mentale des individus sont de plus en plus évidentes.
JOURNALISTE RFLD : Quels sont, selon vous, les principaux facteurs qui contribuent aux violences psychologiques dans la société sénégalaise ?
Dr. Aya F :
Plusieurs facteurs entrent en jeu. Les normes sociales strictes, les pressions économiques, et parfois le manque d’éducation sur la santé mentale sont des éléments majeurs. Les transformations rapides de la société peuvent aussi créer des tensions, et les nouvelles formes de communication, comme les réseaux sociaux, peuvent amplifier le cyber harcèlement.
JOURNALISTE RFLD : Comment les violences psychologiques se manifestent-elles le plus fréquemment dans votre pratique clinique ?
Dr. Aya F :
Je vois souvent des patients qui souffrent de dépression, d’anxiété et de stress liés à des situations de harcèlement moral au travail ou au sein de leur famille. Les relations intimes empoisonnées par la manipulation émotionnelle et le contrôle coercitif sont également des motifs fréquents de consultation.
JOURNALISTES RFLD : Quelles sont les conséquences les plus courantes sur la santé mentale des victimes de violences psychologiques ?
Dr. Aya F :
Les conséquences sont variées, allant de troubles de l’humeur à des problèmes relationnels profonds. Les pensées suicidaires ne sont malheureusement pas rares. La stigmatisation associée à la santé mentale aggrave souvent la situation, décourageant certaines personnes de chercher de l’aide.
JOURNALISTE RFLD : Comment pouvons-nous sensibiliser davantage sur cette question au Sénégal et encourager les victimes à chercher de l’aide ?
Dr. Aya F :
La sensibilisation est la clé. Les campagnes éducatives à l’échelle nationale, dans les écoles, les lieux de travail et les communautés, peuvent jouer un rôle crucial. Il est également essentiel de renforcer les services de santé mentale, de déconstruire la stigmatisation, et de garantir que les professionnels de la santé soient formés pour traiter ces questions de manière sensible.
JOURNALISTE RFLD : Quels conseils donneriez-vous aux personnes confrontées à des violences psychologiques ?
Dr. Aya F :
Tout d’abord, il est important de reconnaître qu’il n’est pas honteux de demander de l’aide. Parler à des amis, à la famille, ou consulter un professionnel de la santé mentale peut être le premier pas vers la guérison. La sensibilisation à ces problèmes doit également être intégrée dans les programmes éducatifs pour que chacun comprenne l’importance de la santé mentale.
JOURNALISTE RFLD : Merci beaucoup, Dr. Diop, pour vos insights précieux sur cette question cruciale.
Dr. Aya F :
Merci à vous. Il est temps que la société sénégalaise prenne pleinement conscience des défis liés aux violences psychologiques et travaille ensemble pour les combattre
